Pionnier du contrôle de température et référence des chipsets haut de gamme avec ses DNA, Evolv s’est imposé avec une approche radicalement orientée ingénierie. Dans un marché arrivé à maturité, où les pods dominent et où les grandes ruptures se font rares, la marque américaine recentre sa stratégie : simplifier l’expérience utilisateur, rendre la technologie invisible et préparer, en coulisses, la prochaine évolution majeure du secteur.
Brandon Ward, fondateur d’Evolv
Bonjour Brandon Ward, pouvez-vous revenir sur l’histoire d’Evolv ?
Evolv a été fondée en 2010, même si l’idée remonte à 2009. À l’origine, l’objectif était de vendre des cartes électroniques, mais l’entreprise était totalement inconnue dans un marché encore très restreint. Pour se faire une place, l’équipe a donc lancé son propre dispositif haut de gamme. Seulement 3 000 unités ont été vendues, mais cela a suffi à démontrer la pertinence de leur technologie. À l’époque, l’ensemble du marché fonctionnait en voltage variable. Evolv a été la première à introduire le contrôle de puissance en wattage. En l’espace de deux ans, ce standard s’est imposé à toute l’industrie.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis technologiques ?
Le marché arrive à maturité. Les grandes ruptures technologiques, comme le wattage ou le contrôle de température, sont désormais derrière nous. Aujourd’hui, l’innovation est surtout incrémentale. Sans repenser entièrement le fonctionnement d’une cigarette électronique, il devient difficile de proposer des avancées majeures. Le modèle basé sur une résistance chauffante et du coton semble avoir atteint ses limites.
Le contrôle de température reste-t-il un axe de développement ?
Oui, mais avec une approche différente. Historiquement, cette technologie était jugée trop complexe, trop “technique” pour l’utilisateur moyen. L’objectif aujourd’hui est de la rendre totalement transparente. Elle doit fonctionner en arrière-plan, sans réglages, sans intervention. L’utilisateur n’a pas à y penser. Cette évolution reflète un changement profond du marché, passé d’un public d’enthousiastes à une audience beaucoup plus large.
Les technologies émergentes, comme l’IA ou le Bluetooth ont-elles un rôle à jouer ?
Elles sont étudiées, mais leur intérêt reste limité pour le moment. Dans un environnement aussi maîtrisé que celui de la vape, l’intelligence artificielle n’apporte pas de valeur évidente. Un système bien conçu n’en a pas réellement besoin.
Comment Evolv s’adapte-t-elle à la montée en puissance des pods et des systèmes fermés ?
C’est aujourd’hui le cœur de la stratégie. Le marché des box mods s’est considérablement réduit et ne fait plus l’objet que d’évolutions marginales. À l’inverse, les pods incarnent clairement l’avenir, notamment grâce à leur simplicité d’usage. Evolv reconnaît d’ailleurs avoir longtemps sous-estimé l’importance de cet aspect. Désormais, l’objectif est de proposer des dispositifs compacts, intuitifs, avec une technologie avancée, mais invisible.
Comment vos chipsets intègrent-ils les contraintes réglementaires ?
L’entreprise travaille avec des partenaires locaux pour s’adapter aux exigences propres à chaque pays. La sécurité reste un axe central. Le développement du contrôle de température est d’ailleurs directement lié à la volonté de limiter la formation de composés potentiellement nocifs, comme le formaldéhyde, l’acroléine ou l’acétaldéhyde. En maîtrisant la température, il est possible de réduire significativement ces risques.
Comment voyez-vous l’avenir de la vape à moyen terme ?
Pour évoluer réellement, il faudra probablement repenser complètement le dispositif. Le modèle actuel a atteint un plafond technologique. De nouvelles pistes sont explorées, notamment sur les éléments consommables, comme les résistances ou les réservoirs. Rien n’est encore prêt à être commercialisé, mais la réflexion est bien engagée.
Evolv communique très peu. Est-ce un choix ?
C’est surtout une réalité. En 16 ans d’existence, l’entreprise n’a dépensé que 70 dollars en marketing. Son modèle repose sur la vente aux fabricants, qui assurent ensuite la commercialisation. Evolv reste avant tout une société d’ingénieurs, pas une machine marketing.
Quel rôle joue la communauté dans votre développement ?
Elle a été déterminante. Les passionnés et les moddeurs ont longtemps été des prescripteurs majeurs, influençant l’ensemble du marché. Même si leur poids a diminué avec la démocratisation de la vape, ils restent une source importante de feedback et d’innovation.
Quelles sont les actualités d’Evolv ?
L’entreprise a récemment accéléré sur le segment des pods, avec de nouveaux chipsets développés sur plus d’un an. Par ailleurs, face aux tensions commerciales internationales, Evolv a ouvert une usine en Chine tout en conservant sa production aux États-Unis. L’objectif est de produire au plus près des marchés, dans une logique désormais internationale.
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