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Les études de l’industrie du tabac doivent-elles être prises en compte ?

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La recherche scientifique de Big Tobacco sur le vapotage doit-elle être respectée ou systématiquement rejetée à cause des nombreuses études truquées qu’elle a publiées par le passé ?

Le temps permet-il de tout pardonner ?

Durant des décennies, l’industrie du tabac s’est servie de la science afin de démontrer que fumer n’est pas nocif pour la santé. Aux États-Unis par exemple, il a fallu attendre l’année 1964 et le désormais célèbre rapport du Surgeon General of the U.S. Public Health Service pour que les pouvoirs publics prennent conscience des dangers du tabagisme et commencent à lutter contre. Avant cette date, il n’était pas rare de croiser de nombreuses publicités pour des cigarettes, parfois allant jusqu’à mettre en scène un docteur ou un scientifique, prônant les bienfaits de telle ou telle marque. Sachant cela, une question se pose : peut-on croire les études scientifiques en provenance de l’industrie du tabac, aujourd’hui souvent à propos du vapotage ou du tabac chauffé ?

« 20 679 physiciens disent que les Lucky Strike sont moins irritantes ».

C’est à cette question qu’a tenté de répondre (format PDF) Marcus Munafò, éditeur en chef du Nicotine & Tobacco Research, journal scientifique mondialement reconnu, spécialisé dans la publication d’études sur la nicotine et le tabagisme. En effet, suite à la parution dans le magazine d’une recherche conduite par Big Tobacco, certaines voix se sont élevées contre la revue.

« La science l’a découvert, vous pouvez le prouver. Pas d’arrière-goût déplaisant. Achetez toujours Chesterfield ».

« En 2020, seuls 2 des 330 articles que nous avons publiés provenaient de l’industrie du tabac. Cependant, pour certains, même un seul article est de trop. Pourquoi, dans ce cas, continuons-nous à accepter des articles de l’industrie du tabac, alors que de nombreuses autres revues ne le font pas ? », questionne Marcus Munafò.

N’y allons pas par 4 chemins, il ne donne pas de véritable réponse à cette question. Pour lui, les revues scientifiques (et la sienne tout particulièrement) doivent aujourd’hui composer avec 2 schémas de pensée. Le premier, est qu’à cause du passé de l’industrie du tabac, celle-ci ne devrait tout simplement jamais être autorisée à publier quelconques études scientifiques. Le second est que les travaux devraient être jugés sur leur qualité et leur mérite, plutôt que leur provenance.

« À travers toute l’Amérique, de plus en plus de scientifiques et d’éducateurs fument Kent avec son filtre plutôt que n’importe quelle autre cigarette ».

Aujourd’hui, nous vous posons donc la question. L’industrie du tabac devrait-elle voir ses travaux scientifiques constamment rejetés ? Ou est-il possible de lui « pardonner ses erreurs passées » et accepter sa contribution scientifique au sujet de la cigarette électronique ?

Le débat est ouvert…

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