La vogue des e-cigarettes jetables, ou « puffs » apporte du bonheur aux boutiques de vape qui en proposent… Pour le moment. Mais le genre de bonheur qui revient claquer en plein visage, avec beaucoup d’élan.

Aux bonheur des carottes

Quelques chiffres ? D’après un très bon article du Figaro, le cigarettes électroniques jetables, ou puffs, représentent aujourd’hui en France déjà 10 % du marché. Et, sur certains points de vente, une augmentation nette du chiffre d’affaires de 20 à 30 %. Merveilleux ? Pas exactement.

Parce que les points de vente en question sont les bureaux de tabac. Buralistes qui ont la possibilité de verrouiller le marché avec la bénédiction des boutiques de vape.

Qu’est-ce qui faisait, jusqu’ici, la supériorité des boutiques spécialisées par rapport aux buralistes dans l’offre ? Le temps. Le temps passé à cerner au mieux les besoins des clients, à lui expliquer le fonctionnement de son matériel, à choisir des liquides et la bonne résistance. Même si des buralistes ont mis en place des coins vape avec un vendeur dédié, ils restent rares.

Avec les puffs, plus besoin : si le goût ne plaît pas, ou que le taux de nicotine n’est pas suffisant, ce n’est pas grave, on jette à la poubelle et on passe à la suivante. Les fumeurs ont déjà l’habitude de la consommation éphémère avec les paquets de cigarettes, cette logique ne les offusque pas outre mesure concernant la vape.

Les puffs ne sont pas le matériel idéal pour arrêter de fumer ? C’est parfait ! La stratégie de communication de la plupart des cigarettiers pour vendre leur matériel de vape est « fumer moins, fumer mieux ».

Un vapofumeur qui diminue sa consommation de tabac en compensant la différence par un puff s’en satisfera. Dans sa logique, diminuer sera une étape avant la tentative d’arrêt. Mais, à ce moment là, la vape sera vue comme une addiction à faire cesser en même temps que sa cigarette à combustion au lieu de la voir comme un outil d’arrêt. Avec un risque d’échec qui tutoie les sommets.

Aubaine passagère, les puffs sont en réalité la pire bombe à retardement qui menace les boutiques de vape. Elles ringardisent les compétences des conseillers, et détournent l’image de la vape pour proposer un produit qui la contredit intrinsèquement.

Source : Le Figaro

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de la rédaction.

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