Les « premières générations sans tabac » sont en vue selon l’OFDT. Son enquête EnCLASS 2024 confirme l’effondrement du tabagisme chez les jeunes tout en documentant la progression du vapotage, particulièrement chez les lycéens où il semble remplacer la cigarette.
- 11 731 élèves appartenant à 99 collèges et 175 lycées ont été interrogés ;
- Par rapport à 2022, le tabagisme quotidien a diminué chez lycéens, passant de 6,2 % à 5,6 % ;
- En parallèle, le vapotage quotidien a augmenté chez ces élèves, passant de 3,8 % à 6,8 % ;
- Des chiffres qui pourraient suggérer que la cigarette électronique tend à remplacer le tabagisme chez les lycéens.
Le tabagisme en chute libre depuis quinze ans

Cette grande enquête, menée entre mars et juin 2024, a interrogé 11 731 élèves appartenant à 99 collèges et 175 lycées dans toute la France hexagonale. Ils ont été questionnés sur leur consommation de tabac, d’alcool, et, pour les plus âgés, de différentes substances illicites.
Comme l’indique l’OFDT, en 2024, 7,7 % des collégiens et 30,6 % des lycéens indiquent avoir déjà fumé une cigarette au cours de leur vie. Des chiffres en diminution par rapport à 2022, puisqu’ils étaient alors respectivement de 11,4 et 34 %. L’usage au cours du mois dernier a également diminué, avec 2,5 % chez les collégiens (- 2,3 % par rapport à 2022) et 13,5 % chez les lycéens ( – 5,1 %). Seul le tabagisme quotidien est resté globalement stable, avec 0,9 % chez les collégiens (aucune évolution par rapport à 2022), et 5,6 % chez les lycéens, en diminution de 0,6 %.
Comme le souligne l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, « en près de quinze ans (2010-2024), l’expérimentation a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens, tandis que le tabagisme quotidien parmi ces derniers a été divisé par cinq. »
Le vapotage remplace le tabagisme dans les lycées
L’enquête EnCLASS de 2022 s’en était déjà fait écho : l’usage de la cigarette électronique progressait à l’époque, au point de dépasser le tabagisme. Un fait qui semble se confirmer avec les données de 2024.
Du côté des collégiens, l’expérimentation du vapotage a légèrement diminué par rapport à 2022, s’établissant à 19 % contre 20,2 % auparavant. Cette stabilité chez les plus jeunes, combinée à l’augmentation chez les lycéens (qui passe de 24,2 à 25,3 %), renforce l’hypothèse d’une substitution du tabac vers le vapotage plutôt qu’un phénomène d’initiation massive.
La plus forte augmentation parmi les lycéens se retrouve d’ailleurs dans l’usage quotidien de la cigarette électronique, qui s’établissait à 3,8 % en 2022 contre 6,8 % en 2024. À titre de comparaison, le tabagisme quotidien a quant à lui diminué, passant de 6,2 % en 2022 à 5,6 % en 2024. L’augmentation du vapotage quotidien s’accompagne donc bien d’une diminution du tabagisme.
Et concernant l’augmentation du vapotage quotidien, l’OFDT ne tire pas la sonnette d’alarme et se contente de noter qu’il s’agit d’un point « qui invite à une certaine vigilance ». Un discours modéré, puisque l’observatoire se retrouve face au dilemme habituel s’agissant de la cigarette électronique : si une augmentation du nombre de vapoteurs n’est pas forcément positive, une transition du tabac vers le vapotage est une excellente nouvelle, puisqu’il est scientifiquement reconnu comme moins nocif pour la santé.
Et à ce sujet, la perception des dangers du vapotage chez les lycéens est intéressante. Pour 36,8 % d’entre eux, vapoter tous les jours représente un risque modéré pour la santé. Ils sont 34,4 % à penser que cette pratique représente un risque important. Concernant le tabagisme, les lycéens sont 74,6 % à considérer que fumer au moins un paquet de cigarettes par jour représente un risque important. Les lycéens français pourraient donc avoir une perception correcte des dangers du vapotage, qui sont factuellement moindres que ceux du tabagisme. Une analyse qui mérite toutefois d’être prise avec des pincettes, puisque les questions entre les deux produits diffèrent. Il semble difficile de comparer « Utiliser la cigarette électronique tous les jours » et « Fumer au moins un paquet de cigarettes par jour ».
Reste que la perception des dangers du tabagisme occasionnel a augmenté entre 2015 et 2024, passant de 33,1 à 46,4 %. Une évolution des perceptions qui pourrait expliquer que les lycéens se dirigent de plus en plus vers le vapotage plutôt que le tabagisme.
Chiffres clés du tabagisme et du vapotage dans les lycées et collèges français
#advanceampadstable0#
Dans le reste de l’actualité de la cigarette électronique
