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Sous coke, un saumon…

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Vous connaissez les prix Ig Nobel ? Ce sont ceux qui récompensent les études scientifiques les plus… Créatives, disons. Et l’auteur de l’article du vendredi parierait bien un billet sur une publication qui s’intéresse à des junkies particuliers.

Maki qui a fait ça ?

Le saumon est un poisson sympathique. Le naturaliste admirera sa capacité à remonter le torrent à contre‑courant pour aller se reproduire, alors que certains humains se plaignent lorsque l’ascenseur de l’hôtel est en panne.

Le cuisinier préférera ses qualités culinaires : fumé, cru, en maki ou en tartare, juste poêlé avec un filet d’huile d’olive et une noix de beurre, sel, poivre, rien de plus. Le saumon est un poisson qui n’a presque aucun défaut.

Qui n’a aucun défaut, corrigeons : le saumon n’est absolument pas responsable de son prix à l’étal du poissonnier.

C’est donc tout naturellement que des chercheurs, des scientifiques, des vrais, qui ont fait des études et obtenu des diplômes inaccessibles au commun des mortels, ont regardé des saumons et se sont dit « il faut qu’on leur donne de la coke ».

Et après, les chercheurs se plaignent qu’on les caricature en savants fous façon Docteur Frankenstein, parce que c’est le scientifique dans le livre de Mary Shelley, la créature, elle, n’a pas de nom. Et on a envie de leur dire « mais, les gars, les filles, vous filez de la coke à des saumons ! ».

« Et alors ? » Rétorqueraient‑ils sans doute, « vous voulez quoi ? Vous préféreriez qu’on en donne à un grand requin blanc ? Mais vous êtes totalement inconscient, ma foi ! ».

La science sur les rails

Et ils n’ont pas totalement tort, vous imaginez « Les dents de la mer » si Bruce avait été sous cocaïne ? Parce que oui, le requin du film de Spielberg a un nom, contrairement à la créature de Frankenstein qui n’en a toujours pas. Ce monde est injuste.

Mais tout est vrai : dans le cadre d’une étude, des scientifiques ont donné de la cocaïne à des saumons et ont constaté que ceux‑ci nageaient 1,9 fois plus que les saumons abstinents. Et, en écrivant ceci, je ressens quelque chose de curieux, un mélange de perplexité et de satisfaction professionnelle.

En effet, tout journaliste sait que, s’il a envie d’écrire quelque chose de farfelu, il doit traîner du côté du tribunal correctionnel. Là, à force de patience, il obtiendra un sujet d’article commençant par « ivre, il… ».

Parce que les gens font des dingueries quand ils sont sous l’emprise de l’alcool, ce qui donne les articles les plus drôles du journal. Quand un journaliste commence son article par « ivre, il… », le lecteur n’est jamais déçu. Plus rares, en revanche, sont ceux qui ont eu la chance de pouvoir écrire « sous coke, un saumon… ».

Indubitablement, cette étude existe, et elle a sans doute tué le suspens pour l’attribution des prochains prix Ig Nobel. Il sera bien mérité. C’est un papier conjoint signé de chercheurs suédois et australiens. Forcément, des Australiens

J’ai de la bonne pollution

Bien entendu, il y a un prétexte à cela : l’étude vise à étudier comment la pollution par cocaïne impacte l’écosystème.

Normalement, à ce stade, vous vous exclamerez, comme votre serviteur avant vous, « la pollution par cocaïne ? ». Oui. Gardez à l’esprit que des Australiens sont dans le coup et que des rivières saturées de drogue n’ont sans doute rien d’étonnant chez eux.

Quand votre pays tout entier essaie de vous tuer de 177 façons différentes simplement quand vous allez à l’épicerie acheter un paquet de pain de mie, rien d’étonnant à imaginer un drogué local prélevant de l’eau à l’aide d’une seringue dans une mare d’eau croupie et se l’injecter directement pour se faire un fixe.

Et c’est là qu’on voit toute la logique tordue de cette étude : pour étudier la pollution à la cocaïne des rivières, certainement marginale, on va donner de la cocaïne à des saumons. Qui vivent dans des rivières. Et avec quoi ils vont la sniffer, leur coke ? Avec des pailles en plastique. Et quelle est la plus grosse source de pollution de l’eau dans le monde ? Le plastique, exactement.

Plus sérieusement, les chercheurs expliquent que la pollution des eaux aux médicaments gagne en intensité et pose de vrais problèmes de biodiversité. Certes, mais les saumons n’y sont pour rien.

La prochaine fois que vous entendrez une souris se plaindre qu’on l’oblige, pour une étude, à vapoter, rappelez‑lui ce qu’on fait aux saumons. Et si une d’entre elles rétorque « ouais, mais eux, au moins, ils s’amusent », envoyez‑la à un ami à moi. Il fait une étude sur les effets du cannabis sur le cerveau reptilien ; il a des serpents sous foncedalle.

Pour conclure, si d’aventure vous veniez à voir un slogan apparaître, comme, par exemple, « tu manques d’énergie ? Mange des makis », vous saurez que ce n’est peut‑être pas de la publicité mensongère. Mais à vos risques et périls.

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