En l’espace de quelques années, la Nouvelle-Zélande a vu son déclin du tabagisme quintupler. Pour ces deux anciens directeurs de l’OMS, le vapotage en est la raison.
Pas de causalité, mais une forte corrélation

En 2011, le gouvernement néozélandais a adopté l’objectif Smokefree 2025, c’est-à-dire atteindre un taux de fumeurs quotidiens inférieur à 5 % avant cette date. Cinq ans plus tard, en 2016, l’objectif semblait toujours lointain, puisque le pays comptait toujours 15 % de fumeurs quotidiens, et même 36 % chez les Māori.
Entre les années 2018 et 2019, tout change lorsqu’une décision judiciaire vient clarifier que l’interdiction du tabac oral en Nouvelle-Zélande ne s’applique pas aux produits du vapotage. Dans la foulée, le ministère de la Santé reconnaît officiellement la cigarette électronique comme alternative moins nocive au tabagisme. Alors qu’avant, le déclin du nombre de fumeurs était d’environ – 3,5 % par an, il s’accélère à partir de cette époque et atteint – 17,9 % chaque année. Une situation similaire pour le peuple Māori, dont la diminution du nombre de fumeurs passe de – 2,2 % à – 13,3 %.
En parallèle de cette réduction du tabagisme, la Nouvelle-Zélande connaît un accroissement du nombre de vapoteurs. Inférieur à 1 % en 2015, il passe à environ 12 % entre les années 2024 et 2025. Comme le relèvent Robert Beaglehole et Ruth Bonita, anciens directeurs de l’OMS à ce sujet, « bien que ces tendances n’impliquent pas de causalité, il existe un alignement temporel étroit entre la hausse du vapotage et l’accélération du déclin du tabagisme. »
Pour les deux anciennes figures de l’Organisation mondiale de la santé, le cas de la Nouvelle-Zélande démontre bien que si les politiques antitabac traditionnelles, comme la hausse des taxations ou la mise en place du paquet neutre, fonctionnent pour diminuer le tabagisme, elles ne suffisent pas. « La réduction des risques, via un accès régulé à des produits nicotiniques sans combustion nettement moins nocifs, peut compléter les politiques de réduction de l’offre et de la demande et accélérer la baisse de l’exposition au tabac combustible, en particulier chez les personnes qui portent le plus lourd fardeau des dommages liés au tabac. », concluent-ils.
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