Publiée dans ACS Central Science en 2025, l’étude sur laquelle se base cette vidéo Instagram porte sur trois modèles de cigarettes électroniques jetables, les plus populaires chez les adolescents américains : ELF Bar BC5000, Flum Pebble 6000 et Esco Bar 2500. Les chercheurs ont analysé la composition des pièces métalliques, puis mesuré les métaux dans l’e-liquide avant usage, après usage et dans l’aérosol.
Le chiffre le plus spectaculaire, jusqu’à 19 paquets de cigarettes par jour en équivalent plomb, ne concernait qu’une des puffs étudiées : l’Esco Bar.
Dans ce modèle, deux pièces en contact avec l’e-liquide sont en bronze au plomb : la gaine (39 % de plomb) et les fils de connexion à la batterie (19 %). Le plomb passait dans l’e-liquide avant même la première bouffée. Dans les ELF Bar et Flum Pebble, les concentrations de plomb dans l’aérosol étaient 1 à 3 ordres de grandeur plus faibles. Les auteurs parlent eux-mêmes d’une marque sur trois présentant une « construction dangereuse », et d’un manque de contrôle de fabrication.
Pour les autres métaux, le nickel et le chrome augmentent avec l’usure de la résistance, surtout en fin de vie de ces appareils non rechargeables. L’étude montre aussi que tout le chrome mesuré dans l’aérosol était sous sa forme non toxique, le chrome III. Les auteurs soulignent que les évaluations de risque antérieures, qui comptaient tout le chrome comme cancérogène, surestimaient donc ce risque. De l’antimoine a été trouvé dans certains e-liquides, sans que sa source soit identifiée.
L’évaluation des risques suppose que 100 % des métaux inhalés sont absorbés, une hypothèse haute. Elle retient en revanche 100 bouffées par jour, un peu moins que la consommation moyenne rapportée (115 à 140). Elle porte enfin sur très peu d’appareils : trois par version, et un seul suivi jusqu’à la fin de sa vie.
La comparaison avec la cigarette ne porte quant à elle que sur le plomb et ne dit rien de la toxicité globale de la fumée de tabac.
Pour finir, ces produits sont hors de tout cadre réglementaire, y compris aux États-Unis, où presque aucune puff n’est autorisée à la vente et où la FDA a engagé des poursuites contre les fabricants d’ELF Bar et d’Esco Bar.
En France, les puffs sont interdites depuis février 2025.

