Un diffuseur sans nicotine aux plantes qui promet d’aider à arrêter de fumer ? C’est le nouveau discours de Mymoodz Zéro. Mais derrière ces promesses, que vaut vraiment ce dispositif ?

Ce qu’il faut retenir
  • Mymoodz Zéro, un diffuseur sans nicotine aux plantes, est désormais présenté comme une aide pour arrêter de fumer, ce qu’il ne revendiquait pas en 2025.
  • Aucun de ses cinq ingrédients (kudzu, menthe poivrée, lavande, poivre noir, petitgrain bigarade) n’a été évalué pour l’arrêt du tabac sous forme chauffée et inhalée.
  • Les chiffres avancés par la marque (94 % et 93 % de réussite) ne sont accompagnés d’aucune source ni méthodologie.
  • Le site présente de nombreuses incohérences : nombre d’avis, notes, nombre de clients, autonomie du pod.
  • Les huit photos de « clients vérifiés » que nous avons testées portent le filigrane d’une intelligence artificielle et un nom de fichier au format de la plateforme Higgsfield.

Article mis à jour le 12 octobre 2026 : lors de notre premier avis, en juin 2025, le Zéro était présenté comme un dispositif d’aromathérapie à base d’extraits de framboise, de rose et de vitamines, sans revendication d’aide à l’arrêt du tabac. Depuis, la marque a changé sa formule et son discours.

Un vaporisateur pour arrêter de fumer… ou une fausse bonne idée ?

En 2026, Mymoodz a profondément remanié son site internet.

Après Sasillia, la paille en inox qui prétend aider à arrêter de fumer, Oui’garette, les cigarettes sans tabac, le bracelet Glame, la paille en bois My Pipo, ou encore le pod Breez, nous reparlons aujourd’hui de Mymoodz Zéro, le vaporisateur personnel sans nicotine qui serait particulièrement efficace pour le sevrage tabagique.

Si Mymoodz ne se présentait pas directement comme une aide pour arrêter de fumer à l’origine, aujourd’hui, le sevrage tabagique fait partie intégrante de son discours marketing. La page d’accueil proclame « Arrêtez de fumer avec MYMOODZ » et présente même un calendrier en quatre étapes :

  • Dès le premier jour, garder le geste ;
  • Autour du troisième jour, les automatismes reculent ;
  • Vers la deuxième semaine, le manque s’apaise ;
  • Et après un mois, une routine saine s’est installée.

Mymoodz s’est même offert le luxe de proposer une application mobile « qui suit vos progrès, vos économies et vos victoires, jour après jour ».

Mymoodz s’accompagne désormais d’une application mobile pour aider à arrêter de fumer

Des ingrédients dont les effets, chauffés et inhalés, restent mal connus

La composition du pod Mymoodz a également changé. Auparavant, le liquide contenu dans les cartouches de rechargement contenait des extraits de framboise, de rose, et des vitamines B6, B12 et C. Désormais, le produit serait composé d’une « base végétale qui transporte cinq plantes » : du kudzu pour « apaise[r] l’envie », de la menthe poivrée pour « la fraîcheur » et « le souffle », de la lavande en tant qu’« anti-stress », du poivre noir pour « la sensation en gorge » ainsi que du petitgrain bigarade qui « relâche les tensions quand l’envie monte ».

Aucune de ces plantes n’a pourtant été évaluée pour l’arrêt du tabac sous la forme que propose Mymoodz, c’est-à-dire chauffée par une résistance et inhalée.

Les essais cliniques sur le kudzu portent sur la consommation d’alcool, par voie orale, et non sur le tabac. Dans le principal d’entre eux, l’extrait a réduit de 34 à 57 % le nombre de verres bus par 17 gros buveurs, mais sans aucun effet sur l’envie de boire1. Un autre essai, mené sur quatre mois auprès de 49 patients alcoolodépendants, n’a trouvé aucune différence avec un placebo, ni sur l’abstinence ni sur le craving (l’envie de boire, N.D.L.R.)2.

Rien, par ailleurs, ne documente le passage des isoflavones du kudzu dans un aérosol.

Concernant la menthe poivrée, une étude de 1994 ayant fait inhaler différentes vapeurs à des fumeurs utilisait justement une cartouche menthe/menthol comme témoin : seul le poivre noir y a réduit l’envie de fumer, par rapport à la menthe comme au placebo3. Les huiles de menthe contiennent en revanche de la pulégone, une molécule cancérogène chez le rongeur, que l’organisme de régulation américain (Food and Drug Administration) a interdite comme additif alimentaire de synthèse en 2018. À partir de mesures publiées par les autorités sanitaires américaines, des chercheurs de l’université Duke ont calculé que les utilisateurs d’e-liquides à la menthe y étaient exposés à des niveaux supérieurs à ce que la FDA juge acceptable dans l’alimentation4. Rien ne permet de savoir si le pod Zéro en contient.

Le poivre noir est finalement le seul ingrédient dont l’allégation s’appuie sur une étude. Mais celle-ci date de 1994, ne portait que sur 48 fumeurs lors d’une unique séance de trois heures en laboratoire, et mesurait l’envie de fumer, pas l’arrêt du tabac3.

Pour la lavande, l’Agence européenne du médicament ne reconnaît qu’un usage traditionnel, par voie orale ou dans le bain, contre les symptômes légers de stress et pour faciliter le sommeil. Elle précise que les études disponibles comptent trop peu de patients pour établir un effet5.

Au contact de l’air, le linalol de la lavande forme en outre des hydroperoxydes reconnus comme allergènes de contact6, et l’acétate de linalyle s’est montré génotoxique in vitro7.

Quant au petitgrain bigarade, distillé à partir des feuilles d’oranger amer, une méta-analyse classe bien les huiles de Citrus aurantium parmi les plus efficaces contre l’anxiété, mais il s’agit d’essais par inhalation ambiante, et aucun ne porte sur le sevrage tabagique8.

Enfin, les études d’aromathérapie reposent généralement sur une diffusion dans une pièce ou une nébulisation à froid. Les seules données disponibles sur des terpènes chauffés à des températures de vapotage proviennent du cannabis : elles montrent la formation de composés comme l’isoprène, la méthacroléine ou le benzène, dans des proportions très dépendantes des conditions de chauffe9,10.

Des allégations sans sources

En 2025, Mymoodz se gardait de présenter le Zéro comme une aide à l’arrêt du tabac. Cette nouvelle version du site internet multiplie au contraire les promesses chiffrées.

Mymoodz affirme désormais que « 94 % tiennent après 30 jours » et que « 93 % ont réussi là où tout avait échoué ». Des chiffres dont la source et la méthodologie n’apparaissent nulle part.

Une étude publiée en 201111 a pourtant testé l’intérêt de garder le geste pour arrêter de fumer. Ses auteurs ont fourni à 120 gros fumeurs des patchs de nicotine, du bupropion (un médicament d’aide au sevrage tabagique, NDLR) et un accompagnement. La moitié d’entre eux a également reçu un inhalateur sans nicotine. Après quatre semaines, 38 % des fumeurs équipés de l’inhalateur avaient arrêté de fumer, contre 35 % sans lui. Un écart non significatif. L’inhalateur n’a fait nettement mieux que chez les fumeurs les plus attachés au geste, et moins bien chez les autres.

Même avec un traitement complet associant substitut nicotinique, médicament et suivi, les résultats restent donc très loin des 94 % revendiqués par Mymoodz pour un produit utilisé seul. Libre à vous de croire, ou non, aux chiffres avancés par Mymoodz.

De nombreuses incohérences présentes partout sur le site internet

À cette liste d’ingrédients et ces allégations qui questionnent, s’ajoutent de nombreuses incohérences présentes un peu partout sur le site de Mymoodz.

Une page affiche une note de 4,7/5 avec 10 390 avis lorsqu’une autre parle de 4,9/5 avec 1 432 avis. Notons d’ailleurs que le détail des notes affiché sur la fiche produit ne porte que sur 36 avis. Quant aux témoignages illustrés de photos, nous verrons qu’ils posent un problème bien plus sérieux.

Le nombre de clients mis en avant par le site varie lui aussi, alternant entre 30 000 et 50 000 selon les pages.

Enfin, même l’autonomie varie : jusqu’à 1 200 bouffées sur la page d’accueil, mais environ 600 par pod dans la FAQ.

Ajoutez à tous ces éléments le design du site internet qui utilise des techniques de marketing typiques visant à renforcer la perception de bonne affaire (réductions de prix temporaires, comptes à rebours, nombre de clients soi-disant en train de « regarder le produit », application mobile normalement vendue à 20 € mais exceptionnellement offerte, etc.).

Et que dire de l’image ci-dessus, censée vanter les avantages de Mymoodz pour arrêter de fumer. Selon elle, fumer une cigarette ne permettrait pas de garder le geste de… fumer une cigarette.

Des photos de clients générées par IA

Comme si tous ces éléments ne suffisaient pas, de nombreux indices laissent penser que plusieurs images du site de Mymoodz, dont les photos des témoignages clients, ont été générées à l’aide de l’intelligence artificielle.

Prenons l’image ci-dessus pour exemple. L’homme qu’on y voit tient un pod Mymoodz avec un joli coucher de soleil en arrière-plan. Mais plusieurs éléments techniques permettent de démontrer que cette « photo » a été générée à l’aide d’une intelligence artificielle.

Le nom du fichier : hf_20260210_060137_8c0bf5e0-6f80-4376-85e3-fa591642d466.jpg

Les lettres « hf » sont cohérentes avec une image générée sur Higgsfield, une plateforme qui donne accès à plusieurs modèles d’intelligence artificielle. L’image ci-dessous, générée par nos soins sur Higgsfield, porte d’ailleurs le nom : hf_20261012_152229_89e89c60-543a-44af-ad10-af127e0f8438. On y retrouve la date et l’heure de création, suivies d’un identifiant identique au numéro de tâche que Higgsfield inscrit dans le fichier lui-même. L’image présente sur le site de Mymoodz aurait donc été générée le 10 février 2026.

Les métadonnées EXIF : la plupart des fichiers image contiennent des informations techniques, en plus de l’image elle-même. Ces informations, appelées métadonnées EXIF, sont une sorte de carte d’identité de l’image.

Ce format a été créé pour les appareils photo. Lorsqu’une photo est prise avec un appareil, ou un smartphone, certaines informations sont automatiquement inscrites dans ces métadonnées : la marque et le modèle de l’appareil, la date et l’heure de la prise de vue, certains réglages (vitesse d’obturation, flash, etc.), la position GPS aussi, parfois, et le logiciel qui a traité l’image.

Une photo prise avec un smartphone contient presque toujours ces informations. Aucune des images de Mymoodz que nous avons analysées n’en possède. Si cette absence ne constitue pas une preuve formelle, puisqu’il est possible d’effacer ou de modifier ces métadonnées, elle est un indice supplémentaire.

SynthID : ce nom barbare est celui d’un filigrane invisible que Google insère dans les pixels des images générées par ses propres modèles. Contrairement aux métadonnées EXIF, il résiste aux manipulations courantes, comme la compression, le recadrage ou la capture d’écran. Son détecteur repère les contenus générés par les modèles de Google, mais aussi d’OpenAI, de NVIDIA et de Kakao.

Les témoignages mis en avant sur le site sont illustrés par des photos de « clients vérifiés ». Nous avons soumis l’une d’elles, celle de « Damien », au SynthID Detector de Google. Et l’outil y détecte le filigrane que Google insère dans les images créées ou modifiées par ses intelligences artificielles. Le fichier ne contient par ailleurs aucune des données qu’enregistre un appareil photo ou un smartphone. Et le nom de la photo du fameux Damien est… hf_20260315_023616_12579728-fe4a-4ae9-80d8-fc388be286b3_1. Autrement dit, une image générée sur Higgsfield le 15 mars 2026. Le détecteur de Google donne le même résultat pour la photo du coucher de soleil présentée plus haut.

Petit détail supplémentaire à savourer : sur la page d’accueil, un autre « Damien », lui aussi « vérifié » et lui aussi auteur d’un avis intitulé « Incroyable », arbore un visage et un témoignage complètement différents. Même chose pour « Vincent », présent sur deux pages avec deux visages distincts.

Une simple erreur isolée ? Pas vraiment, puisque toutes les photos de « clients vérifiés » échouent aux mêmes tests. 

Cette image porte le nom : hf_20260315_031129_4a965503-ee99-4609-9484-e6535e3ff991

La photo de cette cliente porte le nom : hf_20260315_031749_84f8f3c3-c6cc-47f5-bab1-301383e1dbe7

Un problème avec le détecteur, alors ? Pour le vérifier, nous lui avons soumis une photo prise avec un smartphone le 22 août 2026, et aucun filigrane n’y est détecté.

Une véritable photo prise avec un smartphone n’est pas détectée comme de l’IA, contrairement aux photos des clients de Mymoodz

Nous avons soumis au même test les cinq photos de « clients vérifiés » de la page d’accueil (Damien, Sandrine, Vincent, Kevin et Christelle). Nous vous épargnons les captures d’écran : le résultat est identique pour toutes. Au total, ce sont donc huit photos de témoignages sur huit qui portent le filigrane d’une intelligence artificielle, et dont le nom de fichier suit le format de Higgsfield.

Notre avis sur Mymoodz Zéro

Arrêter de fumer reste l’objectif principal, et peu importe la méthode tant qu’elle fonctionne. Si garder le geste en main aide certains fumeurs à franchir le cap, tant mieux. Mais pour l’instant, rien ne démontre que Mymoodz Zéro le fasse mieux qu’une autre méthode, et les promesses de la marque reposent sur des chiffres invérifiables et des témoignages illustrés par des photos générées par intelligence artificielle.

Mieux vaut donc s’en tenir aux méthodes qui ont fait leurs preuves : les substituts nicotiniques, les médicaments prescrits par un professionnel de santé, l’accompagnement par un tabacologue, ou encore la cigarette électronique avec nicotine, dont l’efficacité pour arrêter de fumer est aujourd’hui solidement documentée12. Et si vous hésitez entre plusieurs options, notre guide des 20 méthodes pour arrêter de fumer peut vous aider à y voir plus clair.

Cet article repose sur des informations publiques, sur l’analyse des éléments mis à disposition par le fabricant et sur l’analyse technique de plusieurs images publiées sur son site.

Sources et références

1 Lukas, S. E., Penetar, D., Su, Z., Geaghan, T., Maywalt, M., Tracy, M., Rodolico, J., Palmer, C., Ma, Z., & Lee, D. Y.-W. (2013). A standardized kudzu extract (NPI-031) reduces alcohol consumption in nontreatment-seeking male heavy drinkers. Psychopharmacology, 226(1), 65–73. https://doi.org/10.1007/s00213-012-2884-9

2 Shebek, J., & Rindone, J. P. (2000). A pilot study exploring the effect of kudzu root on the drinking habits of patients with chronic alcoholism. Journal of Alternative and Complementary Medicine, 6(1), 45–48. https://doi.org/10.1089/acm.2000.6.45

3 Rose, J. E., & Behm, F. M. (1994). Inhalation of vapor from black pepper extract reduces smoking withdrawal symptoms. Drug and Alcohol Dependence, 34(3), 225–229. https://doi.org/10.1016/0376-8716(94)90160-0

4 Jabba, S. V., & Jordt, S.-E. (2019). Risk Analysis for the Carcinogen Pulegone in Mint- and Menthol-Flavored e-Cigarettes and Smokeless Tobacco Products. JAMA Internal Medicine, 179(12), 1721–1723. https://doi.org/10.1001/jamainternmed.2019.3649

5 Agence européenne des médicaments (EMA), Comité des médicaments à base de plantes (HMPC). Lavandulae aetheroleum – herbal medicinal product. https://www.ema.europa.eu/fr/medicines/herbal/lavandulae-aetheroleum

6 Sköld, M., Börje, A., Harambasic, E., & Karlberg, A.-T. (2004). Contact allergens formed on air exposure of linalool. Identification and quantification of primary and secondary oxidation products and the effect on skin sensitization. Chemical Research in Toxicology, 17(12), 1697–1705. https://doi.org/10.1021/tx049831z

7 Di Sotto, A., Mazzanti, G., Carbone, F., Hrelia, P., & Maffei, F. (2011). Genotoxicity of lavender oil, linalyl acetate, and linalool on human lymphocytes in vitro. Environmental and Molecular Mutagenesis, 52(1), 69–71. https://doi.org/10.1002/em.20587

8 Tan, L., Liao, F., Long, L., Ma, X., Peng, Y., Lu, J., Qu, H., & Fu, C. (2023). Essential oils for treating anxiety: a systematic review of randomized controlled trials and network meta-analysis. Frontiers in Public Health, 11, 1144404. https://doi.org/10.3389/fpubh.2023.1144404

9 Meehan-Atrash, J., Luo, W., McWhirter, K. J., & Strongin, R. M. (2019). Aerosol Gas-Phase Components from Cannabis E-Cigarettes and Dabbing: Mechanistic Insight and Quantitative Risk Analysis. ACS Omega, 4(14), 16111–16120. https://doi.org/10.1021/acsomega.9b02301

10 Meehan-Atrash, J., Luo, W., McWhirter, K. J., Dennis, D. G., Sarlah, D., Jensen, R. P., Afreh, I., Jiang, J., Barsanti, K. C., Ortiz, A., & Strongin, R. M. (2021). The influence of terpenes on the release of volatile organic compounds and active ingredients to cannabis vaping aerosols. RSC Advances, 11, 11714. https://doi.org/10.1039/D1RA00934F

11 Caponnetto, P., Cibella, F., Mancuso, S., Campagna, D., Arcidiacono, G., & Polosa, R. (2011). Effect of a nicotine-free inhalator as part of a smoking-cessation programme. European Respiratory Journal, 38(5), 1005–1011. https://doi.org/10.1183/09031936.00109610

12 Lindson N, Livingstone-Banks J, Butler AR, McRobbie H, Bullen CR, Hajek P, Wu AD, Begh R, Theodoulou A, Ma C, Notley C, Rigotti NA, Turner T, Fanshawe T, Hartmann-Boyce J. Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database of Systematic Reviews 2026, Issue 8. Art. No.: CD010216. DOI: 10.1002/14651858.CD010216.pub11.

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