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Emprisonnée en Thaïlande pour avoir vapé : et alors ?

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L’affaire a fait grand bruit : une touriste française, de passage en Thaïlande, a été arrêtée, emprisonnée et a dû s’acquitter d’une amende. Son crime ? Avoir vapé. L’occasion de remettre sur la table quelques considérations un peu galvaudées, par les temps qui courent.

Midnight Express, ou presque

La jeune femme est traumatisée, nous explique l’article de Nice Matin qui traite de l’affaire. On l’imagine prostrée, le regard perdu dans le vide, dans la boulangerie familiale où la jeune femme a trouvé refuge, en France, après avoir, selon elle “vécu l’enfer” en Thaïlande.

Une pauvre française arrêtée en Thailande pour avoir vapoté, et condamnée à une amande de 23 euros.

Arrêtée en pleine rue, puis, après un “simulacre de procès”, selon le journaliste, du moins on le suppose, puisque l’expression n’est pas entre guillemets, emprisonnée et condamnée à une amende de 23 euros, la jeune femme a pu regagner la France, sa dette payée à la société Thaïlandaise, où elle s’est largement épanchée auprès de la presse, ruinée et traumatisée.

On suppose bien entendu que le journaliste, pour s’être permis d’écrire “simulacre de procès”, était présent sur place, et y a assisté, après s’être fait expliquer par un avocat local le droit et la procédure judiciaire Thaïlandaise. Evidemment. Il ne se serait pas, en bon professionnel, permis d’écrire que le procès était un “simulacre” uniquement en se basant sur les déclarations d’une condamnée amère. N’est-ce pas ? 

Sinon, ça va, les gars, les filles, à la cool ou bien ? Pardon, je suis trivial, mais si vous le permettez, je vais raconter à nouveau l’affaire, sous un angle légaliste, cette fois-ci. Vous allez voir, ce n’est pas la même.

Midnight moins le quart Express

Sauf que, d’après les conventions internationales, c’est juste une délinquante de droit commun. 

Une touriste française se rend dans un pays étranger, la Thaïlande, nation souveraine, par définition dotée d’une constitution et d’un système législatif. Ne s’étant pas au préalable donné la peine de se renseigner sur les lois en vigueur auprès du consulat, elle commet un délit. Des policiers dûment assermentés, constatant l’infraction, procèdent à son arrestation, la défèrent devant les tribunaux, qui opèrent selon la procédure en vigueur dans ce pays, et condamnent la délinquante, puisque c’est bien de cela dont il s’agit.

Revenue en France, elle trouve une oreille compatissante et affirme avec force son dégoût de n’avoir pas pu impunément violer la loi Thaïlandaise.

Renseignements pris auprès du consulat de Thaïlande, le “simulacre de procès” de la jeune femme s’est avéré être juste une procédure de comparution immédiate devant un tribunal de police dans le cadre d’un flagrant délit. Du moins, son équivalent en droit Thaïlandais. Nous avons le même genre de procédures en France. 

Ça change, n’est il pas ?

Petit cours de souveraineté nationale

La vape est interdite en Thaïlande. On est d’accord, ce n’est pas une bonne chose pour eux.

La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle depuis 1932. Le pays a changé de nom en 1938, puisqu’il s’appelait auparavant royaume de Siam. Même si son histoire politique a été compliquée, et qu’elle l’est toujours aujourd’hui, c’est un pays souverain.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Cela signifie que le pays décide, démocratiquement puisque c’est une démocratie, des lois qui s’appliquent à l’intérieur de ses frontières. Il décide également de qui peut pénétrer sur son territoire, et impose un contrat tacite selon lequel les personnes présentes sur son territoire respectent la législation en vigueur pendant leur séjour.

Ce n’est pas spécifique à la Thaïlande, d’ailleurs. C’est une constante universelle. A laquelle il faut ajouter l’adage, lui aussi universel “nul n’est censé ignorer la loi”.

Mais il n’empêche : la Thaïlande est un état souverain, et qui s’y rend doit en respecter la loi. 

Alors, oui, la vape est interdite en Thaïlande, et c’est peu dire que nous n’éprouvons pas de ravissement devant cette législation. Néanmoins, si nous nous rendons en Thaïlande, nous respecterons la loi. Il existe un moyen de ne pas avoir à respecter cela : ne pas aller en Thaïlande. Il existe d’autres pays, très jolis aussi, où vous pouvez vaper. On vous aide à en trouver ici.

Tenez, moi, je n’ai jamais réussi à rouler à gauche. Si j’allais à Londres en voiture, décidait de continuer à rouler à droite, que la police anglaise m’arrêtait et que la justice anglaise me sanctionnait, et qu’une fois de retour en France, j’allais me plaindre à la pesse de la façon indigne dont j’ai été traité, que croyez-vous qu’il arriverait ? Pourquoi ce serait différent avec la vape ?

Et à quel titre être un touriste conférerait-il un statut d’exception ? Dans n’importe quel pays, la population trouverait anormal que les étrangers soient dispensés du respect des même lois que les autochtones.

Un cas exemplaire

Cette affaire est exemplaire à plus d’un titre.

Esprit totalitaire persuadé que son opinion est la vérité, relent colonialiste, cette histoire est édifiante.

Elle démontre, tout d’abord, l’esprit totalitaire de plus en plus répandu dans notre société. Nombre d’entre nous ont adopté des modes de vie spécifiques : être vapoteur, végétalien, chasseur, porteur de polo… Et si, il faut le souligner, la majorité de chaque catégorie cherche à convaincre et dialoguer en expliquant, il existe des minorités agissantes qui considèrent qu’elles ont raison, et que tout le monde devrait vivre à leur façon.

Ajoutez à cela un soupçon de vieilles habitudes colonialistes, et vous obtenez une affaire comme celle-ci.

Elle démontre ensuite la perception tronquée de souveraineté nationale dans le contexte européen, mais approfondir serait s’aventurer en politique, et ce n’est pas l’objet. Juste, il est bon de se rappeler que certains pays sont encore libre de faire ce qu’ils veulent chez eux.

Elle démontre, enfin, l’exceptionnelle qualité de la communauté des vapoteurs : le commentaire le plus répandu sur les réseaux sociaux était “De quoi se plaint-elle, c’est interdit, elle a joué, elle a perdu”. En un mot, des réactions saines. Bravo. 

Bref, un pétard mouillé pour cette jeune femme, qui, en plus d’avoir ignoré la précaution élémentaire de s’être renseignée sur la législation en vigueur dans son pays de destination, démontre qu’elle n’a rien appris de ses erreurs.

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