Paquet neutre, interdiction de la vente en ligne, encadrement des arômes : Contre-Feu réclame de nouvelles restrictions sur la vape en s’appuyant sur des données financières. Mais ces dernières ne concernent que l’industrie du tabac.
Un marché de la nicotine présenté comme une menace uniforme

« Si la cigarette électronique peut aider au sevrage lorsqu’elle est réservée aux adultes fumeurs et encadrée par un professionnel de santé, il ne faut pas se laisser tromper par le discours marketing des industriels : contrairement à ce que prône leur slogan d’un “monde sans fumée”, leur objectif n’est pas de sortir les personnes de la dépendance, mais au contraire de les y introduire. », écrit l’association, qui semble explicitement viser l’industrie du tabac. Elle rappelle d’ailleurs que le cigarettier Philip Morris « multiplie les opérations de street marketing pour séduire les jeunes » et « organise dans les grandes villes de France des distributions gratuites de sa cigarette électronique Veev dans des bars fréquentés par des étudiants. »
Si quelques marques françaises de vapotage, indépendantes de l’industrie du tabac, et deux fabricants chinois sont également ciblés pour leurs stratégies marketing, l’article de Contre-Feu met principalement l’argument économique en avant : « Entre 2018 et 2025, 18,7 milliards d’euros ont été prêtés par des banques ou levés sur les marchés financiers pour soutenir le marché de la nicotine en Europe. À ces financements s’ajoutent 27,9 milliards d’euros investis en actions et obligations par les établissements financiers sur cette même période. Des sommes massives qui sont captées à environ 90 % par les deux géants du tabac que sont British American Tobacco et Philip Morris International. », indique ainsi l’association.
S’il ne fait aucun doute que les cigarettiers misent aujourd’hui sur les produits alternatifs aux cigarettes traditionnelles pour tenter de maintenir leur chiffre d’affaires, la France est le plus mauvais exemple qui soit pour le démontrer : selon Xerfi (décembre 2023), 85 % du marché français du vapotage est détenu par des acteurs totalement indépendants de l’industrie du tabac. Une réalité que Contre-Feu passe sous silence.
Soulignons également que, selon le rapport Profundo commandité par l’association, les financements des cigarettiers sur le segment des produits sans combustion seraient en baisse constante depuis 2022. Un contexte qui interroge sur la pertinence des mesures réclamées, lesquelles pénaliseraient surtout les acteurs indépendants du marché, très majoritaires en France.
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