Une nouvelle étude(1) consacrée à la cigarette électronique a été publiée dans la revue Nicotine and Tobacco Research de l’Université d’Oxford le 22 juillet 2017. Ses auteurs ont conclu que des bouffées de vapoteuses plus intenses, associées à des faibles concentrations de nicotine, pouvaient aboutir à des niveaux plus élevés de composés carbonylés, des éléments susceptibles d’être cancérigènes.

Composés carbonylés

Les chercheurs ont examiné, via une méthode de chromatographie liquide haute performance (HPLC) couplée à la détection UV, les composés carbonylés lors de deux simulations de vapotage, la première avec du liquide électronique contenant 6mg/ml de nicotine et la seconde avec du e-liquide dosé à 24 mg/ml. La machine utilisée pour ces simulations a été configurée pour reproduire le comportement de douze vapoteurs expérimentés précédemment enregistrés.

D’après les tests réalisés par ces scientifiques, les composés carbonylés (formaldéhyde, acétaldéhyde, acétone et acroléine) sont présents en plus grande quantité lorsque la concentration en nicotine est beaucoup plus faible car les bouffées prises par les utilisateurs diffèrent. Un phénomène décrit souvent par les tabacologues comme l’autotitration ou la résultante d’un comportement compensatoire.

L’objet de cet étude n’est pas innocent. En effet, la mise en oeuvre de la TPD depuis quelques années maintenant limite la concentration maximale en nicotine des cigarettes électroniques à 20 mg/ml. Or pour les chercheurs, si la baisse de nicotine dans les comportements d’achat peut être un choix personnel, il est on ne peut plus clair que cette contrainte réglementaire impose un plafond qui ne favorise pas le potentiel de réduction des risques proposé par les cigarettes électroniques pour contrer les méfaits du tabac.

L’une des scientifiques de l’étude, Lynne Dawkins, était par ailleurs déjà signataire d’une déclaration en 2014 pour souligner les erreurs du futur cadre réglementaire européen.

Une tendance à la baisse de nicotine

Les spécialistes scientifiques du vapotage comme Konstantinos Farsalinos, Riccardo Polosa ou encore Jacques Le Houezec, expliquent souvent dans leurs interventions publiques qu’il vaut mieux augmenter son taux de nicotine et vapoter moins, que de vouloir le baisser à tout prix et d’accroitre par conséquent le volume de vapeur inhalé quotidiennement.

Certaines données économiques montrent pourtant clairement que les e-liquides en 6 mg/ml ont pris le dessus sur les liquides plus concentrés en nicotine. Une tendance qui s’accompagne par la commercialisation d’atomiseurs de plus en plus orientés vers la production de vapeur, des résistances très basses et des mods aux puissances augmentées, et qui par conséquent délivrent plus de nicotine par bouffée.

La popularisation de l’inhalation directe (direct lung inhalation ou DLI) inquiète également les chercheurs, car si la vape propose une forte réduction des risques généralement associés au tabac, la vapeur n’est pas totalement exempte de polluants. Augmenter ainsi le volume de vapeur via de très grosses bouffées, expose l’utilisateur à davantage de toxines, et notamment aux aldéhydes.

Pour aller plus loin :


(1) – Leon Kośmider, PhD, Catherine F Kimber, MBPsS, Jolanta Kurek, MSc, Olivia Corcoran, PhD, Lynne E Dawkins, PhD; Compensatory Puffing With Lower Nicotine Concentration E-liquids Increases Carbonyl Exposure in E-cigarette Aerosols, Nicotine & Tobacco Research, , ntx162, https://doi.org/10.1093/ntr/ntx162

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