Les dangers de la cigarette électronique

Les principales études s’accordent pour estimer que les risques inhérents à la cigarette électronique ne dépassent pas 5% de ceux posés par la fumée du tabac [1]. Très récemment, la conclusion d’une étude (portant sur un modèle spécifique de cigarette électronique) présentait des concentrations de toxicité réduites jusqu’à 99% en comparaison d’une cigarette classique [2].

Cet article est un développement de notre thématique sur la cigarette électronique et le cancer.

Un produit nouveau

Certaines études ne chiffrent pas les dangers potentiels sur la longue durée. D’autres considèrent que si la cigarette électronique est 95% moins dangereuse que la cigarette classique, les 5% restants représentent une estimation prudente des risques potentiels posés sur le long terme par les arômes et les composants [3]. Certains encore insistent sur le fait qu’il est aujourd’hui impossible de présenter des conclusions certaines et définitives.

Selon l’une de ces études, la majorité des modèles soumis à des tests ont révélé des niveaux de toxicité bas, et ne présenteraient par conséquent pas de danger pour l’utilisateur. Toutefois, les auteurs expliquent qu’il ne s’agit pas d’un critère fiable, à cause du nombre grandissant de modèles de cigarettes électroniques et de liquides disponibles sur le marché, qui n’ont pas encore été testés [4]. Enfin, pour l’Organisation Mondiale de la Santé, il est probable que les cigarettes électroniques soient moins toxiques que le tabac, mais il n’existe –selon eux– aucune preuve de leur efficacité pour arrêter de fumer [5].

Au final, les résultats de ces différentes recherches peuvent varier et être interprétés de manières différentes, mais presque toutes tombent d’accord sur deux points. Premièrement, les résultats actuels sont encourageants, toutefois l’utilisation des cigarettes électroniques pour arrêter de fumer doit encore être étudiée. Rien ne peut être affirmé aujourd’hui de manière scientifique et établie, à cause du manque de données [6].

Deuxièmement, rappelons que les processus de confection des cigarettes électroniques, de leurs composants, et des liquides, gagneront à la création de standards de fabrication. Au vu des disparités actuelles entre les modèles et les marques, les taux d’émission de substances nocives varient considérablement [7]. De telles normes permettront de diminuer encore les risques d’exposition de l’utilisateur aux substances toxiques, et de maximiser le potentiel de la cigarette électronique pour aider le fumeur à stopper totalement sa consommation de tabac.

Ce qu’il faut retenir

Pour ces raisons, l’usage des cigarettes électroniques doit être réservé à une catégorie spécifique de consommateurs. Utilisées comme substituts aux cigarettes classiques, elles permettent de diminuer grandement les dégâts causés par le tabac aux fumeurs, tout en proposant des niveaux de nicotine similaires à ceux trouvés dans les cigarettes [8]. Leur usage est donc largement préférable à celui des produits du tabac conventionnels.

Pourtant, utilisées par des non-fumeurs, les cigarettes électroniques pourraient s’avérer plus néfastes que bénéfiques, puisqu’une plus grande part de la population serait exposée à leur toxicité potentielle, transformant en produit de consommation courante un appareil destiné au sevrage tabagique [9]. C’est notamment le cas des particules de métaux émises lors de la production de « vapeur », négligeables en comparaison d’une cigarette classique, mais qui présentent une source de risque inutile pour un non-fumeur [10].

Il en ressort que les cigarettes électroniques ne sont pas totalement sans risques pour la santé, aussi minimes soient-ils, et ces derniers pourraient dans le futur être encore réduits à la fois par des régulations d’utilisation, ainsi que par un développement technologique de leurs composants [11].

Références

[1] Public Health England, E-cigarettes: an evidence update, 2015, 76.
[2] Margham, McAdam, Forster et al., Chemical Composition of Aerosol from an E-Cigarette: A Quantitative Comparison with Cigarette Smoke, Chemical Research in Toxicology, October 2016, 1675. Cette étude a été financée et réalisée par le fabricant de cette cigarette électronique spécifique, une multinationale du tabac.
[3] Public Health England, E-cigarettes: an evidence update, authors’ note, 2015.
[4] Hartmann-Boyce, McRobbie, Bullen et al., Electronic cigarettes for smoking cessation (Review), Cochrane Database of Systematic Reviews, Issue 9, 2016, 7.
[5] http://www.who.int/nmh/events/2014/backgrounder-e-cigarettes/fr/
[6] Hartmann-Boyce, McRobbie, Bullen et al., Electronic cigarettes for smoking cessation (Review), Cochrane Database of Systematic Reviews, Issue 9, 2016, 23.
[7] Cheng, Chemical evaluation of electronic cigarettes, Tobacco control, February 2014, ii11.
[8] Goniewicz, Gawron, Smith et al., Exposure to Nicotine and Selected Toxicants in Cigarette Smokers who Switched to Electronic Cigarettes, Nicotine &Tobacco Research, Volume 19, 2017, 166.
[9] Royal College of Physicians, Nicotine without smoke, Tobacco harm reduction, 2016, 122.
[10] Farsalinos, Voudris, Poulas, Are Metals Emitted from Electronic Cigarettes a Reason for Health Concern? A Risk-Assessment Analysis of Currently Available Literature, Res. Public Health, 2015, 12, 5216.
[11] Royal College of Physicians, Nicotine without smoke, Tobacco harm reduction, 2016, 186, et Farsalinos, Voudris, Poulas, Are Metals Emitted from Electronic Cigarettes a Reason for Health Concern? A Risk-Assessment Analysis of Currently Available Literature, Res. Public Health, 2015, 12, 5228.

Pour aller plus loin