L’Alabama va interdire la cigarette dans ses prisons, mais pas la nicotine. Quatre établissements banniront le tabac dès septembre, tout en conservant la vente de sachets de nicotine ZYN et de patchs NicoDerm.
Arrêter de fumer en prison ?

« Une politique sans tabac dans les établissements correctionnels de l’Alabama offrira de nombreux avantages en matière de santé et de sécurité, notamment la réduction de l’exposition à la fumée secondaire, l’amélioration de la santé respiratoire et une diminution du risque de maladie cardiovasculaire », indique le département, qui cite également des « avantages opérationnels » comme de meilleures conditions de travail pour le personnel, une réduction des risques d’incendie ainsi que des problèmes d’entretien liés au tabagisme.
À partir du 1er septembre 2026, les cigarettes ne pourront plus être achetées dans les centres correctionnels, et le mois suivant, tous les produits et accessoires du tabac seront considérés comme de la contrebande. Des dates qui concerneront les quatre établissements sélectionnés pour la première phase de cette initiative.
Les fumeurs concernés seront accompagnés de plusieurs manières pour cette transition. D’abord, des sachets de nicotine ZYN, du cigarettier Philip Morris International (PMI), seront proposés au sein des centres. Des patchs de nicotine NicoDerm seront également proposés. En outre, le département indique aussi que les psychologues des centres « sont formés pour diriger des cours de sevrage tabagique dans tous les établissements. »
Reste à voir comment les détenus accueilleront la nouvelle et, surtout, s’il s’agira d’un sevrage tabagique définitif ou simplement temporaire. En 2017, une étude1 menée auprès de 143 personnes récemment libérées a conclu que 98 % des détenus ayant arrêté de fumer à cause d’une politique carcérale antitabac et antinicotine avaient recommencé à fumer dans les trois semaines suivant leur libération. On ignore cependant si ces politiques maintenaient un accès aux substituts nicotiniques pendant l’incarcération. Le dispositif alabamien semble aller plus loin en maintenant cet accès via la vente en cantine, bien que le département correctionnel ne l’ait pas clairement indiqué.
Sources et références
1 Frank MR, Blumhagen R, Weitzenkamp D, Mueller SR, Beaty B, Min SJ, Binswanger IA. Tobacco Use Among People Who Have Been in Prison: Relapse and Factors Associated with Trying to Quit. J Smok Cessat. 2017 Jun;12(2):76-85. doi: 10.1017/jsc.2016.3. Epub 2016 Mar 16. PMID: 29430256; PMCID: PMC5807014.
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