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Pourquoi la vape ne peut plus perdre la guerre (et ce qui se passera ensuite)

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Le 8 mai commémore la fin de la seconde guerre mondiale. Si celle-ci s’est achevée en 1945, son issue était déterminée depuis 1944. Et si, dans la grande bataille contre le tabac, la victoire décisive avait déjà été remportée ?

D’Avranches à Berlin

Churchill, Roosevelt et Staline à Yalta

Si la seconde guerre mondiale, en Europe, du moins, s’est achevée par la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945, l’issue de la seconde guerre mondiale s’est jouée en 1944. Non pas en juin, d’ailleurs : le débarquement n’a pas été la clé du succès, qui s’est joué dans les semaines qui ont suivi.

C’est la percée d’Avranches, le 31 juillet 1944, au terme de l’opération Cobra, qui fut décisive : l’armée américaine réussit à percer les lignes ennemies, s’ouvrant la voie vers la Bretagne, Paris, et acculant le gros des troupes Allemandes. L’enjeu des batailles qui suivirent, sur le front de l’est et le front de l’ouest, était celui de la forme que prendrait cette issue.

L’Allemagne escomptait user suffisamment les alliés pour qu’une fois la France libérée, ceux-ci n’aient pas les forces d’envahir l’Allemagne. Les Alliés, eux, pensaient déjà à l’après, et notamment au partage de l’Europe, qui se jouerait finalement à Yalta. La dernière année servit à cela : les alliés avaient gagné, mais il fallait déterminer jusqu’à quel point ils avaient gagnés. L’issue, on la connaît, fut la victoire totale, suivie de la conférence de Yalta où Churchill, Roosevelt et Staline se partagèrent le monde.

Mais, si par une audacieuse analogie, la vape se retrouvait dans la même situation ? Si elle avait déjà gagné la guerre, et qu’il restait à déterminer l’étendue de sa victoire ?

Pourquoi la vape a gagné

On peut affirmer sans conteste que la vape a gagné. Même si le tableau semble sombre et que la majorité du grand public n’en a pas une bonne image. La première chose à retenir, c’est que la majorité du grand public ne fume pas, et que le tabac a une image bien pire encore.

La vape a gagné, tout d’abord, parce que le nombre de vapoteurs qui ont réussi à arrêter la cigarette grâce à la vape a atteint un seuil critique. Un fumeur qui, aujourd’hui, tenterait d’arrêter de fumer en passant à la vape et qui n’y arriverait pas, ne peut plus dire que ça ne fonctionne pas. Le maillage de vapoteurs est suffisant pour qu’il en ait plusieurs dans son entourage, familial, amical professionnel, qui aient réussi. Si plusieurs essaient et qu’un seul échoue, l’argument du “ça ne marche pas” ne tient plus.

La vape a gagné, ensuite, parce que, parfois avec l’aide involontaire de ses opposants, elle est devenue suffisamment normée pour offrir un profil rassurant. A ceux qui disent aujourd’hui qu’on ne sait pas ce qu’il y a dedans, on peut rétorquer que, non seulement, si, on sait exactement ce qu’il y a dedans, mais qu’en plus, il n’est pas permis de mettre n’importe quoi sur le marché. Du moins, dans les flacons nicotinés.

La vape a gagné, enfin, parce qu’elle s’est constituée comme acteur économique de plein droit. Le Petit Vapoteur, VDLV, Gaïatrend, pour n’en citer que trois (et il y en a beaucoup, beaucoup d’autres) ont un impact direct, réel et constatable sur leur environnement économique immédiat : fournisseurs d’emballages, de machines-outils, transporteurs, fournisseurs divers… Sans compter les emplois créés dans leur bassin. La disparition soudaine de ces entreprises du paysage en mettrait d’autres en péril.

Le Yalta de la vape

On le voit : à moins d’une forfaiture ou d’une trahison trop visible, plus personne ne peut endiguer le phénomène. Du moins, dans les pays leaders que sont le Royaume-Uni et la France. Aux USA, la situation est un peu plus compliquée que ça… Mais la concrétisation des rêves les plus fous des opposants à la vape US ne parviendraient sans doute pas à l’annihiler, plutôt à créer un marché parallèle, autrement dit, un remède pire que le mal de leur point de vue. Pourtant, la prohibition, ils ont déjà essayé.

Les cigarettiers l’ont bien compris, preuve en est la multiplication des stratégies pour essayer de se faire massivement une place dans la vape. Pour autant, il ne faut pas oublier que ce sont des colosses aux pieds d’argiles, et que leur capacité financière est corrélée à d’immenses besoins de rentrées d’argent frais, pour satisfaire les actionnaires. Les ventes de cigarettes baissent rapidement, et si les ventes de produits du vapotage ne suivent pas pour compenser, alors un vrai problème se posera à eux. L’observateur attentif décèlera d’ailleurs des signes de fébrilité dans certaines de leurs actions.

Les buralistes en ont ressenti le choc plus durement que quiconque. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux essaient de faire de leur bourreau un sauveur, en prenant le train en marche. Il leur reste à comprendre que tant qu’ils continueront à arborer une carotte au fronton de leurs échoppes et à vendre du tabac, ils ne bénéficieront pas pleinement de la vape.

Les états sont dans une position plus compliquée : entre méfiance et intérêts divergents, ils sont souvent devant le vapotage comme une poule devant un couteau. Mais face à une filière organisée et structurée, dotée d’un poids économique mesurable, ils doivent composer.

Le vapotage ne peut plus perdre la guerre contre le tabagisme, même si on ne peut pas encore dire quand la victoire finale surviendra. Mais déjà le Yalta de la vape a commencé : l’industrie du tabac, la pharmacie, les buralistes et les états réfléchissent déjà au moyen de prendre la plus grosse part du gâteau. La vape indépendante est dans la même position que De Gaulle à l’époque : tenue à l’écart, elle doit rappeler la constance et l’efficacité de son action de résistance, et prier pour que ça ne se passe pas trop mal.

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de la rédaction.

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