Cette année, le budget, du point de vue des vapoteurs, a été l’exact contraire de la précédente. Pourtant, des amendements sur la vape, avec des règles, des taxes, des contraintes, sont votés. On vous explique pourquoi ça n’a pas la moindre importance.

Deux budgets pour une gabegie

Il y a un an presque jour pour jour, le monde du vapotage était en panique : taxe, agrément, restrictions diverses, votés, puis tombés, puis revotés, amendés avant que d’autres amendements annulent les précédents… Une période où les professionnels ont globalement peu dormi et où se sont dessinés deux camps jamais réconciliés, ceux qui pensaient que la vape indépendante devait rester aux boutiques et ceux qui voyaient son avenir chez les buralistes.

Une période où les journalistes du Vaping Post sont restés sur le pont quasiment trois mois non-stop, scrutant et analysant au milieu de la nuit les débats parlementaires. Un moment de folie pure, où les députés votaient des amendements plus vite qu’on écrivait nos articles sur le précédent, qui s’est conclu par ces mots : « dire qu’on remet ça l’année prochaine ». Et ça, c’était une erreur.

Parce que la présentation du budget 2027 a réservé d’emblée une surprise : rien sur la vape. Pas un mot. Même pas une petite taxe de rien du tout, point de tentative de monopole déguisé à l’horizon, toutes les mesures de l’an passé se sont évanouies comme le lapin sous le chapeau d’un magicien.

Il pleut des amendements

Évidemment, les amendements ont plu, proposant peu ou prou la même chose que l’an dernier, dans des textes dictés par les mêmes personnes. À la différence près que, cette fois-ci, l’intérêt qu’on y porte est à peu près le même que celui qui accompagne la sortie d’un album de Francis Lalanne.

C’est Aurélien Pradié, député du Lot, qui résumait la situation dans Le Monde du 3 novembre : « Personnellement, je suis incapable de m’investir sur un budget qu’on ne votera jamais. J’ai essayé de faire l’effort les deux dernières années. Là, je n’y arrive pas ». Dans le même article, Matthias Renault, député RN de la Somme, déclare : « On sait que tout sera balayé par le gouvernement. »

Tout tient en un chiffre : 48 milliards. Ce sont les dépenses supplémentaires qu’ont votées les députés. Dans un pays endetté à 119% du PIB, le projet gouvernemental prévoyait un effort que le Haut Conseil évaluait à près de 40 milliards d’euros hors charge d’intérêts, dont environ 23 milliards d’économies sur les dépenses et 17 milliards de recettes nouvelles. Le Haut Conseil le jugeait substantiel, mais insuffisant pour enrayer la hausse du poids de la dette, à cause de l’augmentation des taux d’intérêt qui faisaient grimper la facture annuelle de 12 milliards par an.

Selon Public Sénat, les cabinets d’audit estiment à 126 milliards par an les économies nécessaires pour enrayer la spirale de la dette. Voilà donc la situation : la France est surveillée comme le lait sur le feu par la Banque centrale européenne et le FMI. La moindre augmentation des dépenses déclencherait sans doute dans les semaines à venir le placement du pays sous tutelle, comme le furent la Grèce et l’Italie.

Futur futile

Dès lors, il y a deux hypothèses : soit le budget passe tel quel par le 49-3, nettoyé de tout ce que l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté. Soit il est décrété par une loi spéciale, pour faire fonctionner le pays a minima jusqu’à l’élection présidentielle et l’élection (éventuelle) d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale.

Enfin, le gouvernement ne souhaite pas se compliquer la vie avec des mesures sur la vape alors que l’Europe y travaille de son côté.

Alors, pourquoi les députés, et après eux les sénateurs, discutent et votent des mesures sur la vape, en sachant qu’elles vont de toute façon tomber ? Pour faire avancer leurs agendas politiques sur le sujet, par espoir qu’ils passent entre les gouttes, pour le panache. Oui, on peut le dire : pour rien.

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