Le 31 mai 2026, la Journée mondiale sans tabac (JMST) de l’OMS a, comme d’habitude, viré au procès du vapotage. CNCT, Ligue contre le cancer, DNF, Contre Feu, PPL n° 2726 sur le paquet neutre vape déposée sans étude d’impact : l’habituelle litanie antivape s’est montrée particulièrement innovante. La filière a tenu sa ligne.

Par Jean Moiroud, président de la Fivape

Une JMST qui finit toujours par nous tomber dessus

Pour la séquence du 31 mai, la Ligue contre le cancer a demandé à “invisibiliser” la cigarette électronique dans l’espace public, formule revendiquée par Emmanuel Ricard, son directeur de la prévention. Ricard ne nie pas que la vape soit utile au sevrage tabagique, il le reconnaît même clairement. Mais il choisit, sur les plateaux et dans les communiqués, d’insister sur l’usage du vapotage par les non-fumeurs et la nécessité d’en réduire l’attrait, plutôt que sur les avancées qu’il a permises en santé publique. Un cadrage qui, par accumulation, produit le même effet qu’un démenti : occulter ce qui fonctionne pour ne montrer que ce qui inquiète. Les données OFDT sont pourtant éloquentes : tabagisme quotidien des lycéens tombé de 17,5 % en 2018 à 5,5 % en 2024, soit divisé par trois en six ans, sans effet passerelle. Absent du débat médiatique.

Du cadrage par omission pour justifier des mesures que l’ANSES, dans son avis du 4 février 2026, n’a précisément pas recommandées. S’y ajoutent la campagne du CNCT pour interdire ce qui l’est déjà, et l’alignement de DNF et Contre Feu. Chacun dans son registre, tous dans la même direction : l’invisibilisation et l’assimilation au tabac, plutôt que la rationalité scientifique.

Paquet neutre, une proposition de loi sans étude d’impact

La proposition de loi n° 2726, déposée le 28 avril 2026, veut étendre le paquet neutre du tabac aux produits du vapotage. Elle a été élaborée sans audition de la filière, sans chiffrage, sans la moindre projection sanitaire. Un texte expédié, porté qui plus est par deux députés dont l’un, Pierre Cazeneuve, avait publiquement défendu le vapotage lors du dernier projet de loi de finances, enthousiasmé par son propre sevrage tabagique grâce à la vape. On ne l’attendait pas là. On a même aperçu en commission son e-liquide Curieux Natural, goût poire (belle étiquette kraft) exposé en évidence. Aurait-il arrêté de fumer si le packaging avait été neutre ? La question mérite d’être posée, comme celle de la constance en politique.

Sur le fond, le paquet neutre vape invisibilise la vape face au tabac : le consommateur, habitué depuis 2016 au paquet neutre tabac, lit mécaniquement “même style = mêmes risques”. C’est l’inverse de l’avis de l’ANSES, qui qualifie le vapotage d’“alternative nettement moins dangereuse que le tabac”. La mesure frappe des PME indépendantes françaises dont les marques sont précisément ce que le paquet neutre vise à effacer, quand les systèmes fermés des cigarettiers, eux, l’absorberont sans difficulté. À chaque fois, le même artifice : faire entrer la vape dans le régime du tabac pour lui faire perdre du terrain, en oubliant qu’elle est précisément l’outil qui fait reculer le tabac.

Un symptôme de fin de règne

Le 9 avril, l’Assemblée a adopté la loi durcissant les sanctions contre les free-parties : 78 voix pour, 67 contre, avec le soutien de l’extrême droite. La proposition de loi paquet neutre n’est pas pour l’heure inscrite à l’agenda, mais sa logique est la même. Quand un exécutif n’a plus de majorité sur le réel, budget, énergie, retraites, hôpital, école, il ne lui reste que les sujets de morale publique pour rassembler un minimum dans l’hémicycle. C’est ce que les politistes appellent une fin de règne : on ne légifère plus sur ce qui sert, on légifère sur ce qui peut faire le buzz. La vape coche toutes les cases d’une législation d’affichage, dont on peut tirer le bénéfice médiatique en pensant ne pas avoir à en assumer le coût politique. À nous de leur montrer que le coût sanitaire peut aussi “faire le buzz”.

La filière a tenu, l’Europe reste devant

La Fivape a pourtant tout fait pour émerger dans cette séquence ! Programme “ras-le-bol de la désinformation sur la vape”, sondage OpinionWay 2026, analyse du traitement éditorial de Génération Sans Tabac, note d’impact du paquet neutre pour combler le vide laissé par la PPL n° 2726, lancement d’un programme de choix techniques pour le contrôle de l’âge en ligne (voir encadré).

Puis, le PSG est passé par là. La victoire à Budapest, la veille du 31 mai, a éclipsé, et on l’espère empêché, les annonces les plus toxiques que la ministre s’apprêtait probablement à faire. Un répit peut-être bref, mais une belle victoire d’étape. Le front européen demeure le plus exposé. La TED sur les accises tabac et la TPD sur les produits du tabac avancent en parallèle. Le risque principal : un projet de taxe vape au taux identique pour tous les États membres. Complètement idiot. Un même tarif n’a pas le même sens dans un pays à 5 % de fumeurs et dans le nôtre, qui en compte encore 14 millions. La fiscalité de la vape doit rester un levier sanitaire à la main des États. Harmoniser certaines règles n’oblige pas à harmoniser les taux (voir encadré).

Le programme JMST de la Fivape, dans le détail

Pour la JMST 2026, la Fivape a déployé un dispositif complet, articulé autour de cinq axes.

  • Communiqué “Ras-le-bol de la désinformation”. Rappel adressé aux pouvoirs publics, à la presse et au grand public, que la désinformation sur la nicotine et le vapotage a un coût sanitaire direct.
  • Sondage OpinionWay/Fivape 2026 sur la perception des risques. 77 % des Français continuent de croire que la nicotine est cancérigène, 53 % que la vape est aussi nocive que le tabac.
  • Analyse du traitement éditorial de Génération Sans Tabac. Analyse sémantique des 2 500 articles sur la vape qui montre qu’elle y est systématiquement dénigrée. Un fait très problématique car GST est financée par des fonds publics.
  • Note d’impact du paquet neutre vape. Projection à 18 mois : 700 000 à 1 000 000 de vapoteurs reprenant la cigarette, 1 200 à 1 800 boutiques en faillite, 600 à 850 millions d’euros transférés vers les circuits parallèles.
  • Programme de contrôle d’âge en ligne. Solutions opérationnelles proposées à Bercy et à la DGS pour répondre à l’objectif partagé d’absence de mineurs sur les canaux de vente à distance, plutôt qu’une prohibition disproportionnée.

Merci !

Merci à toutes et à tous pour votre mobilisation pendant cette séquence, sur les réseaux, par email, par téléphone. Continuez à interpeller vos élus, relayez les communications de la Fivape, racontez votre expérience. On ne lâche rien.

Position Fivape face à la TED (directive européenne sur les droits d’accise du tabac) et à la TPD

La menace européenne est désormais le front principal.

  • Un taux identique n’a pas le même sens partout. Taxer pareil un outil de sevrage dans un pays à 5 % de fumeurs et dans un pays à 30 % n’a aucun sens sanitaire.
  • Harmoniser les règles n’oblige pas à harmoniser les taux. Si fiscalité il doit y avoir, assiette à 0 % et chaque État libre de fixer et de faire évoluer son taux selon sa prévalence tabagique.
  • Le précédent suédois montre la voie. Le snus démontre qu’un traitement national différencié est juridiquement praticable. La filière française est une exception.

Les dernières infos de la FIVAPE

France : la FIVAPE rejoint le Conseil du Commerce de...

  • Publié le 23/07/2026

La FIVAPE a rejoint le Conseil du commerce de France (CdCF), organisation patronale qui fédère une trentaine de fédérations.

FIVAPE : Place à la science !

  • Publié le 10/06/2026

Le vapotage est aujourd’hui l’un des outils de réduction du tabagisme les mieux documentés par la science.

France : la FIVAPE dénonce les méfaits du paquet neutre...

  • Publié le 1/06/2026

Dans une note d’impact, la FIVAPE projette jusqu’à un million de vapoteurs retournant au tabac et 1 800 boutiques en faillite.

Annonce