Alors que l’Europe discutera dans deux jours de la future taxation des produits du vapotage, des associations appellent la Suède à la contester.
La Suède appelée au secours du sevrage tabagique

Cette proposition avait provoqué une levée de boucliers dans plusieurs États membres. Si certains s’offusquaient du simple fait de taxer des produits reconnus comme étant utiles pour le sevrage tabagique, d’autres contestaient la volonté de la Commission de faire rentrer dans ses caisses le fruit des taxes. « Le gouvernement souhaite que chaque pays de l’UE puisse taxer le tabac et la nicotine en fonction de leur dangerosité relative. Et pour nous, il va de soi que les recettes fiscales devraient bénéficier à la Suède et non à la bureaucratie européenne. », exprimait ainsi la ministre suédoise des Finances quelques heures après la proposition.
Aujourd’hui, plus de six mois après cette première proposition, les discussions se poursuivent parmi les États membres. Signe de l’instabilité provoquée par ce sujet, Chypre, qui a pris la présidence en janvier, avait proposé il y a quelques semaines de réduire par deux la taxation du vapotage. Alors que sous sa présidence, le Danemark avait proposé de taxer les e-liquides à hauteur de 20 ou 40 centimes par millilitre, en fonction de leur taux de nicotine, Chypre souhaitait une taxation unique de 20 centimes/ml. Mais surprise, il y a quelques jours, une nouvelle proposition, toujours rédigée par Chypre, repassait cette taxation à 30 centimes par millilitre.
Une alliée qui aurait du poids
Alors que les débats sur cette nouvelle proposition doivent démarrer mercredi 25 février, plusieurs associations de défense des consommateurs ont rédigé une lettre à destination du gouvernement suédois.
Bien conscientes que le pays est le plus fervent défenseur des produits nicotinés à risque réduit, elles ont « [exhorté] le gouvernement suédois à rejeter et, si nécessaire, à opposer son veto au texte de compromis actuel de la directive européenne sur les accises sur le tabac. » Décrivant la proposition chypriote comme « fondamentalement défaillante », les associations l’accusent de « privilégie[r] la collecte des revenus » au détriment de la santé publique.
Les associations tentent également de piquer la Suède dans sa fierté : « Pour la Suède, cette directive n’est pas seulement une mauvaise politique ; c’est une attaque directe contre [son] histoire de réussite nationale. », soulignent-elles, en référence au taux de prévalence tabagique suédois, parmi les plus faibles du monde.
Parlant d’une politique « qui protège efficacement les cigarettes en supprimant l’incitation économique pour les fumeurs à passer à des alternatives moins nocives », les neuf signataires appellent la Suède à opposer son veto au compromis actuel du Conseil, à inciter l’Europe à taxer les produits en fonction de leur dangerosité, mais également à rejeter les tentatives d’harmonisation européenne « qui forceraient la Suède à augmenter les prix […] sapant ainsi [sa] stratégie de santé publique réussie. »
Les associations signataires : APORVAP (Portugal), CROHM (Croatie), Considerate Pouchers, Consumer Choice Center (affiliée à l’industrie du tabac), EU4Snus, Generacija brez dima (Slovénie), Greek Vapers Alliance (Grèce), World Vapers’ Alliance (affiliée au tabac).
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