Le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, affirme que les cigarettes électroniques seraient « presque pires que les cigarettes » car « nous ne savons pas ce qu’elles contiennent ». Une affirmation contredite par la réglementation européenne comme par la science, et qui semble reposer sur une confusion avec des liquides au CBD ou aux cannabinoïdes de synthèse récemment analysés par le service de santé irlandais.

La vape accusée à tort

Alors que les discussions européennes sur la taxation du vapotage se poursuivent, en Irlande, pays qui assure par ailleurs la présidence du Conseil de l’UE jusqu’au 31 décembre 2026, la désinformation va bon train. Le 8 septembre dernier, Micheál Martin, Premier ministre (Taoiseach), a déclaré que les cigarettes électroniques étaient « presque pires que les cigarettes », justifiant cette position par le fait que « nous ne savons pas ce qu’elles contiennent » et qu’elles « endommagent les poumons ».

Pourtant, depuis la directive sur les produits du tabac (TPD), chaque e-liquide contenant de la nicotine vendu dans l’Union européenne doit faire l’objet d’une notification aux autorités six mois avant sa mise sur le marché. Un dossier qui contient notamment la liste complète des ingrédients du e-liquide, avec leurs quantités.

En parallèle, les émissions des cigarettes électroniques sont étudiées par la science depuis plus de dix ans, et la majorité des travaux s’accorde à dire que l’aérosol des e-cigarettes contient beaucoup moins de substances nocives que la fumée de tabac.

Comment expliquer, alors, les propos du Premier ministre irlandais ?

La réponse tient peut-être à l’amalgame que semble faire Martin entre les produits légaux, ceux qui ne le sont pas, les e-liquides à la nicotine, et ceux au CBD. Le 19 août 2026, le Health Service Executive (HSE), service de santé du pays, a publié les résultats de son laboratoire, qui a analysé depuis le début de l’année 76 vapes et e-liquides provenant de boutiques et du marché noir.

Le laboratoire ayant conduit les analyses indique que parmi ces 76 produits, dont certains contenaient plusieurs substances :

  • 28 contenaient du HHC (un cannabinoïde semi-synthétique) ou des composés apparentés ;
  • 8 contenaient de puissants cannabinoïdes de synthèse ;
  • 10 contenaient des composés comportant un acétate « pouvant être relié à des maladies pulmonaires », dont la nature exacte n’est toutefois pas précisée ;
  • 12 contenaient du cannabis ou des composés apparentés ;
  • et 41 contenaient du CBD.

« Les résultats du laboratoire montrent que les produits pourraient être étiquetés à tort comme CBD ou autres cannabinoïdes, mais contiennent en réalité du HHC ou des cannabinoïdes synthétiques. », souligne alors le laboratoire.

Une situation qui, si elle est effectivement préoccupante, ne concerne en rien les e-liquides nicotinés conformes, dont la composition est déclarée aux autorités et dont l’usage est reconnu comme nettement moins nocif que le tabagisme.

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