Face à un marché noir du tabac qui capte désormais 80% de la nicotine consommée en Australie, un comité sénatorial propose de geler la taxe sur les cigarettes et de libéraliser la vente des cigarettes électroniques.
Le tabac, un problème politique

Ces recommandations, qui proviennent d’un comité sénatorial à majorité libérale, sont loin de faire l’unanimité. Si certains acteurs les ont accueillies avec bienveillance, notamment dans le secteur du commerce de détail, le gouvernement s’est d’ores et déjà prononcé contre toute baisse immédiate des taxes sur le tabac, qualifiant le rapport de « coup monté » de la part des libéraux. Certains députés du camp gouvernemental ont également tenu à rappeler que l’opposition a reçu des dons de Big Tobacco, et que son objectif est de « bénéficier aux grandes compagnies de tabac et à ceux qui ont un intérêt direct à vendre davantage de nicotine aux Australiens. »
De l’autre côté du spectre, les partis Coalition (droite conservatrice) et One Nation (extrême droite) ont tous deux proposé une diminution de l’accise sur le tabac de 80 et 75 %. Des demandes qui ont fait bondir certains défenseurs de la santé publique qui estiment qu’une baisse du prix des cigarettes ferait également diminuer leur prix sur le marché noir, puisqu’ils ne coûteraient que 28 cents à produire. Aucune baisse légale ne pourrait ainsi concurrencer ces tarifs. Pour la députée travailliste Tanya Plibersek, le projet du parti Coalition « tuera des gens ».
Le dossier de la taxation des cigarettes, et plus généralement, la politique antitabac du pays, pourrait bien s’inscrire prochainement dans un positionnement de moyen terme entre le gouvernement et une opposition en quête de lignes de démarcation, à l’approche des élections fédérales prévues d’ici 2028.
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