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Enfance et cigarette électronique : à qui le rôle de professeur ?

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Une étude britannique menée auprès de jeunes enfants explique que les bambins pensent que la cigarette électronique ne contient pas de tabac, est moins dangereuse que la cigarette, et qu’il n’y a pas de problèmes avec le fait d’en vapoter. Conclusion : il faut les éduquer. Certes, mais à qui confier ce rôle ?

Une étude en accéléré

C’est une étude signée par Mark J.M. Sullman, Maria-Eugenia Gras, Antonios Kagialis, Ioulia Papageorgi et Sílvia Font-Mayolas qui nous occupe aujourd’hui. Son abstract est intéressant :

« On craint que la popularité croissante des cigarettes électroniques ne favorise l’expérimentation chez les enfants. Étant donné l’influence des premières années sur l’attitude et la formation d’habitudes, il est nécessaire de mieux comprendre comment les jeunes enfants perçoivent la vaporisation avant le début de l’expérimentation, afin de prévenir l’adoption du tabac et d’informer les stratégies de lutte contre le tabagisme. Nous avons étudié la sensibilisation des élèves gallois de l’école primaire (âgés de 7 à 11 ans) aux e-cigarettes par rapport au tabagisme, leur compréhension des risques et des avantages perçus et leurs intentions et croyances concernant l’inhalation de fumée. »

Pourquoi pas ? Il est évident que, dans un monde parfait, l’éradication définitive du tabac fumé serait suivie de l’extinction de la vape, devenue inutile. Mais nous sommes aussi d’accord que, dans ce monde-là, tout le monde serait gentil avec tout le monde et se déplacerait à dos de licorne.

Le sujet ici n’est pas l’étude en elle-même, mais la question qu’elle soulève, à savoir qui doit expliquer la vape aux enfants ? L’étude conclut que les enfants ont une perception de la vape comme étant un produit d’arrêt du tabac, mais que, si une majorité d’entre eux n’a pas l’intention de fumer plus tard, ils ne voient pas de problèmes avec le fait que les adultes le fassent.

Surtout, ils considèrent que la vape n’est pas dangereuse, comparée au tabac, ce qui fait dire aux auteurs qu’il faut les éduquer sur les dangers du vapotage « afin de mettre en évidence les risques associés à l’expérimentation de la cigarette électronique, y compris le potentiel d’initiation au tabac ».

Et c’est dommage, dans une étude par ailleurs d’allure sérieuse, de voir faire référence à la théorie de la passerelle, dont les seules preuves recueillies à son propos tendent à l’invalider.

Mais la question est intéressante : le rôle de l’État , à travers sa prévention, qu’elle se fasse à l’école ou en dehors, est-il de mettre les enfants en garde contre le vapotage ?

Préparer le monde de demain

source : lisbob.net

La question est vaste, et pourtant, elle peut se résumer ainsi : quand il aura prouvé qu’il est assez digne de confiance pour le faire.

Tout le monde sera d’accord pour dire que l’idéal, pour les enfants d’aujourd’hui, serait de ne pas, lorsqu’ils seront adultes, de ne pas consommer de nicotine, que ce soit sous forme de cigarette, de vape, ou tout autre moyen. Et il n’y a rien de choquant à voir une politique de santé publique menée en ce sens.

Mais il est question, là, d’éducation. Et d’un principe fondamental : élever des enfants est le rôle des parents, rôle dont ils délèguent une partie à l’État à travers le système scolaire. Cette délégation d’éducation est une délégation, également, de confiance. Or, l’attitude générale des États, à l’exception notable du Royaume-Uni, ne tend pas à inspirer confiance sur ce sujet précis.

Comment, en effet, donner le droit à un État de dire à ses enfants qu’un substitut nicotinique au moins 95 % moins dangereux que la cigarette tabac est dangereux, alors que ledit État ne peut pas garantir qu’il saura protéger les enfants contre cette cigarette tabac ? Comment peuvent-ils assurer qu’ils protègent les enfants contre les cigarettiers alors que leurs lobbyistes hantent les centres de décision, européens tout d’abord ?

Le jour où les États auront enfin éradiqué le fléau du tabagisme avec un outil efficace (suggestion : ils devraient essayer la vape, il semble que ça ne marche pas trop mal), ils auront démontré aux parents qu’ils sont digne de la délégation de confiance qu’on leur accorde pour informer les enfants sur le vapotage.

Alors, informer les enfants sur les dangers de l’addiction à la nicotine, oui, mais par quelqu’un qui a fait ses preuves. En attendant, laissons la mission aux parents d’éduquer sur le sujet de la vape : on est certain, pour eux, au moins, que le seul intérêt qu’ils auront en tête est celui de leur enfant.

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de la rédaction.

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