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La vape ne fait pas son âge

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Il est assez fascinant de voir la vision qu’ont les vapoteurs de la vape. Il n’est pas question ici de la fraction surinformée et militante qui parcours les réseaux sociaux en long, en large et en travers, mais des vapoteurs du quotidien, « monsieur et madame tout le monde », pour qui la vape est juste un substitut à leur cigarette.

On n’a pas encore de recul

C’est une conversation en magasin qui m’a mis la puce l’oreille : un couple, mari et femme, sportifs, cadres tous les deux, bref, un bon niveau socio-économique et culturel, qui m’expliquaient qu’ils pariaient sur la vape bien qu’on n’en connaisse pas encore les effets à long terme. Je leur répondis, sur le même ton courtois du bavardage, qu’on commençait à se faire une petite idée, quand même.

Ce sur quoi, la femme, étonnée, me demande « En si peu de temps ? ». Saisi d’un doute, je leur demande depuis combien de temps ils pensent que la vape existe. L’épouse me répond « Deux ou trois ans ? » et son mari complète « oui, j’aurais dit ça aussi, quatre maximum ».

Autant dire qu’ils tombèrent des nues lorsque je leur parlai de Hon Lik qui avait déposé son brevet en 2003. Je n’ai pas voulu parler de Herbert A. Gilbert, pour ne pas sembler vouloir les humilier avec l’année 1963.

Pendant quelques jours, je me suis amusé à sonder quelques clients pris au hasard, dans toutes les catégories d’âge. Sonder est un bien grand mot : ma méthode relevait plus du pifomètre que des échantillons représentatifs.

Parmi les vapoteurs « standard », c’est à dire ceux qui ont acheté une vape pour arrêter de fumer, en sont généralement contents, mais ne sont pas plus passionnés que cela par le sujet, l’invention de la vape était située dans un passé allant de trois à sept ans, maximum.

Chez les plus jeunes, ça variait. Mon plus jeune client, 18 ans et une semaine, m’a d’ailleurs fait cette réponse magique « ça n’a pas toujours existé ? ». Non, et c’est dommage, parce qu’on aurait évité un carnage.

Naissance avec la presse

Ce qui est intéressant, c’est de réaliser que le grand public a réellement pris connaissance de l’existence de la vape avec les premiers articles consacrés au sujet. Et dont les thèmes étaient « on ne sait pas ce qu’il y a dedans », « les effets à long terme inquiètent les experts » etc.

Si la vape telle que la pratiquent les plus anciens vapoteurs date effectivement d’une douzaine d’années, l’explosion du marché de la vape qui a donné la situation que nous connaissons aujourd’hui est concomitante aux premiers articles dubitatifs, qui sont aussi, dans l’esprit du public, le point de départ du phénomène.

Voilà pourquoi il est compliqué d’expliquer au grand public que, certes, nous n’avons pas LE recul, mais on a UN recul qui est déjà suffisant pour se permettre d’affirmer certaines choses. Comme les fameux « 95 % moins dangereux que la cigarette tabac » pour lequel on n’a jamais été proche d’un consensus scientifique. Ce qui ne sera pas rien.

La vape ne fait pas son âge. C’est aussi, peut-être, en partie la faute des boutiques, avec un décorum et un personnel un peu trop geek pour inspirer l’idée de maturité. Une question que je pose là, et à laquelle je vous invite à réfléchir.

Mais l’essentiel du propos n’est pas là. Ce qu’il faut faire, avant de corriger une idée fausse sur la vape, c’est de s’assurer de l’état des connaissances de son interlocuteur. Les études, les preuves, le consensus scientifique, tout cela n’aura pas d’impact sur lui si, avant toute chose, on ne lui rappelle pas que la vape est plus ancienne que le smartphone, qu’elle a le même âge que les boxs internet et qu’elle est deux fois plus vieille que la première tablette tactile commercialisée. Voilà qui devrait remettre les choses en perspective.

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