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Vapotage et anesthésie : la médecine entre deux eaux

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La vape doit elle, dans certaines situations, être considérée comme le tabac ? Plus spécifiquement, avant une anesthésie générale, faut il interdire au patient de vapoter avant une opération, et refuser l’anesthésie s’il l’a fait ? Certains anesthésistes veulent réactualiser les données, qui datent de 2016.

Do, do, le patient do

Les consignes sont bien connues, lorsqu’on doit subir une opération : “à partir de la fin d’après midi, la veille, vous ne mangez pas, vous ne buvez pas, et vous ne fumez pas”.

Lorsque la question est posée de savoir si on peut vapoter, bien peu sont les anesthésistes qui vous disent que “oui, vous pouvez”. La plupart du temps, la vape rejoint la liste des interdits qui vous promettent une très très longue soirée.

L’interdiction du vapotage avant une anesthésie repose sur un manque d’information. 

Cette interdiction de la vape avant une anesthésie ne repose sur rien, et c’est ce rien qui emporte la décision. Plus exactement, en 2016, lors d’une conférence d’experts de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) et de la Société Française de Tabacologie (SFT), le cas de la vape avait été abordé. En l’absence, à ce moment là, de littérature précise, les experts avaient choisi l’option « dans le doute, on s’abstient » et avaient préconisé l’interdiction de la vape avant une anesthésie générale.

Les experts, dans le doute, ont jugé préférable de s’abstenir.

Cet avis autorise dès lors les anesthésistes-réanimateurs à récuser un patient, c’est à dire de refuser de l’anesthésier s’il a vapoté avant l’opération, ce qui équivaut à un report ipso facto. Des assurances professionnelles de praticiens peuvent également s’appuyer dessus pour prendre une décision de responsabilité, en cas de problèmes.

Le grand sommeil

L’interdiction d’ingestion de diverses substances avant une anesthésie n’est pas prise par hasard. Elle permet d’éviter un phénomène de rejet du bol stomacal lié à la médication qui risque d’interférer avec les fonctions respiratoires. En mots plus simples : le patient anesthésié peur mal réagir et s’étouffer dans son vomi. La solution la plus efficace est de n’avoir rien qui provoque des vomissements.

Des découvertes récentes ont permis de définir que, au moins partiellement, fumer avant une opération est moins nuisible qu’on ne le pense.

Et le tabac là dedans ? Et bien, jusqu’à il y a encore quelques années, on pensait que peut être, la fumée de cigarette pouvait augmenter le contenu stomacal. En 2015, une étude a démontré que l’inhalation de fumée de cigarettes n’avait aucune incidence sur le contenu gastrique, et préconisait qu’un patient ne soit plus récusé pour cette raison.

Néanmoins, la consommation de tabac est restée déconseillée, pour diverses autres raisons. Des études, notamment, démontrant qu’elle nuit à la cicatrisation, et surtout le fait que la fumée de cigarette contient du monoxyde de carbone (CO) ralentit l’oxygénation, ce qui dans certaines situations cruciales peut faire la différence.

Les anesthésistes aiment la vape

Le Professeur Bertrand Dureuil, sur le site de la SFAR, s’interrogeait en juin 2018 sur l’interdiction de la vape. Selon lui, plusieurs arguments plaidaient en faveur du vapotage comme soutien pré-anesthésique aux patients.

Des anesthésistes, aujourd’hui, pensent que la vape peut être un support d’aide au patient. 

Tout d’abord, le fait que le vapotage, pas plus que le tabac fumé, n’a d’influence sur le contenu gastrique. Ensuite, la vapeur de cigarette électronique ne contenant pas de CO, elle n’influe pas sur l’oxygénation des tissus.

Tout en reconnaissant qu’on ne sait pas encore tout sur les effets de la vape, le Professeur Dureuil plaide pour un réexamen du cas vapotage, en soulignant que l’abondante littérature scientifique produite sur le sujet devrait permettre de se faire une idée. La sienne, c’est que le vapotage peut permettre de faciliter la période pré-opératoire, mais aussi post-opératoire, en fournissant un outil de sevrage au patient qui lui permettrait de se tenir éloigné du tabac, avec tous les avantages que cela comporte, notamment en terme de cicatrisation.

Ils demandent un réexamen des préconisations sur le vapotage pré-opératoire à la lumière des connaissances actuelles. 

Pour l’instant à notre connaissance du moins, rien ne s’est encore fait ou initié. Gageons que les sages médecins, s’ils prennent le temps de prendre une décision, sauront prendre une bonne décision.

Pour les vapoteurs qui devraient subir une anesthésie, retenez deux choses : au final, c’est l’anesthésiste qui décide. Qu’il accepte ou refuse de vous laisser vapoter avant l’opération, il est parfaitement légitime à le faire. Mais rien ne vous empêche de lui poser la question : en la matière, le débat est ouvert.

Sources : 

“Recommandations sur la prise en charge du tabagisme en période périopératoire” SFAR-SFT

“Effect of acute cigarette smoking on gastric contents in regular smoker volunteers. A prospective randomized cross-over study.” Lazaar S, Boselli E, Chassard D, Allaouchiche B, Bouvet L.

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