Reynolds American donne 5 millions de dollars à un comité de financement politique pro-Trump le 30 avril. Le 8 mai, la FDA assouplit ses règles sur le vapotage. Simple coïncidence, assure la Maison-Blanche.
Le système PMTA, un filtre draconien

L’entrée en vigueur de la PMTA a profondément modifié le paysage de la vape américaine. Au fil des ans, plusieurs millions de produits du vapotage ont été refusés par la Food and Drug Administration, au prétexte que leurs fabricants n’avaient pas su démontrer qu’ils étaient « appropriés pour la protection de la santé publique ».
Jusqu’au 6 mai 2026, seules des vapoteuses fabriquées par l’industrie du tabac avaient été autorisées à la vente aux États-Unis. Un fait qui s’expliquait notamment par les sommes d’argent faramineuses que doivent engager les entreprises pour fournir les dizaines d’études scientifiques requises par la FDA pour l’analyse de leurs produits. Mais la date du 6 mai a marqué un tournant : pour la première fois, le pod et les cartouches d’un fabricant indépendant ont été acceptés par l’organisme de régulation.
Deux jours plus tard, le 8 mai 2026, nouveau coup de théâtre : la FDA annonce qu’elle va désormais autoriser la vente des produits du vapotage dont les analyses sont « en cours » et qui n’ont pas encore reçu d’approbation. La Food and Drug Administration aurait-elle soudainement pris conscience de l’intérêt du vapotage dans le cadre du sevrage tabagique ? Rien n’est moins sûr.
Selon deux collaborateurs de la FDA ayant parlé sous couvert d’anonymat à l’Associated Press, les responsables de l’agence n’auraient tout simplement pas été consultés et auraient appris l’existence de cette nouvelle mesure la veille de sa publication. La période de consultation publique inhérente aux modifications des lois sur le vapotage aurait également été éludée.
Donations, déjeuner et directive : une semaine chargée
Aux États-Unis, seule la Maison-Blanche a le pouvoir de passer outre la Food and Drug Administration. Et justement, au cours des derniers mois, Reynolds American (British American Tobacco) et Altria ont fait de nombreuses donations à des soutiens de l’administration Trump. La plus récente, qui date du 30 avril 2026, provenait de Reynolds et s’établissait à 5 millions de dollars.
« Hasard » du calendrier, selon le New York Times, le samedi 2 mai 2026, soit deux jours après ce don, Donald Trump aurait déjeuné à son club de golf en compagnie de plusieurs lobbyistes et dirigeants de l’industrie du tabac, qui se seraient plaints de la politique de la FDA au sujet du vapotage. Trump aurait alors interrompu le déjeuner pour appeler le Dr Marty Makary, commissaire de la FDA. Ce dernier n’ayant pas répondu, le président aurait alors contacté le patron de Makary, le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., ainsi qu’un autre haut responsable de la santé, le Dr Mehmet Oz, responsable des Centers for Medicare and Medicaid Services, pour se plaindre à son tour de la politique antivape de la Food and Drug Administration.
Six jours plus tard, le 8 mai 2026, la FDA a considérablement assoupli ses restrictions sur le vapotage en autorisant des produits pas encore approuvés. S’il n’existe pas encore de liste officielle des vapoteuses nouvellement autorisées, il ne serait pas surprenant de voir qu’une majorité d’entre elles appartiennent à l’industrie du tabac.
Le 12 mai 2026, Marty Makary a démissionné de son poste de commissaire à la FDA, indiquant à ses collègues qu’il « ne pouvait pas, en toute conscience, rester à la tête d’une agence qui soutenait une telle politique. »
De son côté, Kush Desai, porte-parole de la Maison-Blanche, a indiqué que « le seul facteur directeur derrière l’élaboration de la politique de santé de l’administration Trump est la science. »
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