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Les scientifiques travaillant pour Big Tobacco de plus en plus mis sur la touche

Mis à jour le 7/09/2022 à 21h24
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Plusieurs organismes de santé ont annoncé que les scientifiques travaillant pour une entreprise appartenant à l’industrie du tabac ne pourraient plus publier dans leurs revues.

Pour eux, se faire entendre devient compliqué

Photo d'une scientifiqueL’affaire avait fait couler beaucoup d’encre. En juillet 2021, le géant du tabac Philip Morris International annonçait l’achat à 75 % du fabricant britannique d’inhalateurs médicaux Vectura. À peine l’information rendue publique, de nombreuses voix s’élevaient contre cette opération financière, que beaucoup estimaient contre toute éthique. Il faut dire qu’une partie de l’activité de Vectura étant de vendre des produits destinés à soigner certaines maladies dues au tabagisme, son rachat par un industriel du tabac pose question. À l’époque, Sarah Woolnough, directrice de l’ONG Asthma UK et de la British Lung Foundation, alertait sur les incitations perverses pour Philip Morris International pour qu’il vende plus de ses produits dangereux afin d’en tirer ensuite profit à travers les traitements contre les maladies liées au tabagisme. Sans manquer de souligner le fait que ce rachat pourrait pousser à l’exclusion de la société des réseaux de recherche. 

Il y a quelques jours, ce dernier point s’est justement vérifié. 6 organismes de santé, dont l’American Thoracic Society (ATS), l’European Respiratory Society et The International Union Against Tuberculosis and Lung Disease [N.D.L.R. cette dernière est financée par Bloomberg), ont publié une déclaration commune expliquant que désormais, les employés des entreprises appartenant à l’industrie du tabac ne seront pas autorisés à publier dans les revues de ces organismes ni à faire des présentations lors des réunions. Ils ont aussi recommandé aux patients de ne pas utiliser les produits nouvellement développés par ces sociétés, désormais sous contrôle de Big Tobacco. 

Si depuis plus de 10 ans maintenant, ces organismes n’acceptaient plus les chercheurs directement financés par l’industrie du tabac, cette interdiction est désormais élargie aux scientifiques exerçant pour des entreprises sous leur contrôle, qu’il soit direct ou non. 

Moira Gilchrist, vice-présidente de la communication stratégique et scientifique de PMI à Lausanne, indique que l’entreprise accueille et encourage ouvertement les critiques et les débats légitimes sur la transformation du cigarettier, mais indique que cela ne doit pas pour autant se transformer en ostracisme actif à l’égard des scientifiques.

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