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Vapoter au ski (et dans le froid)

  • Par , le 15/01/2018 à 18h07
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C’est l’hiver, le thermomètre a dégringolé comme il a la mauvaise habitude de le faire tous les ans. Le moment est venu de faire le point sur l’incidence du froid sur le matériel et le liquide de nos chers vaporisateurs personnels, et sur les quelques précautions à ne pas négliger si vous les apportez au ski par exemple.

A Retenir 
Le froid rend les liquides plus visqueux, diminue considérablement les performances des batteries et peut provoquer de la condensation dans les box. N’hésitez pas à conserver votre matériel dans une poche intérieure de blouson et à mettre votre matériel dans un sac plastique étanche quand il se réchauffe. Et ne rechargez jamais une batterie froide !

Les box et les atomiseurs

Mécaniquement, le matériel ne craint pas le froid.

Aucun souci n’est à prévoir pour les parties mécaniques des box et des atomiseurs. Les parties en métal, que ce soit de l’inox, de l’aluminium ou autres, peuvent devenir très froides au contact, mais elles ne craignent rien. Il en est de même pour le Pyrex des réservoirs, qui est justement un verre à très haute résistance au froid comme au chaud, ainsi qu’aux rapides écarts de température. Aucune chance de le voir se craqueler ou casser tant qu’il ne subit pas d’impact.

Les parties en plastique résistent très bien également. Théoriquement, certains plastiques ont une meilleure résistance au froid que d’autres, qui peuvent se fendiller ou être plus sensibles aux chocs en conditions extrêmes. Concrètement, et la marge de manœuvre avec l’immense majorité d’entre eux est telle qu’on peut négliger ce paramètre.

Pour ce qui est de l’électronique, la majorité des fabricants n’indiquent pas la plage de température d’utilisation des box, mais les composants standards sont prévus pour fonctionner de 0 à 40°C. Il s’agit toutefois d’une plage d’utilisation optimale, ils ne cessent pas de fonctionner dès les températures négatives atteintes.

L’électronique fonctionne dans le froid, mais il faut se méfier de la condensation.

Sous nos latitudes, le problème se pose peu, même au ski et en altitude. Il convient de prendre en compte la température actuelle de l’éléctronique, pas la température ambiante. Il faut laisser le matériel au froid un bon moment pour qu’il refroidisse jusqu’à une température critique. Alors seulement l’électronique pourra présenter des disfonctionnements qui concrètement ne deviendront perceptibles que bien en dessous de zéro degré. Dans le pire des cas conservez simplement la box dans votre poche de pantalon ou de veste, la température y restera raisonnable avec la seule chaleur corporelle.

Au pire, on peut craindre le givre si vous oubliez votre box à l’extérieur pendant vos vacances à la montagne. L’eau et l’électricité ne font pas bon ménage et là, effectivement, il faudra attendre plusieurs jours que l’électronique dégèle et que toute l’humidité s’évacue de l’intérieur. Après une longue période au froid, il peut également y avoir de la condensation qui se forme à l’intérieur comme à l’extérieur de la box quand vous rentrez au chaud. N’hésitez pas à la mettre dans un sac plastique étanche, comme ceux pour la congélation, pour limiter le phénomène jusqu’à ce que le matériel soit revenu à la température de la pièce. Le conseil vaut d’ailleurs aussi pour les appareils photos, de la buée pouvant se former sur les lentilles en passant du froid au chaud.

Les liquides plus visqueux

Bonne nouvelle, il est impossible de faire geler les liquides de cigarette électronique. La glycérine végétale comme le propylène glycol ne se solidifient qu’à des températures hors de portée de nos hivers les plus rigoureux. Les liquides ne risquent rien tant que vous le voyagez pas des jours dans un wagon à bestiaux sur le transsibérien, ce qui globalement reste assez rare comme destination de vacances.

Le froid ne dégrade pas les liquides, mais les rend plus visqueux.

S’ils ne gèlent pas, les liquides vont par contre devenir plus visqueux avec l’abaissement de la température. Plus la température baisse, plus ils vont perdre leur fluidité pour devenir plus pâteux, dans une mesure variable selon leur composition. Plus votre liquide contient de glycérine végétale et plus l’effet est sensible, la VG étant naturellement peu fluide dès le départ.

La diminution de fluidité du liquide ne le dégrade pas pour autant, il reprend sa consistance habituelle dès que la température remonte, et le seul soucis que cela peut poser est de réduire notablement la capillarité au niveau du coton. Le liquide remonte moins facilement le long de la mèche, et vous risquez le dry hit. Avec les bottom feeders et un liquide à fort taux de VG, le squonk peut également devenir difficile, le liquide devenant trop épais.

Avec par exemple un liquide en 75 % PG / 25 % VG, cela fera peu de différences, le propylène glycol est majoritaire et reste fluide quoi qu’il arrive. Il faudra que la température descende beaucoup pour que du 50 / 50 s’épaississent assez pour risquer de poser un souci de capillarité, mais cela vient par contre assez vite avec les liquides principalement ou exclusivement composés de VG.

La solution la plus simple est ici aussi de conserver votre matériel, et éventuellement votre bouteille, dans une poche de pantalon ou dans une poche intérieure de blouson quand vous ne les utilisez pas, ils resteront au chaud. Sortez les pour vaper, et remettez-les au chaud près de vous ensuite.

Le risque de fuite des atomiseurs

Lors de la montée vers les pistes de ski, il est possible que l’atomiseur ait une fuite de liquide par les arrivées d’air. L’air contenu dans le réservoir est initialement à la pression ambiante de votre point de départ, et lorsque vous montez en altitude, la pression atmosphérique diminue et l’air du réservoir va pousser le liquide vers l’extérieur.

La question ne se pose pas pour le matériel que vous utilisez pendant le voyage : vaper équilibrera la pression de l’air dans le réservoir avec la pression ambiante. Par contre, si vous ne vapez pas ou pour le matériel supplémentaire, pensez à vider les réservoirs avant le trajet, ou à fermer les arrivées de liquide si votre atomiseur en est équipé et qu’elles sont vraiment efficaces, ou encore à transporter vos atomiseurs tête en bas afin que l’air puisse sortir du réservoir dans devoir pousser le liquide. Ces précautions s’appliquent dès que vous montez en altitude.

* Un grand merci à Sylvain Rivier pour son très pertinent commentaire sur ce point que j’avais omis dans l’article initial.

Les batteries n’aiment pas le froid

Soyons clairs, les batteries n’aiment pas le froid. En fait elles n’aiment pas le froid du tout, qu’elles soient intégrées et scellées dans la box ou amovibles comme les 18650. Plus la température descend, et plus elles perdent de leurs performances. C’est vrai pour tous les accus, y compris celui de votre téléphone, mais plus embêtant dans la vape puisqu’on leur demande beaucoup plus que dans la plupart des autres domaines.

Le froid dégrade les performances des batteries.

Les batteries ont un fonctionnement optimal à 20°C. Leurs performances baissent avec la température et sont considérablement diminuées à 0°C. Leur capacité, et donc leur autonomie devient ridicule, et vous ne pourrez plus en sortir grand-chose. Encore une fois, il s’agit de la température de la batterie, pas la température ambiante. Vous ne remarquerez rien juste en sortant de chez vous par -25°C, la batterie étant toujours à 20°C. Gardez donc également les batteries au chaud dans une poche intérieure pour conserver leurs performances.

La bonne nouvelle, c’est que les batteries retrouvent toutes leurs performances une fois à nouveau à la température d’une pièce normale. Elle ne se dégraderont définitivement qu’à partir d’un passage à -20°C, ne vous inquiétez pour elles que si voyez un ours blanc chasser les pingouins, vous êtes alors sur la banquise. Comme pour les box, n’hésitez pas à les mettre dans un sac en plastique étanche pour la phase de réchauffement afin d’éviter la condensation.

Pas de charge à faible température

Ne jamais recharger une batterie trop froide.

Il est par contre indispensable de ne jamais recharger une batterie dont la température est inférieure à 0°C. Cela provoque le dépôt d’un placage de lithium à l’intérieur de l’accu, qui ne s’en remettra pas. Attendez toujours que vos accus soient revenus à une température raisonnable avant de les recharger. Ici la règle est plus stricte que pour le seul fonctionnement de l’accu, il en va de la longévité et de la sécurité de la batterie. La recharge, c’est avec la batterie à température ambiante d’une pièce, pas juste au retour du ski.

En résumé

Le froid a quelques incidences sur le matériel :

  • L’électronique des box peut être sensible au froid, et craint la condensation du retour à température normale.
  • Les liquides deviennent plus visqueux avec le froid, surtout s’ils contiennent beaucoup de VG.
  • Les performances des batteries s’effondrent avec la température, et il ne faut jamais les recharger si elles sont froides.

Pour les éviter, il suffit :

  • De conserver votre matériel dans une poche de pantalon ou une poche intérieure de blouson, elle resteront à une température acceptable par votre seule chaleur corporelle.
  • Préférez les liquides avec plus de PG, ils resteront fluides plus longtemps
  • Au retour du froid, n’hésitez pas à mettre les box et les accus dans une pochette étanche pour éviter la condensation le temps qu’ils se réchauffent.
  • Et toujours attendre que les accus soient revenus à la température ambiante de la pièce pour les recharger.

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10 réponses à Vapoter au ski (et dans le froid)

  1. Sylvain Rivier dit :

    il y a un effet dont vous ne parlez absolument pas : la diminution de pression qui peut provoquer des fuites. La bulle d’air dans le tank va se détendre en montant en altitude et risque de chasser le liquide, d’où la fuite. En montagne, je pars toujours avec mon ato avec un juice flow réglable.
    C’est le même problème qu’en avion.

    • Vap Ed Vap Ed dit :

      Autant c’est sensible en avion ou la pression baisse brutalement, autant je n’ai jamais remarqué de fuites en altitude, probablement à cause du changement progressif de pression?
      Merci de la précision en tout cas, c’est toujours utile de le préciser effectivement.

      • Sylvain Rivier dit :

        Effectivement en avion c’est hyper flagrant, mais pour une autre raison : il est interdit de vapoter dedans ! 🙂
        Dans les avions de ligne, la pression est maintenue à l’équivalent de ce qu’on a entre 1800 et 2100m.
        Si on monte en voiture à la même altitude il se produira la même catastrophe. Sauf que si on vape pendant la montée, on fait diminuer la pression du tank et ça se passe bien.
        J’habite la région de Grenoble, et je sais que des vapoteurs qui font l’aller-retour quotidien du Vercors à Grenoble font attention à remonter sur le plateau avec le clearo tête en bas (autre méthode pour ne pas avoir d’ennui).
        Dernière anecdote : je fais du parapente (et du coup je vole toujours avec le même ato, un pour lequel on peut couper le juice flow), et j’ai vu sur un forum une discussion d’un gars qui avait commencé à faire un malaise en l’air : en montant, l’ato dans sa poche a fuit et il s’est fait un patch géant avec surdose de nicotine à la clef.

        • impressionante anecdote !

        • Vap Ed Vap Ed dit :

          J’ai ajouté un paragraphe pour combler cette lacune de l’article initial, en vous en créditant bien entendu. Vous voilà officiellement rédacteur du Vaping Post, toutes mes félicitations ! 😉
          Encore merçi pour ce très pertinent commentaire.

          • Sylvain Rivier dit :

            wow ! c’est la consécration ! 🙂

          • corwin dit :

            Je confirme que j ai eu souvent plus des suintements que de réelles fuites (quelques gouttes qui perlaient par l airflow) en montant dans le Vercors et la Chartreuse depuis Grenoble.
            J’ai trouvé une parade… Vapoter pendant la montée pour vaporiser l excédent de liquide qui est poussé hors du réservoir 😛
            Depuis, plus de soucis 😉

  2. Algo dit :

    “La glycérine végétale comme le propylène glycol ne se solidifient qu’à des températures hors de portée de nos hivers les plus rigoureux.”
    Pour le PG, -59°C ok…
    Mais pour la VG (pure) : 18°C . Donc pour les tenants du full VG ça peut craindre !