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Espagne : 170 experts appellent le gouvernement à revoir sa politique antitabac

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En 15 ans, le pays n’aurait perdu que 0,5 % de fumeurs, soit beaucoup moins que tous ses voisins.

Un pays trop accroc aux ventes de cigarettes ?

Alors que dans de nombreux pays du monde, le taux de prévalence tabagique diminue, il semblerait que ça ne soit pas le cas en Espagne. Dans une lettre (format PDF) baptisée “Less harm : international declaration for a smoke-free Spain”, signée par 170 experts de la lutte contre le tabagisme provenant du monde entier, ils soulignent que le nombre de fumeurs dans le pays n’aurait que très peu évolué depuis 2005. A l’époque, alors que 32,8 % de la population fumait, les dernières données officielles datant de 2019/2020 mettent en lumière un nombre de fumeurs de 32,3 %, soit à peine 0,5 % de moins que 15 ans auparavant

Les signataires, mettant en avant la réduction du taux de prévalence tabagique enregistrée au Royaume-Uni, en France, en Nouvelle-Zélande, aux USA ou encore au Canada, appellent le gouvernement espagnol à saisir cette « opportunité en or » d’appliquer de nouvelles mesures antitabac, novatrices, comme ont pu le faire les pays cités précemment. 

Afin d’accompagner les pouvoirs publics, les experts présentent 8 propositions prenant en compte « la société et la réalité du 21e siècle », que nous reproduisons ci-dessous.

1 – Les politiques antitabac doivent offrir des solutions réalistes aux fumeurs

La prévention et le sevrage ont été et sont encore des piliers essentiels de la lutte contre le tabagisme. Nous sommes d’accord sur le fait que ce type d’actions est fondamental et devrait continuer à être un soutien central pour éviter l’initiation au tabac et parvenir à l’arrêt du tabac. Cependant, le sevrage et la prévention seuls ne sont pas efficaces pour réduire le plus efficacement possible les taux élevés de tabagisme, car ils n’offrent pas de solution suffisante pour les personnes qui ne parviennent pas à arrêter de fumer grâce aux outils habituels. Dans ce sens, il est nécessaire d’incorporer de nouveaux outils qui aident à moderniser les politiques et à minimiser les dommages que le tabagisme cause aux personnes qui fument.

2 – La réduction des risques comme outil complémentaire pour faire avancer la lutte contre le tabagisme

Il y a beaucoup de fumeurs en Espagne. Au moins 4,5 millions de personnes ne parviennent pas à arrêter de fumer malgré leurs tentatives et, selon différentes études, seuls 35 % des fumeurs parviennent à arrêter avec les outils habituels d’aide à l’arrêt du tabac ; en outre, les taux de rechute sont très élevés. De plus, de nombreuses personnes qui fument n’ont tout simplement pas l’intention d’arrêter de fumer. C’est pourquoi il est essentiel de soutenir les outils qui apportent une solution à ce problème. En ce sens, les politiques visant à réduire les dommages causés par le tabagisme constituent une voie supplémentaire pour l’arrêt et la prévention afin d’y parvenir. Il existe des preuves scientifiques solides et une expérience internationale montrant que les produits alternatifs tels que les cigarettes électroniques ou le tabac sans fumée peuvent faire partie de la solution et non du problème dans la lutte contre le tabagisme.

3 – Les avancées scientifiques, et non les opinions, doivent être la pierre angulaire de la lutte contre le tabagisme

Comme pour toute question touchant à la santé publique, la science doit être au cœur de tout plan de santé, et non des idées préconçues, du sensationnalisme ou des opinions. Dans le cas des e-cigarettes, du tabac chauffé, du snus et d’autres produits à base de nicotine ayant un potentiel de réduction des risques, la science a déjà prouvé dans de nombreux cas qu’ils sont beaucoup moins toxiques que les cigarettes combustibles et qu’ils peuvent également aider les gens à arrêter de fumer et à réduire les taux de maladies dans la population, ce qui fait de ces dispositifs d’excellents outils pour aider ceux qui ne parviennent pas à arrêter de fumer, à condition qu’ils soient réglementés de manière appropriée et spécifique pour éviter qu’ils ne soient utilisés par des personnes qui n’ont jamais fumé.

Par exemple, à la suite de ces preuves scientifiques, l’agence de santé publique britannique a récemment annoncé que le Royaume-Uni serait le premier pays à prescrire des e-cigarettes médicalement autorisées pour le sevrage tabagique dans le cadre du National Health Service. D’autre part, il est essentiel d’écouter toutes les perspectives scientifiques sans exclusion ni censure d’aucune sorte afin d’optimiser l’efficacité des politiques antitabac. Par conséquent, le plan global de lutte antitabac proposé doit tenir compte de toutes les preuves scientifiques disponibles et pas seulement d’une partie d’entre elles. Le débat scientifique, le dialogue et non un monologue excluant, est la clé pour que la science fasse avancer les politiques publiques. Les autorités doivent écouter l’opinion de tous les professionnels et experts qui font face aux dommages quotidiens causés par le tabagisme, sans persécution ni fausses accusations.

4 – Plus de formation pour les professionnels de la santé et plus d’information pour les fumeurs

Il existe un manque considérable de connaissances au sein de la communauté médicale sur le potentiel des produits de réduction des risques dans la lutte contre le tabagisme.
C’est pourquoi, en prenant la science comme colonne vertébrale de notre proposition, des programmes de formation devraient être mis en œuvre pour les professionnels de la santé (tant dans le secteur public que privé) sur les caractéristiques de ces outils et les cas dans lesquels ils peuvent jouer un rôle bénéfique. Simultanément, les fumeurs devraient disposer d’un maximum d’informations sur ces outils.

À cette fin, il convient de fournir des informations publiques objectives et scientifiquement validées, en mettant toujours en contexte le fait que ces produits ne sont pas inoffensifs et ne devraient être envisagés que par les fumeurs adultes qui ont essayé d’arrêter de fumer sans y parvenir. De même, il faut redoubler d’efforts pour s’assurer que les mineurs et les non-fumeurs ne commencent à utiliser ni le tabac traditionnel ni ces nouveaux produits, sans nuire aux adultes qui ont besoin d’arrêter de fumer.

5 – Les produits de réduction des risques doivent être traités et réglementés de manière différenciée

Les produits de réduction des risques tels que les e-cigarettes et le tabac chauffé doivent être réglementés car ils ne sont pas sans risque. Cependant, comme ils présentent des avantages scientifiquement prouvés qui peuvent être d’une grande aide pour de nombreux fumeurs, ils devraient être clairement réglementés différemment des cigarettes combustibles traditionnelles et devraient tenir compte du risque sanitaire plus faible par rapport aux produits du tabac combustibles.

Les traiter de la même manière en termes de santé publique est une grave erreur, car le message envoyé aux fumeurs est que les deux produits ont le même impact sur leur santé, ce qui supprime toute incitation à envisager de passer à des alternatives moins nocives lorsque les autres tentatives d’arrêt ont échoué. Rendre ces produits égaux en termes de restrictions d’accès de toute sorte pour les adultes, de taxation, de propriétés et d’image au tabac conventionnel n’aura pour conséquence que des milliers de personnes continueront à fumer et, malheureusement, à tomber malade et à mourir.

6 – Plus de restrictions sur les produits du tabac combustibles

Le tabagisme, qui consiste à inhaler la fumée produite par la combustion, est la forme de consommation de nicotine la plus nocive et la plus répandue dans la population. Il est donc nécessaire de renforcer les mesures contre ces produits, en particulier ceux qui sont les plus consommés par les jeunes, comme le tabac à rouler et les cigarettes manufacturées. La consommation de ces produits provoque la mort de 60 000 personnes par an en Espagne. Par conséquent, nous soutiendrons toute mesure incluse dans le plan qui vise à augmenter les taxes et l’application d’emballages génériques pour les cigarettes à combustion, ainsi que les campagnes de sensibilisation.

7 – Apprendre de l’expérience d’autres pays dans la lutte contre le tabagisme

Des pays comme le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, entre autres, mettent déjà en œuvre avec succès des politiques qui combinent un traitement particulièrement restrictifs du tabagisme combustible avec des stratégies qui encouragent l’utilisation d’outils de réduction des risques pour les fumeurs adultes. Selon le dernier Eurobaromètre
qui inclut également le Royaume-Uni, le taux de tabagisme dans ce pays s’élève à 12 %, soit cinq points de moins qu’en 2017.

De même, en Nouvelle-Zélande, depuis que son ministère de la Santé a lancé sa campagne de soutien à l’e-cigarette comme outil d’arrêt du tabac, la réduction du taux de tabagisme a connu une accélération significative, atteignant une baisse historique de près de 3 points en une seule année.

8 – Promouvoir la recherche sur ces produits par une collaboration entre les secteurs public et privé

Les avancées scientifiques et les développements technologiques nous incitent à penser que l’objectif de rendre progressivement les produits de réduction des risques pratiquement sûrs pour le consommateur est réalisable. Suivant l’exemple d’autres pays, nous proposons de promouvoir un programme de communication continue de la part des autorités publiques pour encourager le secteur privé à consacrer toutes les ressources possibles à la recherche sur les produits de réduction des risques, dans le but ultime de mettre fin le plus rapidement possible à la consommation mortelle de tabac combustible.

Chaque année, la vente de produits du tabac rapporterait à l’Espagne environ 12 milliards d’euros. Le graphique ci-dessous montre qu’en 2019, le pays a gagné 11,865 milliards d’euros grâce à ces ventes. Cette année-là, le PIB total du pays s’élevait à 1 393 milliards d’euros. Les produits du tabac représentaient donc près de 1 % de ses revenus totaux (0,85 %). 

Revenus générés par l’Espagne grâce à la vente des différents produits du tabac (cigarettes, cigares, tabac à rouler, etc). © Statista 2022

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