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Les tabacologues prescrivent les patchs et parlent de l’e-cigarette

Les tabacologues peuvent parler de l’e-cigarette avec leurs patients, mais pas la prescrire car ce n’est pas d’un médicament, contrairement aux traitements classiques, toujours proposés en priorité pour le sevrage tabagique.

Anne Borgne, chef du service d’addictologie du groupe hospitalier des hôpitaux universitaires de la Seine Saint Denis

Anne Borgne, chef du service d’addictologie du groupe hospitalier des hôpitaux universitaires de la Seine Saint Denis, a répondu aux questions de Top Santé concernant les substituts nicotiniques.
Les gommes et les patchs font toujours partie du traitement classique préconisé par les tabacologues aux fumeurs qui les consultent pour arrêter indique-t-elle. Ces dispositifs contribuent à limiter les signes physiques de manque et permettent de travailler “sur le comportement”. Ils peuvent être utiles dans le cadre d’une tentative de sevrage total mais aussi quand une personne cherche seulement à consommer moins de cigarettes, “moins de cigarette par jour, c’est toujours bon à prendre” car finalement “cela débouche souvent sur des arrêts”.

Le Docteur Anne Borgne perçoit aussi la cigarette électronique comme un moyen de “relancer la motivation”, elle peut être complémentaire à l’utilisation d’un substitut nicotinique. Les addictologues peuvent discuter avec leurs patients de ce produit mais pas le prescrire, tout simplement car il ne s’agit pas d’un médicament.

Top Santé évoque une baisse des ventes des substituts nicotiniques de l’ordre de 20% depuis l’apparition du vaporisateur en France, mais souligne une récente “légère reprise”. Nous avions parlé du déclin du marché des méthodes d’arrêt du tabac il y a un peu plus d’un an, symbolisée par une forte baisse des ventes du Champix.

Anne Borgne reconnaissait l’année dernière que “ce mouvement [l’arrivée de la cigarette électronique] est un mouvement inédit il a été initié par les fumeurs qui se sont eux-mêmes emparés de ce nouvel outil bien avant que les professionnels de santé mesurent l’intérêt qu’il présente”.

En tant que produit de grande consommation, le dispositif de réduction des risques ne bénéficie pas des études appliquées aux médicaments et ne peut donc pas être reconnu comme méthode de sevrage officiel. Ce que confirme un projet de recommandation américain, commenté par Jean-François Etter : en l’absence de données il n’est pas possible d’affirmer scientifiquement que la cigarette électronique fonctionne comme méthode de sevrage. Mais, “l’absence de preuves par essais randomisés n’est pas égale à la preuve de l’absence d’effets sur l’arrêt du tabac.”

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