Cancer
Un article pointe « les premières alertes sur les effets du vapotage à long terme »
Que passer de la cigarette à la vape réduise les risques est solidement établi. Que ce bénéfice soit moindre qu’un arrêt complet reste une hypothèse : l’étude coréenne citée par Le Progrès repose sur quelques dizaines de cancers, et son résultat ne résiste pas à toutes ses propres vérifications.
L’affirmation d’origine
Le Progrès, « en partenariat avec Destination Santé »
Autrement dit, remplacer la cigarette par la e-cigarette diminue les risques liés au tabagisme, mais le bénéfice reste inférieur à celui obtenu après un arrêt complet, sans poursuite de l’inhalation de nicotine.
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Notre analyse
La première moitié de la phrase du Progrès est juste. La seconde, en revanche, reprend une hypothèse des auteurs de l’étude coréenne publiée dans Nature Medicine en juin 2026, mais la présente comme un résultat établi. Les chercheurs écrivent pourtant que leur travail ne permet pas de conclure à un lien de cause à effet.
Le surrisque de 56 % repose sur très peu de cas. Chez les anciens fumeurs qui vapotaient quotidiennement, l’étude a recensé 71 cancers du poumon au total, contre plus de 18 000 chez ceux qui avaient arrêté sans vape. Avec si peu d’événements, quelques erreurs de classement suffisent à déplacer le résultat.
Et ces erreurs sont possibles, puisque le statut de chaque participant repose sur ses propres déclarations, recueillies en 2018. Le calcul principal suppose que personne n’a changé de groupe ensuite. Les auteurs ont refait l’analyse en tenant compte des changements de comportement, pour les participants revus en 2019 et 2020. Pour l’usage quotidien de la vape, la définition retenue dans toute l’étude, le surrisque tombe à 38 % et n’est plus statistiquement significatif. Il le redevient en revanche lorsque tout usage de la vape est pris en compte, même occasionnel.
Un autre résultat de l’étude invite à la prudence. Les fumeurs qui vapotaient en plus de leurs cigarettes avaient un risque de cancer du poumon inférieur de 22 % à celui des fumeurs exclusifs. Les auteurs l’expliquent par une consommation de tabac réduite. Un tabagisme résiduel que les participants n’auraient pas déclaré pourrait de la même façon expliquer le surrisque observé chez les anciens fumeurs qui vapotent.
Enfin, le cancer du poumon met des décennies à se développer. Avec un suivi de six ans au plus, chez des personnes qui vapotaient depuis quelques années seulement, les cancers observés reflètent avant tout leur passé de fumeur. Parler d’un suivi « des conséquences du vapotage » pendant six ans est d’ailleurs inexact : dans l’analyse principale, l’usage de la cigarette électronique n’a été relevé qu’une fois, au début de l’étude.
Soulignons par ailleurs que, dans son rapport de décembre 2025, l’Anses a indiqué que les études menées jusqu’ici chez des vapoteurs n’avaient mis en évidence aucune tumeur.
Consulter les sources (2)
- Electronic cigarette use after smoking cessation and lung cancer risk — Kim Y. W. et al. · 8 juin 2026
- Évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage — Anses · 12 décembre 2025
