L’étude porte sur une molécule d’ARN baptisée VALT1. Les chercheurs ont observé que l’exposition à de la vapeur doublait le niveau de cette molécule dans des cellules en culture. Ils ont ensuite surexprimé ou supprimé VALT1, mais sans exposition à la vapeur.
Pour affirmer que les effets du vapotage « passent par » VALT1, il aurait fallu exposer les cellules à la vapeur tout en bloquant la molécule, et vérifier que les effets disparaissent. Cette expérience n’a pas été réalisée. Aucun test de transformation cancéreuse n’a non plus été mené, et aucune comparaison avec la fumée de tabac n’a été faite.
Les conditions d’exposition sont éloignées d’un usage réel : un seul e-liquide, un seul appareil, une seule puissance, et une vapeur mise en solution avant d’être versée sur les cellules. La lignée « saine » utilisée comme témoin (BEAS-2B) a été immortalisée à l’aide d’un virus, ce qui neutralise ses principaux freins anticancéreux. Les auteurs écrivent eux-mêmes, dans l’article scientifique, que la portée de leurs résultats pour l’usage de la cigarette électronique est limitée.
L’affirmation selon laquelle le vapotage « n’est pas sûr » provient donc du communiqué de presse et non de la publication. Génération Sans Tabac consacre une section de son article aux limites de l’étude, mais son titre, seul repris sur les réseaux sociaux, présente ces effets comme un sujet d’alerte.
Pour l’Anses, aucune étude menée chez les vapoteurs n’a mis en évidence de tumeurs. L’agence juge possibles des modifications biologiques compatibles avec les premières étapes de la cancérogenèse, tout en précisant que ces observations ne permettent ni de prédire un cancer, ni d’établir un lien de causalité.
