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Marianne : soldes imbattables sur les e-liquides

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Noël, c’est la période des cadeaux, des promos, des offres spéciales. En terme de E-Liquide, le magazine Marianne bat tous les records : 2 Euros les 10 ml, et c’est généreux.

Le scoop du siècle

"Pourquoi c'est trop cher, le flacon d'e-liquide?" sur Marianne.net

“Pourquoi c’est trop cher, le flacon d’e-liquide?” sur Marianne.net

Il est parfois difficile d’être journaliste… Imaginez le désarroi de votre serviteur lorsque le magazine Marianne, qui sort à peine de sa dépression post-Sarkozy, annonce un scoop fracassant : des e-liquides de bonne qualité à deux euros.

« Mais ! Mais ! » me suis-je écrié avec pour seul public mon chien interloqué « C’est moi qui aurait dû sortir ce scoop là ! » en tant que journaliste professionnel vapoteur revendiqué.

Aurais-je été volé par House of Liquids ? Détroussé par VDLV ? Spolié par Alfaliquid ? Pillé par Fuel ? Cette joyeuse communauté des vapoteurs serait elle en réalité un marigot ou l’infamie le dispute à la cupidité ? Paranoïaque, je lorgnai mon Kayfun adoré : si le contenu était trop cher, que dire du contenant ? Allez, j’ouvre une boutique honnête : Dix euros les cinq litres de Grant’s Vanilla Custard, pour un Russian acheté 15 euros pièce, un Kraken offert, et un Provari offert pour toute commande.
Avec tout cela, je devrais connaître un succès aussi fulgurant qu’éphémère.

Pas assez cher, mon fils

L’argument du journal est le suivant : d’un côté, les buralistes se font 57 centimes d’euros de marge à chaque paquet de cigarettes vendu, alors que dans le même temps, de l’autre côté de la rue, ce petit salopiaud qui a ouvert sa boutique de cochoncetés électroniques se fait une fortune sur chaque fiole de liquide vendue, dont le coût de revient serait de quelques centimes.

Plus précisément : 5 centimes de solvant, 0,3 centimes de nicotine et un flacon Iso à 8 centimes. Plus 0,9 centimes pour la main d’œuvre. Le tout donc, avec une marge de 1,5, devrait être cédé au consommateur entre 1,5 et 2 euros, au delà, c’est du vol.
Oui, mais il existe un certain nombre d’éléments à prendre en compte dans cette comparaison entre les vendeurs de vapote et les commerçants les plus subventionnés de France.

Oui, parce qu’il est important de signaler que si les buralistes ne touchent qu’une modeste rémunération de 57 centimes par paquet vendu, ils se sont partagés un jackpot de 2,4 milliards d’euros d’aide pour compenser la perte de revenus liée à l’augmentation du prix du tabac. Perte de revenus théorique, puisque la rémunération des buralistes a augmenté de 4%. Petits joueurs ? Attendez : 4 % par an depuis neuf ans, après déduction de l’inflation. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la Cour des Comptes. Cette année, ils se partageront en plus 260 millions d’euros de remise supplémentaires par les cigarettiers, que l’état à autorisé. Deux milliards six cent millions à se partager à un peu moins de 27 000.

Pendant ce temps là, la e-cig…

Pendant ce temps là, le petit gars tout seul qui a ouvert sa boutique de cigarettes électronique touche royalement ses quatre euros sur un flacon de e-liquide. 4 euros ? On reviendra. Il a dû embaucher des collaborateurs : oui, c’est ballot, mais en moyenne, il passe une demi-heure à s’occuper de chaque client qui entre dans sa boutique pour la première fois. Puis, après, en moyenne cinq minutes pour chacun.
Il vous consacre combien de temps, votre buraliste ? Dix secondes ? Quinze ? Allez, trente avec le Loto.

Mais surtout, le commerçant qui vend de la e-cig, le vrai, le bon, le pur, le dur, le tatoué, il vend de la e-cig. Il vend pas des cigarettes, des briquets, des jeux à gratter, le Loto, des timbres fiscaux, des bonbons, des journaux, dépôt de pain le dimanche, deux demis et toi tu bois quoi ? Quand il a en plus un bistrot.

Non, il vend des cigarettes électroniques, point barre. Avec ça, il doit payer son loyer, ses employés, son stock, ses charges diverses et variées, et essayer de se gratter un salaire, sans un sou de subventions et avec le sourire.

Mais ce n’est pas ça qui lui coûte le plus cher, ce qui lui coûte le plus cher, ce sont les calmants : entre les taxes habituelles des commerçants (pour payer les deux milliards quatre cent millions aux buralistes) PLUS la ministre de la santé qui veut sa peau PLUS l’Europe qui veut sa peau PLUS le buraliste d’en face, avec ses avocats, qui veulent sa peau, PLUS la presse qui raconte généralement n’importe quoi et qui veut sa peau aussi, parce que ça fait vendre plus de papier, PLUS l’instabilité générale que cela crée, il y a de quoi attrape un ulcère.

Et le fabricant

Mais au fait, ce revendeur de e-cig, il paie vraiment sa fiole vendue 6 euros (j’arrondis) moins de 40 centimes au producteur ? Non, évidemment. Parce qu’il est vrai que, si on trouve du solvant et de la nicotine pas chère en quantité, il vaut mieux, pour mettre ses arômes en valeur, prendre de la bonne glycérine végétale, du bon propylène glycol, de la nicotine pharmaceutique, et faire tester ses produits par un labo indépendant ou deux, histoire de certifier que ce qui est écrit sur le flacon est bien ce qu’il se trouve dans le flacon. Et ça, c’est pas cadeau. Et puis, il existe combien de producteurs industriels en France ?

Disons le : de producteurs capables d’embouteiller chaque jour assez de liquide pour que les leurs propres fournisseurs leurs consentent des remises sur la matière première équivalentes à celles qu’elles feraient à un producteur de tabac ? Sans citer de noms, je dirai deux, trois peut être ? Chacun avec une gamme de plusieurs dizaines de produits, dosés différemment, qui tous ont fait l’étude de recherches complexes.
Le reste des liquides est produit en quantités insuffisantes, donc plus ou moins rare, donc cher. Dites à un vapoteur fou de Vanilla Custard qu’au delà de deux euros la fiole de 10ml il ne devrait pas en acheter, il vous regardera comme si vous étiez fou. D’ailleurs, si vous le lui dites, vous êtes très certainement fou à lier.

Dernière chose : disons que deux fioles de 10 ml équivalent à une cartouche de cigarette. Ca fait douze euros contre 70. On économise donc 58 euros, plus les frais médicaux pour les petites cochoncetés qu’on attrape, plus les frais d’obsèques lorsque le cancer a dit son dernier mot (2500 euros, et encore, je vous fait un prix d’amis).
58 euros et vingt ans de gagnés : même dans l’hypothèse ou votre vendeur d’e-liquide vous arnaquerait, l’opération resterait encore largement rentable. C’est le prix d’un abonnement à Marianne, qui n’est pas non plus une arnaque.


Source : http://www.marianne.net/Pourquoi-c-est-trop-cher-le-flacon-d-e-liquide_a234288.html

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