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Toutes les études scientifiques ne sont pas bonnes à prendre

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Une récente étude prévoit que le Brexit tuera environ 12 000 citoyens britanniques. Une aberration pour le conseil américain de la science et de la santé.

Ces recherches auxquelles on fait dire ce que l’on veut

Depuis l’énorme gain en popularité de la vape, de nombreuses études sont régulièrement réalisées à son sujet. Que leurs conclusions soient positives ou négatives, toutes ne sont pas toujours bonnes à prendre. En effet, que les résultats d’une recherche scientifique nous plaisent ou nous déplaisent, il est important de se rappeler que la façon dont elle a été conduite peut inexorablement faire varier ses résultats.

L’étude à laquelle nous allons nous intéresser aujourd’hui ne concerne certes pas la vape, mais permet de nous rappeler à quel point il est possible de faire dire à des conclusions ce que l’on souhaite, même si ces dernières sont très éloignées de la réalité.

La recherche [1] en question a été baptisée « impacts of Brexit on fruit and vegetable intake and cardiovascular disease in England ». Comme son nom l’indique, cette analyse visait à explorer les conséquences du Brexit sur la consommation de fruits et légumes des habitants du Royaume-Uni, puis les impacts sur la santé que ces supposés changements de consommation auraient.

Pour faire court, les auteurs de l’ouvrage ont utilisé diverses données déjà publiées concernant la consommation de ces produits par les Britanniques, leur impact sur la santé cardiaque, puis ont imagé les hausses de prix qui pourraient survenir suite au Brexit. En partant de ces variations de prix, totalement imaginaires rappelons-le, ils en ont déduit à l’aide de « combinaisons variables », les diminutions supposées de leur consommation par les ménages les plus modestes, et les problèmes de santé que cela entrainerait.

Les conclusions de l’étude expliquent ainsi que dans le pire des cas, « il y aurait 12 000 décès supplémentaires », et dans le meilleur, « seulement 4 200 Britanniques périraient au cours des dix prochaines années ».

Comme l’indique l’Americain Council on Science & Health (ACSH) dans son article, cette étude « représente un exercice amusant pour mettre des nombres dans des équations afin d’obtenir des résultats qui sont, très probablement bidons ». De plus, selon l’organisme de santé, les chiffres utilisés par les auteurs de l’étude « ne rendent pas les estimations correctes, mais seulement cohérentes ».

Fort heureusement, il semblerait que les auteurs de l’étude reconnaissent les limites de leur travail. L’ACSH note ainsi :

« Les auteurs reconnaissent les limites de l’application de leur étude et se demandent si les prix suivront leurs estimations. Ils reconnaissent également que les Britanniques peuvent faire appel à de nouveaux partenaires commerciaux et à de nouveaux accords, ce qui accroît encore l’incertitude de leurs estimations ».

Le résultat est là : une étude alarmiste qui, finalement, lorsqu’on se penche un peu dessus, ne démontre absolument rien du tout.

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de l’intégralité de la rédaction du Vaping Post.

[1] Impacts of Brexit on fruit and vegetable intake and cardiovascular disease in England: a modelling study BMJ Open DOI: 10.1136/bmjopen-2018-026966

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