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Suisse : le vapotage pour éteindre le feu

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La Fédération des professionnels des addictions suisse appelle à «réorienter la politique anti-tabac vers une politique anti-combustion», reconnaissant le vapotage comme instrument de réduction des risques, et les autorités «à passer aux actes». Helvetic Vape apprécie la prise de position.

Le GREA appelle une nouvelle approche de la lutte contre le tabagisme

Le vapotage doit être reconnu comme instrument de réduction des risques, la vente de liquides nicotinés doit être autorisée et le passage de la fumée au vapotage est à encourager auprès des fumeurs“. Lancé ce matin, l’appel de la Fédération des professionnels des addictions rompt avec la politique hostile aux alternatives à méfaits réduits des cigarettes. Le Groupe Romand d’Études sur les Addictions (GREA), Fachverband Sucht et Ticino Addiction se sont unis pour proposer de «changer de politique sur le tabac».

Avec 9.500 décès estimés par an, le tabagisme est la première cause de mortalité prématurée évitable en Suisse. “Les politiques tabac ont pour l’instant échoué à juguler ces décès et les dommages sanitaires et économiques associés. Or, il existe des alternatives à la combustion : vapotage, vaporisateurs ou snus, expliquent les trois organisations régionales.

Éteindre le feu

En somme, il est temps «d’éteindre le feu». Car depuis 2008, le tabagisme Suisse se maintient sans baisse significative à plus de 25% de la population. “La politique qui a prévalu jusqu’à présent visait uniquement l’abstinence. Elle doit être complétée absolument par des objectifs et des mesures de réduction des risques”, appuie Célestine Perissinotto du GREA. Parmi les moyens à disposition, le vapotage est “la forme de consommation la plus probante de réduction des risques pour les personnes qui consomment déjà des produits de tabac fumés” pour les professionnels.

Les rapports du Public Health England et du Royal College of Physicians évaluent “à au moins 95% la réduction des méfaits avec le vapotage par rapport aux cigarettes“, rappelle, parmi d’autres références scientifiques, le Factsheet des organisations. Pourtant malgré le corpus d’études croissant en faveur de l’impact de réduction des méfaits de la vape, les autorités suisses interdisent toujours la vente de liquides nicotinés. Protégeant de fait le tabagisme. “Le manque d’information, d’une réglementation claire et de volonté des autorités d’encourager la transition de la combustion au vapotage hypothèquent tous les effets positifs que l’on pourrait en retirer“, déplore la fédération.

Les autorités doivent passer aux actes

Dans l’optique de sortir de l’ornière, les professionnels proposent cinq axes pour une nouvelle politique anti-combustion «qu’il s’agisse de consommation de tabac ou de cannabinoïdes». En plus d’intégrer le pilier de la réduction des méfaits, les autorités devraient communiquer de suite activement sur le vapotage. «Cela est prévu par la nouvelle stratégie nationale des addictions. La Confédération doit passer aux actes», insistent les trois organisations. Elles revendiquent aussi le financement de recherches indépendantes sur les moyens de réduire les méfaits du tabagisme dont les résultats devront être rendus publics.

Distinguer combustion et vapotage

Au niveau législatif, “dans le cadre d’une politique des addictions cohérente, une réglementation différenciée doit distinguer la combustion du vapotage“, précisent les professionnels. Actuellement, les services de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) planchent sur un nouveau projet de loi sur les produits du tabac (LPTab) après le rejet logique du parlement d’une première proposition bancale.

Entendre les consommateurs”

Dans le débat qui s’annonce, les professionnels des addictions font appel aux différents acteurs politiques à tous les échelons et aux professionnels de santé. La fédération espère aussi que “les consommateurs soient entendus dans l’élaboration des mesures de réductions des risques“.

Les usagers réjouis

Du coté des usagers justement, Helvetic Vape accueille très positivement cet appel. Contacté par nos soins, le Président de l’association Olivier Théraulaz y voit une avancée importante pour une collaboration pragmatique et efficace entre parties prenantes.

Une révolution sanitaire est un mouvement social porté par les usagers.

En attendant d’autres réactions, il rappelle le rôle clef des utilisateurs dans l’essor du moyen de sortie du tabagisme le plus populaire. “Depuis dix ans, cette révolution sanitaire est un mouvement social porté par les usagers, malgré l’opposition acharnée d’intérêts économiques conservateurs. Le statu-quo, dont seuls les lobbys du tabac et de la pharma ressortent gagnants, n’est plus une option défendable“.