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La cigarette électronique comme médicament ou comme produit de consommation ?

La cigarette électronique comme médicament ou comme produit de consommation ?

La cigarette électronique comme médicament ou comme produit de consommation ?

C’est aujourd’hui que la commission européenne ENVI organise une audition publique autour de la nouvelle révision de la Directive sur le tabac. Malheureusement pour nous l’audition qui aura lieu à 15h ressemble à une petite réunion privée où les représentants des méthodes de réduction des risques pour le fumeur ne sont pas invités. Le sujet de la cigarette électronique ne devrait donc pas leur faire consommer beaucoup de salive et nous sommes en droit de nous demander, en tant que vapoteur, ce qu’il adviendra de notre santé si l’e-cigarette contenant de la nicotine devient un produit exclusivement réservé à l’industrie pharmaceutique.

Parmi les personnes qui s’interrogent, il y a Paul L. Bergen, un canadien actif dans le domaine des méthodes de réduction des risques liés au tabagisme depuis 2005. Il travaille depuis quelques temps avec Carl V. Philipps à l’école de santé publique de l’Université d’Alberta (Canada) dont j’avais déjà parlé quelques fois, notamment au sujet de son modèle de propagation sociale. Bergen a participé également à la création du site tobaccoharmreduction.org devenu une référence dans le domaine des THR (tobacco harm reduction) et travaille en parallèle pour le site de James Dunworth ecigarettedirect.co.uk sur les questions de nicotine et de santé publique. Il a récemment rejoint l’association des vendeurs de cigarette électronique au Canada, la ECTA (Electronic Cigarette Trade Association), l’équivalent de notre CACE à nous.

Bergen a écrit un article intéressant la semaine dernière sur l’un des sites du réseau Tobacco Harm Reduction. Il s’interroge sur le futur statut de la cigarette électronique qui tend globalement à devenir un médicament sous la pression des lobbys pharmaceutiques ainsi que ceux du tabac. Le rachat il y a quelques temps de CN Creative (propriétaire de Intellicig) par la British American Tobacco company (BAT) est sans doute l’avancée (ou le recul ?) le plus concret que l’on connaisse actuellement sur cette question de l’e-cigarette médicament.

Voici la question que se pose Bergen dans son article ici traduit en français, paru le 21 février sur le site Tobacco Harm Reduction: News & Opinions :


Début de l’article de Paul L. Bergen

Les e-cigarettes comme dispositif médical ou récréatif – les deux sont-ils possibles ?

On peut lire dans le dernier numéro du magazine New Scientist que la British American Tobacco (BAT) a racheté une société qui fabrique des cigarettes électroniques et qu’elle était apparemment sur le point de « demander aux autorités britanniques de reconnaitre un de ses produits comme un médicament de sevrage tabagique ».

La plupart d’entre nous, militants pour la réduction des risques et vapoteurs, préférons en règle générale désigner les e-cigarettes comme un dispositif à des fins récréatives et ce, à plus d’un titre.

Si les e-cigarettes obtenaient le statut de médicament, (1) la période de tests de qualité serait identique à celle d’un nouveau médicament lancé sur le marché (à savoir des années), (2) la disponibilité serait limitée, (3) davantage de restrictions sur les différentes formes qu’elles pourraient prendre (moins de choix pour le consommateur) et (4) le pouvoir serait concentrée dans les mains d’un nombre réduit (seules de grandes compagnies comme la BAT seraient capables d’amortir les frais liés aux différents essais).

Si les e-cigarettes n’obtenaient pas le statut de médicament et donc, si elles étaient considérées comme un produit récréatif, (1) elles resteraient disponibles pour autant qu’elles se conforment aux directives liées à la protection du consommateur, (2) elles seraient tout aussi disponibles que les cigarettes traditionnelles (ce qui est très important) et (3) vous auriez plus de chances de trouver celle qui répond à vos besoins.

Ironiquement, si les e-cigarettes étaient cataloguées comme médicaments, l’effet immédiat serait de nuire à la santé publique en faisant patienter les fumeurs pendant des années avant qu’elles ne soient autorisées sur le marché. (Bien entendu, si la BAT fait pression pour médicaliser la cigarette électronique, c’est probablement parce qu’elle sait qu’elle aura le dessus étant donné que peu de compagnies peuvent débourser les fonds pour se joindre à la fête).

Il existe également de fortes chances pour qu’en tant que médicament, les cigarettes électroniques obtiennent une plus grande flexibilité que les produits de consommation en termes d’innocuité. Champix n’aurait jamais été considéré comme suffisamment sûr en tant que produit de consommation mais pour une certaine raison, en tant que médicament, le risque de suicide vaut la peine d’être pris.

Mais peut-être existe-t-il un troisième moyen, à savoir un compromis. Deux produits bien différents comme la relation qui lie les inhalateurs pharmaceutiques et les cigarettes électroniques aujourd’hui.

Pourquoi ne pas laisser disponibles les e-cigarettes à des fins récréatives et autoriser par la même occasion un produit qui est similaire mais qui a été testé comme un dispositif de sevrage tabagique ? L’industrie du tabac et l’industrie pharmaceutique pourraient promouvoir leurs cigarettes électroniques permettant d’arrêter de fumer tout en concurrençant les cigarettes traditionnelles.

Imaginez que nous, vapoteurs, sommes des coureurs (je sais qu’il en existe au moins quelques-uns). D’un côté nous avons le choix entre courir dans la rue, dans la campagne, dans les bois, modifier notre rythme comme bon nous semble et d’un autre côté, nous avons l’option du tapis roulant. Grosso modo pareil, mais ô combien différent.


Fin de l’article de Paul L. Bergen

Défendez votre liberté de vapoter

Je vous rappelle que notre liberté de vapoter est menacée par la révision de la Directive sur le tabac en provenance de l’Union européenne. Si vous avez un petit moment à consacrer à la santé des fumeurs, merci d’agir pour protéger la cigarette électronique.

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  • Paradoxalement, l’initiative d’un marchand de tabac comme BAT de racheter une entreprise déjà bien implantée sur le marché de la cigarette électronique peut apparaître comme un moyen de TORPILLER le projet de directive. L’Union Européenne ne va quand même pas aboutir à confier le monopole de la ecig aux marchands de tabac. Les autorités de santé (OMS, EMA, etc.) peuvent-elles accepter le faire entrer le loup dans la bergerie ?