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Un chimiste déconseille la pratique du “dry burn”

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Le Dr Mirosław Dworniczak, un chimiste polonais, s’intéresse à la vape depuis qu’il s’est arrêté de fumer, il y a quelques années. Sur le blog Nicotine Science and Policy, il s’interroge : “To dry-burn or not to dry-burn” ?

La question du dry-burn, d’abord une question de sécurité

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Le dry burn risquerait d’amplifier le processus de corrosion normal de la surface du fil

Le dry burn consiste à appliquer une forte puissance électrique à une résistance nue (le fil résistif) pour  brûler les résidus collés. Cette pratique concerne essentiellement les adeptes des atomiseurs reconstructibles, néanmoins ils peuvent se produire involontairement.

Mais selon les spécialistes, cette surchauffe peut entraîner une modification de la structure du métal en surface et conduire à l’émission de particules qui peuvent être inhalées en se mélangeant à la vapeur.

La question avait déjà été abordée par le Dr Konstantinos Farsalinos qui avait interrogé un expert en sciences des matériaux, Pedro Carvalho. Les deux scientifiques recommandaient de ne pas utiliser cette technique quelque soit le matériau utilisé pour la résistance.

De quoi une résistance est-elle faite ?

Différents types de fils résistifs sont utilisés avec leurs propres grades, le Dr Dworniczak les rappelle : kanthal, acier inoxydable, nichrome et, ces derniers temps des métaux purs tels que le nickel ou le titane sont utilisés.

Le kanthal est un alliage de fer (70%), de chrome (20 à 30%) et d’aluminium ( 4-7%). Lorsqu’il est chauffé, les oxydes d’aluminium forment une couche protectrice sur la surface du fil.

Le nichrome est un alliage de chrome (80%) et de nickel (20%). Lorsqu’il est chauffé à la température où il devient rouge, une couche extérieure d’oxyde de chrome(III) se développe, protègeant l’élément chauffant d’oxydation plus sévère.

L’acier inoxydable (SS) a été récemment introduit sur le marché de la vape. L’acier est un alliage de fer et de carbone. La propriété inoxydable de l’acier est due à la présence d’au moins 13% de chrome. Celui-ci est en quantité suffisante pour former une couche protectrice d’oxyde de chrome. Certains contaminants sous forme de métaux traces sont présents dans le SS. Le SS316 classique contient également de petites quantités de molybdène (2,5%) et de manganèse (2%).

Le dry burn peut-il être dangereux?

La technique du dry burn peut poser problème pour trois raisons :

  1. Avec l’oxydation, un revêtement se forme à la surface de la résistance, il peut se décoller et être transféré vers les poumons sous la forme de particules microscopiques ou de matières particulaires.
  2. Les matières particulaires peuvent occasionner des allergies. Le Nickel, par exemple, est connu pour causer des éruptions cutanées, des démangeaisons, des rougeurs.
  3. La matière particulaire peut également être toxique pour l’organisme (le cas des soudeurs exposés à des oxydes de manganèse, par exemple, a été bien décrit).

De l’avis du chimiste polonais, le dry burn risque d’amplifier le processus de corrosion normal de la surface du fil et détériorer prématurément sa qualité. Il modère cependant les effets toxiques (pour le manganèse) ou cancérigènes (pour le chrome (VI), une forme plus oxydée par rapport au chrome(III)), pour lui elles sont improbables car la dose est très faible.

Dry Burn involontaires

Si cette pratique concerne essentiellement les adeptes des atomiseurs reconstructibles, les dry burn involontaires concernent tous les vapoteurs. Ils peuvent se produire lorsque l’e-liquide se tarit dans le réservoir et que la mèche  n’est pas suffisamment imbibée occasionnant un dry hit.

Les dry burn involontaires se produisent généralement lorsque la quantité d’e-liquide est insuffisante dans le réservoir et ne permet plus à la mèche ou au coton de s’imbiber suffisamment. Lorsque cela arrive, il est plus prudent de se débarrasser de la résistance endommagée et d’en monter une nouvelle.

To dry-burn or not to dry-burn ?

Si cette technique peut augmenter le risque de libérer des composés potentiellement nocifs, il n’y a aucune raison de penser qu’elle rende la vape plus dangereuse que la cigarette.

Des résistances en céramique sont en train d’arriver sur le marché. Les résultats d’analyses en cours devraient être rendus publics bientôt, ces matériaux pourraient se révéler une option plus sûre que les alliages et les métaux.

Le conseil du chimiste rejoint finalement celui du Dr Farsalinos, il est préférable de ne pas faire brûler les résistances qu’il conseille de remplacer par des nouvelles lorsqu’elles sont sales, c’est pour lui “mieux que d’exposer son organisme à un mélange de substances chimiques inconnues” et conclue “Vapez en sécurité !