Les nouveautés se font rares chez les fabricants de cigarettes électroniques, alors que les exportations chinoises de vape restent en hausse sur l’année. En cause, selon toute vraisemblance : l’article 11 du règlement européen sur les batteries, qui imposera à partir du 18 février 2027 des batteries amovibles et remplaçables par l’utilisateur, une exigence à laquelle la plupart des appareils actuels ne répondent pas.
Moins de nouveautés malgré des exportations en hausse

Pourtant, selon les données des douanes chinoises, les exportations de produits contenant de la nicotine (puffs, pods préremplis, e-liquides) ont progressé de 4,2 % sur les huit premiers mois de 2026, à 4,62 milliards de dollars. Celles d’appareils de vape et de tabac chauffé ont quant à elles augmenté de 6,1 %, à 2,24 milliards de dollars, même si elles restent toutefois inférieures à celles de 2025 chaque mois depuis mai (-8,2 % de mai à août). Alors, comment expliquer cette absence de nouveautés ?
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La chute des produits nicotinés en avril (-30,1 %) pourrait s’expliquer par la suppression, au 1er avril 2026, du remboursement de TVA à l’export dont ils bénéficiaient en Chine. Pour le matériel de vape, en revanche, cette suppression n’interviendra qu’en avril 2027 : elle ne peut donc pas expliquer le recul des appareils observé depuis mai. La réponse pourrait plutôt se trouver dans l’article 11 du règlement (UE) 2023/1542, qui s’appliquera à partir du 18 février 2027.
Des batteries amovibles obligatoires
Cet article est issu d’une proposition de règlement présentée par la Commission européenne le 10 décembre 2020, dans le cadre du pacte vert. Ce règlement remplace une directive de 2006 sur les piles, qui imposait que les batteries puissent être retirées des appareils par l’utilisateur ou par un professionnel qualifié. Le texte, qui aura nécessité deux ans de négociations avant un accord entre le Parlement européen et le Conseil, a finalement été voté par le Parlement le 14 juin 2023, puis publié au Journal officiel le mois suivant.
Et cet article change la donne. Le texte prévoit que « toute personne physique ou morale qui met sur le marché des produits incorporant des batteries portables s’assure que ces batteries sont faciles à retirer et à remplacer par l’utilisateur final à tout moment pendant la durée de vie du produit ». Il précise qu’une batterie est considérée comme facilement amovible « lorsqu’elle peut être retirée d’un produit à l’aide d’outils disponibles dans le commerce, sans nécessiter le recours à des outils spécialisés, à moins que ceux-ci ne soient fournis gratuitement avec le produit, ou à des outils exclusifs, à de l’énergie thermique ou à des solvants pour démonter le produit ».
Cet article obligera ainsi les fabricants de cigarettes électroniques, entre autres, à équiper leurs produits de batteries facilement remplaçables par les vapoteurs. Une caractéristique à laquelle ne répond pas la majorité des produits actuels.
Le piège du délai de notification
En parallèle, rappelons que la directive européenne sur les produits du tabac (TPD) impose que tout nouveau produit du vapotage fasse l’objet d’une notification six mois avant sa mise sur le marché. Une nouvelle e-cigarette à batterie fixe notifiée en juin 2026, par exemple, ne pourrait pas être lancée avant décembre 2026, ce qui ne lui laisserait que deux mois environ pour être importée avant l’application de l’article 11. Seuls les stocks déjà livrés à la distribution pourraient ensuite être écoulés.
Voilà qui pourrait expliquer le ralentissement des lancements dans la vape. Du moins, jusqu’à ce que les marques adaptent leurs appareils à cette nouvelle réglementation, sachant que toute modification substantielle d’un produit impose, elle aussi, une nouvelle notification, et donc un nouveau délai de six mois.
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