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Vape belge : une belle brochette de cocus

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Les vapoteurs belges viennent, coup sur coup, de subir deux décisions de justice qui ne vont pas dans leur sens. Le refus de la justice de reconsidérer l’arrêté royal contre la vape, qui a même été confirmé, et l’interdiction d’acheter en ligne à l’étranger. Deux décisions qui en disent beaucoup et qui ont échappées aux principaux intéressés.

Deux décisions de justice

Ce mois d’octobre a donc vu la conclusion de deux affaires judiciaires éloignées l’une de l’autre, mais portant toutes les deux sur la vape et qui vont impacter les vapoteurs belges. La première était la contestation de l’arrêté royal sur le tabac par l’Union belge pour la vape (UBV-DBD), et le second l’accusation de concurrence déloyale contre Le Petit Vapoteur par Alter Smoke.

L’UBV contestait devant les tribunaux l’assimilation de la vape au tabac et l’interdiction des ventes en ligne. Cette action, très onéreuse, avait été permise grâce à un financement participatif.

Les tribunaux belges ont donc tranché : la demande de l’UBV a été rejetée, confirmant par la même occasion la validité de l’arrêté. L’association a été condamnée à verser 700 euros au titre du débours, pour indemniser les frais de justice de l’état.

L’affaire LPV/Alter Smoke

L’autre affaire portait sur Le Petit Vapoteur, accusé de concurrence déloyale par LB Retail, filiale de la société Alter Smoke. Pour faire simple, la vente en ligne étant interdite en Belgique, les vapoteurs du plat pays de Brel commandaient en France, chez LPV. Alter Smoke, un réseau de boutiques physiques en Belgique, a porté plainte, arguant du fait que c’était constitutif d’une concurrence déloyale, puisqu’elle n’avait pas les mêmes armes que son concurrent pour lutter. Le tribunal a donné raison à la société belge, et les Français ne pourront plus livrer les vapoteurs de ce pays à partir du 29 octobre à minuit.

L’affaire pourrait paraître simple. Elle ne l’est pas, bien au contraire.

Il serait en effet facile de caricaturer en disant, ce dont beaucoup ne se sont pas privés sur les réseaux sociaux, que Alter Smoke sont les méchants de l’histoire, et qu’ils ont magnifiquement tiré contre leur camp. Ce n’est pas ainsi que je vois les choses. En réalité, nous avons juste une boutique victime d’une loi injuste qui voit un des ses confrères, dans un autre pays, et donc non soumis à cette législation, lui prendre des parts de marché, mettre en jeu sa survie, et donc, le fait de rendre accessible la vape aux primo-accédants belges. Ceci, pour schématiser.

Ce n’est pas dire que ce qu’a fait Alter Smoke est bien, mais c’est dire qu’il ne faut surtout pas le considérer comme étant mal. Ils se sont estimés menacés, ils ont répondu par le seul moyen à leur disposition.

Mais alors, c’est Le Petit Vapoteur les méchants ? Non plus. LPV a juste fait ce qu’il avait à faire : ils ont reçu des commandes d’un pays frontalier, et, en vertu du droit européen, les ont honorées. Avec en plus la satisfaction d’avoir rendu service à beaucoup. Parce que leur  place de leader qui en fait la cible toute désignée des critiques occulte un point important : à la tête du Petit Vapoteur, il y a de vrais militants de la vape.

Les fautifs, dans cette histoire, sont à chercher ailleurs. Mais, ce qui est drôle, c’est que son contexte et sa conclusion ont complètement échappé aux principaux intéressés. Il semble que, quand ça parle de vape, malgré leurs bonnes intentions affichées, ça n’intéresse pas les buralistes.

Mais ou est donc passée la septième compagnie ?

Voyons voir : qui, en France, propose le même produit qu’en Belgique et subit de plein fouet l’impact économique de règles différentes qui fausse la concurrence ? C’est en rapport avec la vape, même si ça n’a rien à voir… La réponse était écrite plus haut ? D’accord.

De quoi se plaignent les buralistes, surtout frontaliers ? De la disparité de prix entre le paquet de cigarettes en France et dans d’autres états européens. En gros, et même au prix actuel du carburant, il est plus avantageux pour le fumeur français d’aller faire le plein de tabac en Belgique que dans sa riante bourgade française.

Lesdits buralistes protestent contre cet état de fait depuis des années, et de la Confédération des Buralistes à Buralistes en Colère, ils sont unanimes, dans l’indifférence générale, et surtout celle des principaux concernés. Dont la Belgique.

Et voilà qu’un juge belge tranche en quelques semaines un conflit du même ordre dans lequel c’est une entreprise de son pays qui est désavantagée. Comme quoi, quand on veut, on peut. Et justement : on peut se demander pourquoi, dans cette Europe dont le principe constitutif est la concurrence loyale et non faussée entre les États, on peut résoudre facilement un conflit sur la vape alors que le prix du tabac pose problème depuis quarante ans sans que personne n’y fasse rien.

On peut se demander pourquoi les buralistes ont complètement laissé échapper l’affaire alors qu’on leur livrait une preuve imparable du “deux poids, deux mesures” dont ils sont victimes. Et c’est un combat que les vapoteurs pourraient soutenir avec d’autant plus d’enthousiasme qu’un paquet de cigarettes à dix euros en Belgique ferait beaucoup plus en faveur de la vape dans ce pays qu’interdire les quelques livraisons que Le Petit Vapoteur assurait.

Au lieu de quoi, les belges ont perdu la possibilité d’accéder au catalogue du Petit Vapoteur, cette société a perdu des clients et Alter Smoke s’est taillée une image négative un peu injuste, et, au lieu de s’en saisir pour porter le fer juste avant les élections européennes, les buralistes, comme les autres, mettront un gilet fluo sur le tableau de bord de leur voiture.

Pardon pour ceux que l’image pourrait offenser, mais le résultat de tout cela, c’est juste une belle brochette de cocus.

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de la rédaction.

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