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Tabac : de mauvaises réponses aux mauvaises questions

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La fédération française Alliance Contre le Tabac (ACT) a lancé récemment une offensive sur le prix des cigarettes. Se posant en contre d’une promesse d’Olivier Dussopt, ministre des comptes publics, l’association appelle au contraire à augmenter sans fin le prix du paquet, stratégie pragmatique mais qui pêche par un défaut majeur.

Le feu aux poudres

C’est une affirmation d’Olivier Dussopt, ministre français des comptes publics, qui a mis le feu aux poudres : celui-ci a promis aux buralistes que le prix du tabac n’augmenterait pas en 2021, l’objectif du paquet à 10 euros fixé par Agnès Buzyn ayant largement été atteint.

Alliance Contre le Tabac appelle au contraire à des augmentations de 70 centimes jusqu’en 2025 pour porter le prix du paquet à 15 euros. Et la fédération n’a pas tort, dans son raisonnement : les professionnels de l’arrêt du tabac, quel que soit le moyen qu’ils préconisent, sont d’accord pour dire que la principale motivation des fumeurs pour cesser de fumer, c’est l’argent.

C’est un triste constat, puisque cela veut dire que les affirmations sur le danger que la cigarette représente pour la santé, bien qu’elles soient avérées et largement diffusées, ne portent pas.

Là où la stratégie de l’organisation pêche, c’est en se justifiant par une avalanche de chiffres.

Le piège de l’argent

En effet, ACT avance les chiffres suivants : en France, le tabac rapporterait en recettes fiscales 16 milliards d’euros à l’État, mais engendrerait 26 milliards de dépenses en termes de santé. Jusqu’ici, ce coût cadre avec les différentes moyennes calculées par différents intervenants. Mais ACT va plus loin, en affirmant avoir estimé à 120 milliards le coût social du tabagisme chaque année en France.

120 milliards, c’est absolument énorme. Pour vous faire une idée, le déficit public en 2019 en France est de 78 milliards d’euros (source INSEE). C’est à dire que, sans tabac en France, l’État n’aurait pas besoin de contracter d’emprunts, et il lui resterait de quoi payer chaque année la moitié du coût annuel de l’hôpital public (source : Hopital.fr).

Ce chiffre est énorme. Ce chiffre est gigantesque. Ce chiffre est vertigineux. Ce chiffre sort de nulle part. Ou plutôt, il sort des affirmations de Pierre-Alexandre Kopp, professeur d’économie à la Sorbonne.

Il n’est pas question ici de remettre en question la compétence ou le sérieux de ce professeur, juste de souligner qu’il s’agit de l’affirmation d’un universitaire, qui requiert encore un long parcours d’étude et de vérification par les pairs avant d’être considéré comme une vérité. Le brandir comme étendard n’est pas forcément faux, juste un peu précipité. 

Victime ou coupable

Le problème, c’est que la stratégie choisie par ACT va engendrer, comme toujours, une culpabilisation des fumeurs. Il suffit pour s’en convaincre de faire le tour de la zone commentaires des journaux qui les relaient, par des lecteurs étrangers au sujet : le tabac ne sent pas bon, les fumeurs ne sont pas polis, en plus ils nous coûtent une fortune, qu’est-ce qu’on attend pour les punir ?

On imagine que les bonnes âmes qui s’indignent devant ces chiffres ont pris soin de les revérifier eux-mêmes. Et il va de soi que tous ceux qui reprochent aux fumeurs leur coût à la société ne boivent pas une goutte d’alcool, ne mangent jamais de junk food, font de l’exercice et respectent scrupuleusement le code de la route, bien évidemment.

Cette stratégie a tendance à faire considérer à la vox populi que le fumeur est une sorte de parasite, coupable de tous nos maux. C’est oublier que, au même titre que les drogues, le tabac est avant tout un piège tendu par une industrie sans scrupule. La différence est que celle-ci a pignon sur rue. Or les fumeurs sont à considérer pour ceux qu’ils sont, à savoir des malades prisonniers d’un piège qui s’en délivreraient volontiers si on leur proposait une solution.

On comprend, en tant que professionnels, ce qu’a voulu dire ACT, et on ne peut que se ranger à leur avis. D’ailleurs, ACT signale qu’aucun des grands géants du tabac ne s’acquitte d’impôts en France, constat que nous ne pouvons que partager et déplorer. Mais ce qui pêche, ce n’est pas le fond, mais la forme. Et un petit goût d’inachevé, puisque ACT ne dit pas ce qu’on fait après avoir augmenté le prix du paquet.

Pourtant, des solutions existent. Il y en a même une qui ne semble pas devoir poser de risque en termes de santé publique, s’avère extrêmement efficace, et, cerise sur le gâteau, ne coûte pas un sou au contribuable. Au contraire, elle rapporte même de l’argent, en payant ses impôts en France, en créant de l’emploi et en contribuant à la croissance : la vape indépendante.

Parce que dénoncer, c’est très bien, inciter, c’est encore mieux, mais sans une solution au bout, cela reste vain.

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de la rédaction.

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