Il n’y a pas qu’en France que le Projet de loi de finances (PLF) peut servir de véhicule à une taxation du vapotage. Au Maroc, le gouvernement souhaite doubler la taxe actuellement en vigueur sur les puffs, et l’étendre à toutes les cigarettes électroniques.
Ce qu’il faut retenir
- Le Maroc veut faire passer la taxe sur les puffs de 50 à 100 DH par appareil au 1er janvier 2027 ;
- Elle s’appliquerait à toutes les cigarettes électroniques, rechargeables comprises, ainsi qu’à leurs composants ;
- Le gouvernement invoque le contournement de la taxe actuelle et les recommandations de l’OMS, sans avancer de chiffres ;
- Le ministre des Finances, Fouzi Lekjaa, refusait toute hausse de la fiscalité de la vape en 2024 et en 2025.
- Le texte doit encore être adopté par le Parlement.
Un ministre qui change d’avis

Face à cette situation, le gouvernement a donc décidé de sévir. Dans l’article 5 du PLF 2027, il souhaite désormais taxer toutes les cigarettes électroniques, « […] ou tout composant dudit dispositif, y compris une cartouche, un réservoir et tout dispositif sans cartouche ou réservoir ». Les vapoteuses rechargeables, jusqu’ici épargnées par la taxe, entreront donc sous le coup de celle-ci, tout comme leurs « composants », sans pour autant que plus de détails ne soient donnés.
Le montant de la taxe jusqu’ici en vigueur est également doublé, passant de 50 à 100 DH par appareil, soit plus de 9 €. La mesure doit toutefois encore être adoptée par le Parlement, et son entrée en vigueur se ferait le 1er janvier 2027.
Pour justifier ce doublement, la note de présentation du PLF se contente d’invoquer les recommandations de l’OMS sur les risques de ces produits, principalement chez les jeunes, mais sans avancer aucun chiffre sur la situation dans le pays.
Pour l’anecdote, le ministre des Finances, Fouzi Lekjaa, qui a présenté ce budget, était auparavant ministre délégué chargé du Budget, sans étiquette, avant de rejoindre le Parti authenticité et modernité (PAM) en juillet 2026.
En novembre 2024, lors de l’examen du PLF 2025 (qui a créé la taxe sur les puffs), les députés socialistes (USFP) et islamistes (PJD) souhaitaient taxer davantage les e-liquides, les accessoires de chicha et les substituts nicotiniques sans tabac (un terme qui désigne les sachets de nicotine au Maroc). Lekjaa avait rejeté leurs amendements en invoquant que ces produits étaient déjà lourdement taxés, qu’une hausse risquait d’aggraver la contrebande et ne ferait pas baisser la consommation.
L’année suivante, lors du PLF 2026, les mêmes partis sont revenus à la charge. En commission des finances, Fouzi Lekjaa a de nouveau refusé, en présentant à nouveau trois arguments : augmenter les taxes ne garantirait pas une baisse de la consommation, les hausses récentes sur le tabac auraient déjà testé jusqu’où le marché peut encaisser, et de nouvelles hausses risqueraient de nourrir la contrebande.
Aujourd’hui ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, c’est bien lui qui a présenté le PLF 2027, dont l’article 5 double la taxe et l’étend aux vapoteuses rechargeables, alors qu’il s’opposait depuis deux ans à toute hausse de la fiscalité sur la vape.
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