La British Association for Psychopharmacology, principale société savante britannique en psychopharmacologie, recommande désormais le vapotage comme traitement de première intention contre la dépendance à la nicotine, au même titre que la varénicline et les substituts nicotiniques combinés.
Des recommandations qui complètent celles du NICE

Au Royaume-Uni, les professionnels de santé suivent les recommandations NICE (National Institute for Health and Care Excellence) en premier lieu. Lorsqu’ils font face à un patient non couvert par ces recommandations, qui appartient à une population complexe exclue des essais cliniques, ou lorsque NICE n’a pas mis à jour ses recommandations, c’est alors qu’ils consultent les guidelines édictées par la British Association for Psychopharmacology.
Et la BAP vient justement de mettre à jour ses recommandations1 sur la gestion pharmacologique de la dépendance aux substances, dont la nicotine, qui n’avaient pas été modifiées depuis 2015.
Dans ses nouvelles recommandations de niveau A (le plus haut niveau de preuve), la British Association for Psychopharmacology indique que le vapotage devrait être proposé comme traitement de première intention contre la dépendance à la nicotine chez les adultes. Aux côtés de la combinaison de substituts nicotiniques traditionnels, de la varénicline et de la cytisine, la cigarette électronique fait désormais partie des « options plus efficaces qu’un substitut nicotinique seul ou que le bupropion. »
Cette recommandation s’appuie sur une méta-analyse de 332 essais cliniques randomisés portant sur 157 179 participants, qui a montré que les e-cigarettes nicotinées, la varénicline et la cytisine sont associées aux meilleures chances d’arrêt à 6 mois ou plus, sans différence claire d’efficacité entre les trois. Une méta-analyse2 réalisée par Cochrane, dont nous avions parlé lors de sa publication.
La société savante observe également que « la variété de saveurs [des e-liquides] peut aider à initier le changement [du tabagisme au vapotage] » et que « les arômes non tabac sont associés à un succès plus élevé dans les arrêts [du tabagisme] ». Elle souligne aussi que « compte tenu de leur forte consommation, les cigarettes électroniques incitent probablement plus de personnes à arrêter de fumer que d’autres méthodes. »
Les recommandations de la British Association for Psychopharmacology sont le fruit de deux réunions de consensus en ligne réunissant un groupe international d’experts en provenance du Royaume-Uni, des États-Unis, d’Inde, d’Italie, et d’Australie. Un travail réalisé bénévolement.
Sources et références
1 Sinclair JM, Kalk NJ, Kaar SJ, et al. Evidence-based consensus guidelines for the pharmacological management of substance dependence: Recommendations from the British Association for Psychopharmacology. Journal of Psychopharmacology. 2026;0(0). doi:10.1177/02698811251399593
2 Lindson N, Theodoulou A, Ordóñez-Mena JM, Fanshawe TR, Sutton AJ, Livingstone-Banks J, Hajizadeh A, Zhu S, Aveyard P, Freeman SC, Agrawal S, Hartmann-Boyce J. Pharmacological and electronic cigarette interventions for smoking cessation in adults: component network meta‐analyses. Cochrane Database of Systematic Reviews 2023, Issue 9. Art. No.: CD015226. DOI: 10.1002/14651858.CD015226.pub2.
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