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Revue de presse de juillet : L’ombre médicale plane-t-elle sur l’e-cigarette ?

Trois médias en ligne composent notre revue de presse de cette fin du mois de juillet. Il s’agit d’une part de la très célèbre émission de santé Allo Docteur qui a abordé le sujet de l’e-cigarette avec le Docteur Anne Borgne. Puis nous évoquons les mesures qui peuvent être adoptées prochainement par le parlement européen, grâce aux explications d’un forumeur de la plateforme ecigarette-public. Enfin, nous faisons une synthèse d’une publication réalisée par l’institut Rhône-Alpes Auvergne de Tabacologie, disponible en téléchargement sur le site sante.gouv.fr.

L’e-cigarette “éminemment moins dangereuse que la cigarette classique”

La cigarette électronique est-elle moins nocive que la cigarette classique ? sur allodocteurs.fr

La cigarette électronique est-elle moins nocive que la cigarette classique ? sur allodocteurs.fr

Le professeur Dautzenberg a récemment évoqué le risque d’incitation à fumer de l’e-cigarette. C’est peut être cette hypothèse qui a contribué à élaborer certaines des mesures prises dernièrement par Marisol Touraine, la ministre de la santé. Le Docteur Anne Borgne, invité de l’émission Allo Docteur sur France 5, n’est manifestement pas du même avis que son homologue. En effet, elle explique qu’elle a ressenti une sensation étrange lors de son premier « vapotage ». Michel Cymes, co-présentateur, qui n’a jamais été fumeur, explique quant à lui qu’il avait également essayé le produit et qu’il avait eu un « goût désagréable dans la gorge ». L’essai d’un tel produit n’est donc pas forcément attractif pour tout le monde. En dehors de données crédibles sur la question (les principales infirment pour le moment l’hypothèse d’initiation) donc il nous est difficile d’affirmer qu’il inciterait les jeunes à fumer.

Anne Borgne a également abordé la dangerosité du produit comparativement à la cigarette classique. Pour elle, il n’y a aucun doute, la cigarette électronique est « éminemment moins dangereuse que la cigarette classique. » Tout simplement car on ne retrouve pas certaines substances comme les produits de combustion, les goudrons ou encore le monoxyde de carbone.

La cigarette électronique en vente seulement en pharmacie ?

La réalité de la Directive Tabac, après les amendements du 10/07 sur ecigarette-public.com

La réalité de la Directive Tabac, après les amendements du 10/07 sur ecigarette-public.com

Un contributeur (StephSG) du forum ecigarette-public a rassemblé les informations relatives à la nouvelle proposition de directive Tabac, issue de la commission ENVI, qui sera proposée au parlement Européen en septembre prochain.

Comme expliqué dans précédent article, l’un des amendements évoque la possibilité de considérer tous les produits contenant de la nicotine (PCN) comme des produits de substitution nicotinique afin d’arrêter de fumer.

Tous les PCN, quel que soit leur contenance nicotine, serait en outre considérés comme des médicaments.

On peut déjà énoncer d’éventuelles conséquences si cette proposition était adoptée (l’AIDUCE en parle d’ailleurs très bien dans son dernier magazine), cela entrainerait une forte baisse d’attractivité du produit pour les vapoteurs. Nous pouvons même estimer quand ces changements s’opèreraient. En effet, l’article 25 explique que la transposition de cette directive européenne sur le plan national se ferait 1 an et demi après l’entrée en vigueur de la loi (cela nous amène à mars 2015).

Le site du parlement européen relaie un avis néanmoins moins tranché sur la question. Les cigarettes électroniques doivent bien être considérées comme des médicaments…mais selon les députés, chaque État-membre doit faire en sorte que la commercialisation de ces produits ne se fasse pas seulement en pharmacie, car ils ont un réel potentiel dans l’aide à l’arrêt du tabac (voir le communiqué de presse du 10 juillet 2013 de la commission ENVI).

Le vapotage favorise la diminution de la consommation de tabac

Que dit la littérature sur la cigarette électronique ? par l'Institut Rhône-Alpes Auvergne de tabacologie sur le site sante.gouv.fr

Que dit la littérature sur la cigarette électronique ? par l’Institut Rhône-Alpes Auvergne de tabacologie sur le site sante.gouv.fr

L’institut Rhône-Alpes Auvergne (IRAAT) de Tabacologie a quant à lui réalisé un document (dont l’auteur est à priori Gérard Mathern) sur la cigarette électronique intitulé « Que dit la littérature ? »

On peut y découvrir dans un premier temps une infographie présentant le fonctionnement du produit.

L’IRAAT énonce dans un second temps la composition des e-liquides, sans oublier d’expliquer que celles-ci contiennent des niveaux de nicotine qui peuvent varier sensiblement.

On apprend dans ce document ensuite les raisons principales qui poussent les individus à utiliser la cigarette électronique. L’argument économique est notamment mis en avant par les consommateurs. Les résultats de plusieurs études (dont la plupart ont déjà été évoquées ici) sont présentés dans une dernière partie. L’une d’entre elles tend à démontrer que le vapotage favorise la diminution de consommation de tabac, et qu’elle permettrait également l’arrêt du tabac pour une partie des consommateurs, même quand ceux-ci n’ont pas de réelles intentions d’abstinence.

Les propos qui suivent sont ceux de Ghyslain Armand.

Les points importants de ce document restent sans doute la citation d’une étude de Goniewicz qui infirme le risque d’initiation au tabagisme ainsi que la reconnaissance générale de ce produit par l’auteur comme un réducteur de risques.

Une reconnaissance illustrée dans cette conclusion : “[le vaporisateur personnel permet] l’arrêt de l’intoxication par la fumée de tabac […] (… des vies sauvées)“.

Une grille de lecture un peu plus cynique est également possible :

Même si plutôt positif, le ton de l’IRAAT reste fidèle aux discours de la plupart des tabacologues qui voient peut être leur carrière un peu menacée par une population de fumeurs autonomes. Du point de vue industriel on peut également être en mesure de se demander si des “malades”, ou devrais-je dire des clients, qui gèrent eux mêmes leur relation au tabac, reste positif pour le business.

Autorisés à ne prescrire que des médicaments ayant reçu une AMM, les médecins restent très figés face au phénomène ecig. En attente de l’étude qui va sauver tout le monde, l’argument de l’innocuité et de l’aide au sevrage tabagique officiellement prouvé par le médicament X peut alors très vite prendre des allures de messie.

Dans cette logique, la promotion pour le septième congrès national de la Société Française de Tabacologie qui se trouve à la fin du document peut faire sourire, d’autant plus quand on remarque la présence d’ exposant /partenaire comme Johnson & Johnson, l’un des leaders des substituts nicotiniques.

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