Vous êtes ici : Vaping Post » Cigarette électronique : le guide ultime » Les ingrédients des e-liquides pour cigarette électronique

Les ingrédients des e-liquides pour cigarette électronique

La nicotine est la raison principale derrière la consommation de cigarettes. Cette substance, présente dans la plante de tabac elle-même, crée une dépendance incitant l’utilisateur à l’absorber de manière régulière. La nicotine accélère la fréquence cardiaque, augmente la pression artérielle, peut avoir des effets nocifs durant la grossesse, mais elle n’est toutefois pas cancérigène en tant que telle.

Pour continuer d’approfondir la question de la relation possible entre cigarette électronique et cancer, nous nous intéressons brièvement ici aux ingrédients principaux qui composent les e-liquides.

La nicotine

De manière générale, les chercheurs s’accordent à dire qu’elle ne présente pas un réel danger pour la santé. De plus, aucune publication scientifique n’a pour l’instant démontré des effets cardiovasculaires provoqués par la cigarette électronique, autres que ceux attribués à la nicotine [1].

Dans la « vapeur » produite par une cigarette électronique, la nicotine contenue se dépose sur les surfaces environnantes, mais dans des quantités jusqu’à dix fois inférieures à celles présentes dans la cigarette classique [2]. À titre d’exemple, un enfant devrait lécher plus de 30 mètres carrés de surface exposée pour obtenir 1 mg de nicotine [3], et toute surconsommation se traduit habituellement pour l’utilisateur adulte par un « avertissement » physique, sous forme de nausée.

Le propylène glycol

Le propylène glycol est un liquide communément utilisé comme additif alimentaire. S’il est ingéré, les agences de santé à travers le monde le considèrent généralement comme inoffensif pour l’être humain. On le trouve également dans certains cosmétiques et médicaments, dans un spray buccal de nicotine [4], ou encore comme composant de fumée synthétique, utilisée par exemple au cours de spectacles.
Les études sur des animaux n’ont pas révélé de dommages sur leurs organes internes à long et moyen-termes [5], mais il est connu qu’une exposition prolongée et régulière peut provoquer des toux et des irritations des voies respiratoires chez l’homme.

La glycérine végétale

La glycérine végétale est également considérée comme un additif alimentaire. Présente dans le dentifrice ou certains médicaments, elle ne fait pas partie des substances cancérogènes, mais peut irriter les yeux et les voies respiratoires. Il convient de noter qu’au même titre que le propylène glycol, la glycérine végétale a surtout été étudiée lors de son ingestion, et non de son inhalation, en tant qu’ingrédient de liquide pour cigarette électronique. Il s’agit donc d’une substance dont l’usage est très répandu, mais dont tous les effets ne sont pas encore connus.

De plus, chauffés à des températures extrêmement élevées, le propylène glycol et la glycérine végétale génèrent des substances potentiellement cancérogènes, comme le formaldéhyde et l’acétaldéhyde, à des niveaux comparables ou supérieurs à ceux détectés dans des cigarettes. Cet exemple a régulièrement été présenté dans les médias afin de tenter de démontrer la prétendue toxicité de la cigarette électronique.

Toutefois, deux commentaires s’imposent. Premièrement, l’expérience réalisée a largement été critiquée par la communauté scientifique pour son manque de rigueur (matériel employé, imprécisions techniques) et ses résultats ne sont donc pas représentatifs. L’étude a d’ailleurs été publiée sous forme de « courrier des lecteurs », et non comme un article scientifique [6]. Deuxièmement, dans les conditions d’utilisation normales d’une cigarette électronique récente, les taux de ces substances se sont avérés négligeables en comparaison de ceux trouvés dans les cigarettes traditionnelles [7].

Ajoutons encore que comme la nicotine, la glycérine végétale produite en laboratoire pharmaceutique présente moins d’impuretés, et donc moins de dangers potentiels. L’emploi de produits testés scientifiquement, et fabriqués avec rigueur, permettra ainsi de diminuer encore les risques pour le consommateur.

Les arômes

Si l’on s’en tient aux études actuelles, les arômes présents dans les liquides ne posent généralement pas de risques majeurs pour la santé. Toutefois, cela ne signifie pas qu’ils sont exempts de substances potentiellement nocives. Certains composants peuvent s’avérer dangereux sous forme d’aérosol, à l’exemple du diacétyle. Ingérée, cette substance (utilisée dans les arômes de popcorn) ne pose pas de problème particulier, mais son inhalation régulière et prolongée peut créer des troubles pulmonaires irréversibles.
Il en va de même pour la réglisse, qui peut influer sur l’hypertension artérielle, ou encore l’arôme de cannelle [8]. Mentionnons enfin que les liquides à l’arôme de tabac ne présentent pour l’instant pas de risques connus particuliers, puisqu’ils ne sont soumis à aucun phénomène de combustion.

Références

[1] Royal College of Physicians, Nicotine without smoke, Tobacco harm reduction, 2016, 81.
[2] Czogala, Goniewicz, Fidelus et al., Secondhand Exposure to Vapors From Electronic Cigarettes, Nicotine & Tobacco Research, Volume 16, Number 6655, 2014, 655.
[3] Public Health England, E-cigarettes: an evidence update, 2015, 65.
[4] http://www.stop-tabac.ch/fr/decryptage-des-e-liquides
[5] Royal College of Physicians, Nicotine without smoke, Tobacco harm reduction, 2016, 81.
[6] ensen, Luo, Pankow et al., Hidden Formaldehyde in E-Cigarette Aerosols, The New England Journal of Medicine, 2015, 372, 392-94.
[7] Royal College of Physicians, Nicotine without smoke, Tobacco harm reduction, 2016, 82.
[8] http://www.stop-tabac.ch/fr/decryptage-des-e-liquides

Pour aller plus loin

Annonce

Cet article a plus de 10 jours, les commentaires sont donc fermés. Merci de votre compréhension.