L’étude est une méta-analyse de 12 études, presque toutes américaines. Les « 430 000 » de Topsanté correspondent aux participants des études sur l’infarctus : 67 253 vapoteurs et 363 622 non-vapoteurs. Ce ne sont pas 430 000 fumeurs.

Une seule des 12 études suit des personnes dans le temps. Les 11 autres sont transversales : elles relèvent au même moment si une personne vapote et si elle a déjà fait un infarctus. Elles ne permettent pas de savoir lequel est venu en premier. Or un fumeur qui fait un infarctus est fortement incité à arrêter le tabac, et une partie se tourne alors vers la vape. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes que ce type d’étude limite toute conclusion causale, et que la majorité des études incluses sont de faible qualité.

Le chiffre de 53 % est l’estimation globale. Il compare des vapoteurs, en grande majorité fumeurs ou anciens fumeurs, à des non-vapoteurs, dont beaucoup n’ont jamais fumé. Dans les seules études qui tiennent compte du tabagisme, l’écart tombe à 24 %.

Chez les vapoteurs exclusifs, ceux qui n’ont jamais fumé, la méta-analyse ne trouve aucune hausse significative du risque, ni pour l’infarctus ni pour l’AVC. Pour l’AVC, l’estimation globale n’est pas non plus significative.

Le risque « plus que doublé » chez les anciens fumeurs qui vapotent est calculé par rapport aux non-vapoteurs, et non par rapport aux anciens fumeurs qui ne vapotent pas. La comparaison ne permet donc pas de distinguer l’effet du vapotage de celui de décennies de tabagisme. Topsanté le mentionne d’ailleurs, mais seulement après le chiffre et sous le titre.

Les auteurs relèvent aussi un biais de publication pour l’infarctus et une forte hétérogénéité entre les études. Ils ne comparent jamais les vapoteurs aux fumeurs qui continuent de fumer : selon eux, la seule référence pertinente est la population qui ne consomme aucun produit du tabac. Pour un fumeur qui envisage de passer à la vape, c’est pourtant la comparaison qui compte.

En France, l’Anses classe l’infarctus chez les vapoteurs n’ayant jamais fumé comme un effet « possible », le niveau de preuve le plus faible de son échelle après « insuffisant ». Pour l’ensemble des effets cardiovasculaires, elle juge le poids des preuves toujours inférieur à celui du tabac fumé.

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