La cigarette électronique contient 10 fois plus de composés cancérigènes que la cigarette de tabac. Oui vous lisez bien.

L'e-cigarette serait, elle aussi, cancérigène, d'après une mauvaise dépêche AFP depuis reprise en boucle.

L’e-cigarette serait, elle aussi, cancérigène, d’après une mauvaise dépêche AFP depuis reprise en boucle.

C’est en substance ce que les médias britanniques, à l’image du Daily Mail, sont en train de véhiculer dans leurs gros titres de la journée, l’e-cigarette étant un sujet très lucratif quand on l’associe à la peur. C’est une dépêche AFP envoyée ce jeudi qui serait à l’origine du raz-de-marée et dans laquelle on apprend qu’un groupe de scientifiques aurait rendu le rapport d’une étude sur la cigarette électronique commanditée par le Ministère de la Santé du Japon.

Les deux mêmes ingrédients cuisinés dans une sauce OMS

Nous n’avons pas encore le détail de cette étude ni du rapport, mais il semblerait que le contexte de cette information reste malheureusement assez classique. Deux composés que l’on connait bien seraient en fait mis en cause : le formaldéhyde et l’acétaldéhyde. La présence de ces composés dans la vapeur n’est pas nouvelle, de nombreuses études ont en effet mis en évidence certains niveaux de concentration jugés comme préoccupants sans pour autant remettre en cause le pouvoir de réduction des risques que le produit peut apporter aux fumeurs de tabac.

Il faut rappeler que la grande majorité des composés jugés comme très nocifs (qui se comptent en milliers) ou cancérigènes avérés (environ une soixantaine) dans la fumée des cigarettes de tabac n’est pas présente dans la vapeur des cigarettes électroniques. Selon certaines conclusions d’études (fortement conditionnées par les protocoles utilisés) les composés préoccupants qui peuvent se trouver dans la vapeur se comptent sur les doigts de la main et restent à des niveaux très inférieurs à ceux détectés dans la fumée du tabac.

Dire aujourd’hui, comme le fait le journal Les Échos, que la cigarette électronique est elle aussi cancérigène est un non-sens et représente un véritable danger pour la santé publique. Apeurer les fumeurs sur une méthode de réduction des risques, c’est les conforter dans leur consommation de tabac.

D’après les articles de presse parus pour le moment, ni le directeur d’étude (Naoki Kunugita) ni le Ministère de la Santé du Japon n’aurait commenté cette actualité. L’AFP n’a en revanche pas attendu pour greffer à cette information les derniers communiqués de l’OMS pour saler encore un peu plus la nouvelle. Le véritable caractère alarmiste de cette mauvaise actualité proviendrait également de la chaine de télévision japonaise TBS qui aurait hâtivement tiré des conclusions sur la présence de ces deux composés.

Cet article sera mis à jour au fil de la journée.


Mise à jour : 13h44

L’étude en question est disponible sur le site du Journal of Environmental Research and Public Health, publiée le 28 octobre 2014. Si il s’agit bien de celle-ci, à notre grande surprise les conclusions ne mentionnent en aucune façon une cause de cancer de l’e-cigarette ou une augmentation des risques qui serait similaire ou supérieure à la fumée du tabac.

Voici la conclusion des chercheurs :

Des études ont montré que les cigarettes électroniques pouvaient émettre des composés carbonylés, issus d’une décomposition thermique. Ces substances peuvent avoir un effet néfaste sur la santé; cependant, dans la plupart des cas, ces niveaux sont en dessous de ceux trouvés dans la fumée de cigarettes. Il est important d’étendre la recherche dans ce domaine, pour mieux comprendre l’origine des composés carbonylés émis par les e-cigarettes et trouver des moyens de les réduire.

Le niveau le plus élevé que les chercheurs ont pu détecté était 8 fois inférieur à celui compris dans la fumée de tabac (table 1 dans le document de l’étude).


Source : “Carbonyl Compounds Generated from Electronic Cigarettes” / Kanae Bekki, Shigehisa Uchiyama, Kazushi Ohta, Yohei Inaba, Hideki Nakagome and Naoki Kunugita.
Int. J. Environ. Res. Public Health 2014, 11(11), 11192-11200; doi:10.3390/ijerph111111192


Mise à jour : 15h56

Commentaires de Konstantinos Farsalinos

Il est intéressant de noter que les médias rapportent la présence de carcinogènes – au pluriel – pourtant le texte ne mentionne que le formaldéhyde. Cette substance « trouvée dans les matériaux de construction et de liquides d’embaumement » est en fait présente partout dans l’environnement, dans chaque maison, dans chaque ville, village, région urbaine ou rurale. Tout le battage médiatique ne concerne en fait qu’une seule substance. Le titre est trompeur, car le niveau de formaldéhyde 10 fois plus élevé que dans les cigarettes de tabac ne concerne qu’une seule marque d’e-cigarette.

L’histoire qui se cache derrière tout cela est encore plus intéressante. J’ai immédiatement contacté le professeur Kunugita pour lui demander les résultats de l’étude. Sa réponse a été instantanée, elle mentionne la liste des études publiées qui lui ont fourni ces résultats. Les résultats de l’analyse de 13 marques japonaises sont présentées dans le tableau 1. Ils ont été obtenus dans le cadre d’une étude récente sur les carbonyles générés par l’e-cigarettes. Cette étude a été publiée [ndlr: comme mentionné plus haut] dans International Journal of Environmental Research and Public Health.

Via E-cigarette Research


A lire également : Communiqué de presse de la FIVAPE

  • Roger Arbogast

    Il est étonnant de voir de tels chiffres après les autres études effectuées sur les mêmes composés.

    J’aime beaucoup cet extrait du Daily Mail : “Especially when the… wire (which vaporises the liquid) gets overheated, higher amounts of those harmful substances seemed to be produced.”

    (trad : Plus particulièrement quand le… fil (qui vaporise le liquide) (ndt: la résistance) surchauffe, les substances dangereuses semblent être crées en plus grandes quantité)

    Faut-il en conclure que vaper du dry hit est est plus malsain ? :o)

    • Céline Djibaoui

      En même temps perso c’est comme ça que j’aime vaper, dry hit sur dry hit.
      D’ailleurs quand je fumais des clopes, ma spécialité c’était de fumer les filtres de cigarettes aussi.
      Et puis question pate plutot que de les faire bouillir j’aime bien les faire cuire au barbecue, c’est un peu croquant mais on sent bien le gout de fumé.

      Des études cohérentes, bravo les scientifiques.

  • Nagao

    c’est sur que si les mecs ils analysent jusqu’au dry hit a la fin ils trouvent des composants et des chiffres affolant, encore une fois tout est subjectif, comment on t’ils fait leur test ? Avec quel matériel ? Quel e-liquide ? Quelle valeur de résistance ? Combien de watt ? Quel méche (coton, silica, fibre, sopalin, chiffon…) ?
    Du moment où ca décrédibilise la vape et que ca fait parler peu importe, on sort une étude et surtout la presse en fait l’écho histoire de gratter des lecteurs ou de l’audience.
    Pauvres con.

  • Jean-Louis

    L’etude compléte est ici:
    http://www.mdpi.com/1660-4601/11/11/11192/htm
    Ils utilisent de l’hydroquinone qui est interdite en Europe: http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydroquinone

    • J’avais vu cette étude en effet, mais j’ai un doute qu’il s’agisse bien de celle-ci, pour deux raisons : la première c’est que les articles de presse auraient mentionné la source (pour les plus sérieuses du moins) et la seconde c’est que les conclusions de cette étude explique que les taux d’acroléine et formaldéhyde sont de 13 à 800 fois inférieurs à ceux de la fumée du tabac. je ne vois nulle part des taux multipliés par 10 comme on a pu le lire dans la dépêche AFP.

      • Correction il s’agit bien de celle-ci selon Konstantinos Farsalinos (joint ce matin).

        • Jean-Louis

          T’a-t-il donné des précisions pendant la conversation? En tant qu’external editor, il a du avoir accés á l’ensemble du protocole ainsi que les limites et réservations á prendre en compte (temperature de chauffe)…

          • discussion en cours, j’attends de ses nouvelles …

          • aucun soucis sur le protocole selon Farsalinos, il pense comme nous que : soit ce n’est pas de cette étude dont il s’agit, soit c’est un énorme mensonge (médias/AFP). Affaire à suivre.

          • Jean-Louis

            Merci

    • Starlyte Ht

      Merci pour les specifications, et, de toute facon, je DIY mes jus, et jamais j’en ajout du hydroquinone, quoi que ca fait, et n’imagine, meme pas dans mes reves les plus noires, pourquoi eux ils en ajoutent! Mais, quand ca m”arriveje fait gaffe ou j’achete une bouteille de eliquide, pas la bas. Le “journal”, meme de peu de repute, a fait un tres mauvaise pub pour Japoneses ejuices!

  • Herve Frydlender
  • Ronish J.

    Après lecture du papier, voici un résumé:

    – En 2010, une bande de joyeux japonais a inventé une nouvelle méthode d’analyser la fumée de cigarette appelée HQ-DNPH,

    – En 2011, ils appliquent leur méthode à l’e-clope sur le marché japonais.

    – L’échantillon comprend 13 marques différentes (NDLR: anonymisées pour les besoins de l’étude),

    – 4 de ces marques n’ont rien donné de nocif : J, K, L, M (NDLR: ce qui est quand même bien! Protection des données oblige, on ne connaîtra pas ces
    marques),

    – Les autres marques ont obtenu des résultats très variables,

    – Notamment, deux de ces marques (E et F) ont une variabilité extrême -> veut dire que une minute ça dégage rien de nocif, et la minute d’après c’est l’apocalypse (mais encore moins apocalyptique que du tabac classique),

    – Conclusion: si le liquide est cramé par inadvertance par le filament, ça génère des trucs pas bon, et en 2011, l’efficacité des e-clopes telles que E et F était très médiocre,

    – En 2014, ils republient le même article dans un journal différent.

    – Ils rajoutent que les voltages élevées peuvent produire des taux élevés de substances nocives (NDLR: logique!). Mais bien sur, il faut déjà que votre e-clope soit défaillante -> lire que le liquide soit cramée directement par le filament, plutôt que vaporisé à distance par la chaleur produite par ce même filament),

    Ce que j’en tire:

    – Dans la majorité des cas analysés, les niveaux de substances nocifs sont moins que dans des clopes classiques.

    – Il ne faut pas rigoler avec les résistances -> ne pas survolter, et ne pas sur-utiliser. Tout comme les lentilles de contact, les pneus usagés sur la voiture, etc.

    – Utiliser des marques de clope et de liquide de renom.

    – Depuis cette étude qui date de 2011, l’écosystème e-clopes a grandement évolué (Plus/peu de glougloutage, liquides conformes, systèmes BDC, BVC, etc, plus performants). Le souci c’est qu’il l’a été un peu à nos dépends! C’est ça le cycle de dév ingénierie à la Chinoise 😉

    – 100 médecins français dont des tabacologues qui militent pour l’e-clope, ça ne s’enterre pas.

    – Finalement et le plus important: par ces temps de mauvais journalisme et de sensationnalisme, il faut surtout se protéger en vérifiant les infos qu’on nous colporte. 1 vieille étude qui plus est, conduite au Japon, généralisée à tout le monde ça fait lourd…

  • Jean-françois Barault

    Sur France inter , l’info a été diffusée, la e-cig contient des produits cancérigènes sans aucune distinction et certaine sont même plus nocivent que la clop, affligeant a quel point les médias français sont des moutons.

  • guitou34

    C’est sur que répéter pour la nième fois que la e-cig est bien moins toxique que la cigarette, c’est pas vendeur.

  • lolomazerratti

    Bon, ben pour la peine, je me commande 10 litres de PG/VG pour mes arômes.

  • Ghyslain,

    Je prépare également un article sur cette mauvaise information. Je te remercie pour cet article et également d’avoir contacté le Docteur Farsalinos.

    “Le niveau le plus élevé (de formaldehyde) que les chercheurs ont pu détecté était 8 fois inférieur à celui compris dans la fumée de tabac”. Je n’arrive pas à trouver cette information dans le tableau 1 comme tu le mentionnes.

    Par ailleurs, dans la conclusion “in most cases, the levels are lower than those in tobacco cigarette smoke […]” –> cela veut bien dire que dans au moins 1 cas ce niveau est supérieur, non?

    eVAP – Blog d’infos sur la e-cig au Québec
    http://evap.ca/

  • Starlyte Ht

    A Dry Hit is unpleasant, but, evidently, one is not intoxicated by the product (eliquid) as it’s absent! A contradiction, among others, on which this torchon bases its article! Any how, so much fuss over a newspaper with so little respect for verity is out of any realistic thought process, and should be taken with the pinch of salt merited, no pepper, either!, IMHO 😉