Le Parlement européen a adopté le 16 septembre 2026 une résolution sur la santé cardiovasculaire qui ne cible plus seulement le tabac combustible, mais bien toute la nicotine.
Toute la nicotine dans le viseur

S’agissant d’une résolution sur la santé cardiovasculaire, le tabagisme fait naturellement partie des sujets traités. Il convient toutefois de souligner que, contrairement à de précédents textes officiels, cette résolution ne vise plus seulement les cigarettes, mais bien toute la nicotine. Une position que le Parlement justifie en expliquant que « la nicotine est une toxine cardiovasculaire addictive et que son utilisation présente de graves dangers pour la santé » et que « le tabagisme, y compris le tabagisme actif, l’exposition à la fumée secondaire et l’utilisation de nouveaux produits à base de nicotine, reste un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires ».
La cigarette électronique est explicitement visée. « D’après des données scientifiques, les cigarettes électroniques ne sont pas sans danger et présentent des risques cardiovasculaires importants, y compris du fait de mécanismes augmentant le risque de thrombose et d’athérosclérose, notamment en raison de l’exposition à la nicotine et de l’inhalation de substances toxiques », écrit le Parlement européen, avant d’ajouter que « l’OMS ne recommande pas la cigarette électronique comme outil de sevrage tabagique » et que « des données indiquent que l’utilisation de la cigarette électronique est associée à une adoption accrue des produits du tabac conventionnels, en particulier chez les jeunes. »
Les mesures réglementaires demandées
Le Parlement européen recommande donc des « mesures réglementaires fortes, fondées sur des données probantes et appropriées » pour limiter l’accessibilité, le caractère abordable, l’utilisation et l’attractivité « des différents dispositifs pour fumer et des produits à base de nicotine et de tabac, y compris des produits nouveaux et émergents à base de nicotine et de tabac. » Des mesures qui peuvent inclure :
- L’interdiction des arômes ;
- Des limites relatives à la teneur en nicotine ;
- L’application de droits d’accises appropriés et efficaces.
Il recommande également une mise en œuvre rapide du portefeuille européen d’identité numérique afin d’empêcher les mineurs d’acheter des biens soumis à des restrictions d’âge, soulignant « l’augmentation de l’adoption par les non-fumeurs et les femmes de produits nouveaux et émergents à base de nicotine », et la vulnérabilité particulière des mineurs à la consommation de nouveaux produits à base de nicotine, « tels que les cigarettes électroniques, les sachets de nicotine ou les produits à base de tabac chauffé, qui sont souvent présentés avec des arômes et des emballages attrayants. »
Le Parlement indique ensuite se féliciter de l’initiative de la Commission européenne de la révision de la TPD, et demande qu’à l’avenir, tous les nouveaux produits du tabac ou à base de nicotine fassent l’objet d’une analyse d’impact sur la santé avant leur mise sur le marché.
Un nombre impressionnant de mesures contre la cigarette électronique, alors même que la résolution indique que « les stratégies et les politiques de sevrage tabagique doivent être strictement alignées sur les preuves scientifiques et conçues conformément aux avis indépendants de la communauté scientifique. »
Pour rappel, l’organisation Cochrane, indépendante et mondialement reconnue pour la qualité de ses synthèses scientifiques, indique que l’e-cigarette est actuellement le moyen le plus efficace pour arrêter de fumer.
De la même manière, alors que la résolution du Parlement reconnaît que « les niveaux de teneur en nicotine et les méthodes d’administration varient d’un produit à l’autre et que les différents produits à base de nicotine peuvent donc présenter des profils de risque différenciés », elle souligne que « tous ces produits présentent toujours des risques pour la santé » et demande que « tous les produits non médicamenteux à base de nicotine, y compris les produits nouveaux et émergents à base de tabac et de nicotine, soient inclus dans le champ d’application de la directive sur les produits du tabac et soient soumis à des règles appropriées en matière de limites d’âge, d’arômes, de teneur en nicotine, d’emballage et de commercialisation ». Autrement dit, que des produits aux profils de risque reconnus comme différents soient regroupés sous un même cadre réglementaire.
Si cette résolution n’a aucun pouvoir contraignant, elle a le mérite d’exposer clairement ce qu’est devenue la position du Parlement européen sur la cigarette électronique, et sa vision du sevrage tabagique.
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