Première victoire pour les sachets de nicotine au Royaume-Uni. Le gouvernement vient de confirmer qu’ils seront considérés comme une catégorie distincte dans le futur projet de loi sur le tabac et le vapotage, reconnaissant leur potentiel de réduction des risques.
Les sachets de nicotine reconnus comme moins risqués que le tabac

Ils ont tout d’abord rappelé que le Committee of Toxicity, dans son rapport, avait bien indiqué que les sachets de nicotine pourraient réduire les risques pour la santé chez les fumeurs, précisant qu’ils « présentent probablement moins de risques pour la santé que le tabagisme, car ils n’impliquent pas l’inhalation de substances nocives produites par la combustion du tabac, comme le goudron et le monoxyde de carbone. »
Le gouvernement s’est également engagé à « garantir que la politique de santé publique soit fondée sur des preuves et proportionnée », et que les produits oraux à base de nicotine seront bien considérés comme une catégorie à part entière dans la prochaine réglementation.
Le gouvernement a toutefois rappelé son inquiétude concernant leur utilisation par les jeunes, « en particulier les jeunes hommes », à cause de « leur forte teneur en nicotine, leur absorption rapide et leur potentiel d’être aromatisées. » Le ministère de la Santé a indiqué que la portée et l’impact de toute restriction « seront soigneusement examinés pour éviter des conséquences inattendues sur les taux de tabagisme chez les adultes ».
Il a également précisé que la future réglementation sera soumise à consultation afin que les différentes parties prenantes puissent plaider en faveur des mesures qu’elles estiment être les meilleures. Parmi elles, la limitation de la teneur en nicotine des sachets, à 20 mg. Une volonté partagée par le gouvernement et les défenseurs du white snus.
Entre régulation et concertation : l’approche britannique
La future législation des sachets de nicotine au Royaume-Uni entre dans le cadre plus large d’une véritable volonté gouvernementale de réglementer les produits contenant de la nicotine. Longtemps considéré comme l’Eldorado du vapotage, le pays travaille depuis plusieurs mois sur un projet de loi qui devrait largement freiner l’euphorie qui plane au-dessus de Londres.
Le Tobacco and Vapes Bill, adopté par la Chambre des Communes en mars 2025, et actuellement en discussion à la Chambre des Lords, bouleversera profondément le paysage de la vape britannique. Il interdira la publicité et le parrainage des produits contenant de la nicotine, réglementera l’emballage et le design des produits, contrôlera leur affichage en points de vente, interdira leur vente dans les distributeurs automatiques, et mettra en place un système de licence pour les détaillants. Le gouvernement aura également la possibilité, en cas de nécessité, de réguler les arômes des e-liquides, et leurs descriptions. Autant de mesures actuellement débattues à la Chambre des Lords, dont certaines font l’objet de différents amendements.
En parallèle, par le biais du Vaping Products Duty, une taxe sera mise en place sur les e-liquides, à hauteur de 2,20 £ par tranche de 10 ml, quel que soit leur taux de nicotine. Une taxation que le gouvernement justifie par une volonté de réduire l’attractivité et l’accessibilité financière du vapotage, particulièrement pour les jeunes et les non-fumeurs.
Si le Royaume-Uni s’éloigne de plus en plus de son image de paradis du vapotage, reste que le gouvernement met un point d’honneur à s’engager dans la voie d’une réglementation stricte, mais toujours en concertation avec les différents acteurs du marché. Une approche bien éloignée de celle de son voisin français, qui a tenté de mettre en place des mesures similaires dans son projet de loi de finances, sans consulter personne au préalable. Soulignons d’ailleurs qu’au pays du Roi Charles III, les mesures fiscales sur le vapotage font l’objet d’une loi distincte de celle qui réglementera le marché. Et que, contrairement à l’Hexagone qui a interdit les sachets de nicotine, le Royaume-Uni souhaite leur faire une place au sein de son arsenal de lutte contre le tabagisme.
En 2024, le taux de prévalence tabagique des personnes âgées de plus de 18 ans en Grande-Bretagne s’établissait à 10,6 %, soit le niveau le plus faible de son histoire.
