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Les détracteurs du vaporisateur sont-ils financés par l’industrie pharmaceutique ?

Aux Etats-Unis, la FDA a approuvé quatre substituts nicotiniques : les patchs, le spray nasal Nicotrol NS, le Chantix et Zyban. Sont-elles des aides réellement efficaces dans la lutte contre la tabagisme ? L’agence ne livre aucune statistique à ce sujet. Smokefree.gov explique seulement que ces dispositifs “augmentent les chances de sevrage”.

Une étude publiée en 2002 dans la revue Pubmed a néanmoins révélé que 9,2% des utilisateurs de patchs n’avaient plus touché à la cigarette 6 mois après le début de leur sevrage, contre 8,4% pour la gomme à la nicotine. Selon WebMD, les taux d’abandon du Chantix et du Zyban s’élèvent respectivement à 33% et 24%. La vapoteuse ne fait pas partie de la liste des méthodes de remplacement de la nicotine établie par la FDA. Pourtant, elle aurait aidé 6 millions de fumeurs européens à arrêter la consommation de cigarettes, responsable de la mort de 400 000 américains chaque année.

Confits d’intérêts

Selon Jeff Stier du Centre National de Recherche sur les Politiques Publiques, il faudrait se pencher sur la question des conflits d’intérêts. Des chercheurs qui tiennent des propos négatifs à l’encontre de la cigarette électronique reçoivent des subventions des grands groupes pharmaceutiques. C’est notamment le cas du Docteur Jon Ebbert qui exerce à Mayo Clinic dans l’Etat du Minnesota. Il adopte étrangement la même posture que la FDA lorsqu’il déconseille l’usage du vaporisateur. Ebbert aurait perçu 646 584 dollars dans des bourses de recherche entre 2010 et 2014. Il aurait été rétribué de 7 129 dollars en “frais de consultation” de la part de GlaxoSmithKline, propriétaire du Zyban et des pastilles Nicorette. Par ailleurs, il aurait reçu des subventions des laboratoires Orexigen, Pfizer et JHP pharmaceuticals. Pfizer se défend en affirmant qu’il ne paie pas les professionnels de santé pour les inciter à promouvoir leurs produits.

Selon le Professeur Michael Siegel, bien connu des vapoteurs pour ses prises de position en faveur de la cigarette électronique, ces subventions ne signifient pas que les chercheurs vont systématiquement biaiser les résultats de leurs travaux. Toutefois, il a lui même souligné sur son blog les informations erronées publiées par la Clinic Mayo au sujet de la vapoteuse. Siegel pointe plus généralement du doigt l’ensemble de l’industrie. Il regrette que les chercheurs “diabolisent” les cigarettes électroniques et ne disent jamais qu’elles sont beaucoup plus saines que les cigarettes conventionnelles.

Est-ce qu’il y a des motifs d’espoir pour la vape outre-Atlantique ? Lou Ritter, président de l’American E-Liquid Manufacturing Standards Association, a créé la fondation E-Research pour financer collectivement les recherches sur ces dispositifs. Il a même été invité à participer à un atelier organisé en février par les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de la médecine dans le cadre d’une directive de la FDA. L’objectif visait à examiner les effets des vapoteuses sur la santé. Un travail qui devrait aboutir à une publication en fin d’année ou au début 2018. Ravi d’avoir été consulté, il pense qu’il s’agit de la “dernière chance pour l’industrie”.