Cancer
Le vapotage après l’arrêt du tabac « augmente significativement le risque de cancer du poumon »
L'étude coréenne reprise par Doctissimo observe une association entre vapotage après l'arrêt du tabac et cancer du poumon, sans établir de lien de cause à effet, comme ses auteurs l'écrivent eux-mêmes. Le vapotage n'a été mesuré qu'une fois, sans durée ni intensité, et les anciens fumeurs comparés n'avaient pas le même passé tabagique. Une analyse de cette étude révèle également que l'utilisation du tabac chauffé n'a pas été différenciée de la vape.
L’affirmation d’origine
Doctissimo
Cancer du poumon : vapoter après l’arrêt du tabac augmenterait les risques de 56 % selon une nouvelle étude
Internet · · Source des propos
Notre analyse
L’étude dont il s’agit porte sur 4 524 895 adultes coréens ayant un passé de fumeur, suivis entre 2018 et fin 2023. Les auteurs ont classé les participants en fumeurs actuels, anciens fumeurs récents ou de longue date, avec ou sans usage quotidien de cigarette électronique. Ils comparent ceux qui vapotent après l’arrêt à ceux qui ont arrêté toute consommation.
Par rapport à ces anciens fumeurs sans vape, l’usage de la cigarette électronique est associé à un risque de cancer du poumon accru de 56 % et à un risque de décès par ce cancer doublé. Les auteurs concluent que la causalité ne peut pas être établie, et que la vape « pourrait atténuer » les bénéfices de l’arrêt. Le chapô de l’article transforme cette prudence en affirmation causale.
L’exposition est mesurée de façon très sommaire : un seul questionnaire, en 2018, demandant si la personne vapote quotidiennement. L’étude ne dit rien de la durée du vapotage, de son intensité, ni du produit utilisé. Le délai depuis l’arrêt du tabac est reconstitué par comparaison avec des examens de 2012 à 2014, ce qui ne permet qu’un classement grossier (moins ou plus de cinq ans).
Les deux groupes comparés diffèrent aussi par leur passé tabagique. L’article le reconnaît lui-même : dans le groupe où l’écart est le plus marqué, les anciens fumeurs sans vape avaient arrêté depuis bien plus longtemps. Or le risque de cancer du poumon diminue progressivement pendant des années après l’arrêt. Les fumeurs qui passent à la vape sont aussi souvent les plus dépendants, ceux qui n’ont pas réussi à arrêter autrement, et la dépendance au tabac est elle-même associée à un risque plus élevé.
Une analyse prépubliée en août 2026, et donc pas encore relue par les pairs, ajoute une autre faiblesse. Selon elle, le questionnaire utilisé ne distingue pas la cigarette électronique du tabac chauffé, qui contient du tabac. Dans une autre enquête nationale coréenne, 79 % des anciens fumeurs utilisant ces produits consommaient du tabac chauffé.
Enfin, l’étude confirme que les anciens fumeurs qui vapotent restent nettement moins exposés que les fumeurs qui continuent, ce que l’article mentionne.
Consulter les sources (2)
- Electronic cigarette use after smoking cessation and lung cancer risk — Kim Y. W. et al · 8 juin 2026
- Product mix and time since cessation among Korean former smokers using non-combusted nicotine products: a KNHANES analysis with implications for lung cancer risk comparisons — Cook S, Cohen G , Cummings KM · 13 août 2026
