L’expression « produits alternatifs du tabac » recouvre ici la cigarette électronique, le tabac chauffé et les sachets de nicotine. Ces produits fonctionnent de façon très différente, et aucun d’eux ne brûle de tabac. Le sachet de nicotine, placé sous la lèvre, n’implique même aucune inhalation. Les déclarer tous « aussi nocifs » que la cigarette revient à ignorer ce qui rend la cigarette dangereuse : la combustion.
L’Anses a quantifié cet écart pour une famille de substances toxiques présentes dans les deux produits, les aldéhydes. Pour le formaldéhyde, cancérogène reconnu, la concentration est inférieure de 97,5 % dans la vapeur. Pour l’acétaldéhyde et l’acroléine, la baisse dépasse 99,5 %. Chez les fumeurs, l’agence estime que le risque lié à ces substances n’est jamais exclu, même à une cigarette par jour.
Elle précise aussi qu’une baisse de concentration ne se traduit pas toujours par une baisse de risque de même ampleur, et que le vapotage n’est pas sans risque. Mais on est loin d’une équivalence avec la fumée de cigarette.
La certitude affichée, « à cent pour cent », est en elle-même révélatrice. Aucune agence sanitaire nationale, ni l’Anses, ni l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques, ni le Royal College of Physicians britannique, ne conclut que ces produits sont aussi nocifs que la cigarette.
