L’e-cigarette menacée de taxes dans de nombreux États américains

Patrick Gleason, directeur des Affaires d’état au sein de l’Americans for Tax Reform (ATR)*, a publié une tribune dans le journal économique Forbes. Il y dénonce les prochaines taxes que pourraient subir les produits de la vape aux États-Unis.

De nombreux États américains tentent d’instaurer des taxes sur les produits de la vape

Patrick Gleason dénonce les projets de taxes sur les e-cigarettes aux États-Unis.

Patrick Gleason dénonce dans un article sur Forbes les projets de taxes sur les e-cigarettes aux États-Unis.

Pour Patrick Gleason si les gouvernements justifient depuis des décennies les hausses de taxes sur le tabac par ses conséquences négatives sur la santé, en réalité ils ne s’en soucient guère, et souhaitent seulement faire entrer de l’argent dans leurs caisses. Il en veut pour preuve que la cigarette électronique est devenue la nouvelle cible de l’impôt américain.

Il explique qu’en 2014, quinze États, ainsi que certains démocrates au Congrès, ont envisagé une loi qui viserait à augmenter les taxes de 95 pour cent sur les cigarettes électroniques. Pourtant, rappelle-t-il, elles ne contiennent ni goudron, ni les innombrables carcinogènes à l’origine de nombreuses maladies et cancers et aident beaucoup de fumeurs à cesser leurs habitudes tabagiques.

Le journaliste constate également que contrairement aux fumeurs, les vapoteurs se battent – pour eux mêmes – en devenant politiquement actifs et organisent des mouvements sociaux pour contester ces hausses d’impôts. Ce n’est pas un combat facile, les informations alarmistes, études tendancieuses ou erronées, sont rapportées quotidiennement par des sites web ou des organes de presse en mal d’audience.

Il prévoit que ces tactiques alarmistes vont se poursuivre en 2015 et que de nombreux projets de loi décourageant ou interdisant le vapotage vont voir le jour. Des propositions visant à taxer les cigarettes électroniques comme les produits du tabac ont déjà été avancées dans l’État de Washington, en Californie, mais aussi en Oregon, Utah, Indiana, Connecticut, Ohio, Nouveau-Mexique, New York et d’autres encore.

A Washington, le gouverneur souhaite interdire la vente ligne et imposer une taxe de 95 pour cent sur les produits vendus dans les magasins.

La Californie, pourtant l’un des berceaux de l’innovation technologique, n’est pas en reste. Le sénateur a introduit cette semaine un projet de loi pour classer les cigarettes électroniques en produits du tabac et leur appliquer les mêmes taxes onéreuses. Il a été jusqu’à affirmer “nous allons voir des centaines de milliers de membres de nos familles et d’amis mourir de l’e-cigarette comme ça a été le cas avec le tabac».

L’éditorialiste souligne qu’augmenter le coût des e-cigarettes dissuadera les fumeurs à adopter ces produits sans tabac et à nocivité réduite. En grande majorité il s’agit d’une population à revenus faibles ou moyens dont un quart sont dépensés dans le tabac. Une augmentation du coût des cigarettes électroniques irait à l’encontre des initiatives de santé publique déjà entreprises depuis ces deux dernières décennies.

Il rapporte les propos du britannique John Britton du Collège royal des médecins. Dans une interview à la BBC, ce dernier a classé sur une échelle de danger de 1 à 100, les cigarettes de tabac à 100 et les e-cigarettes à moins de 5 et déclaré que si tous les fumeurs britanniques passaient à l’e-cigarette, “cinq millions de vies pourraient être sauvées.” Il approuve les propos du journal The Economist expliquant qu’une «bonne approche n’est pas dé-normaliser le tabac, mais de normaliser le vapotage”.

Pour conclure, augmenter le coût des e-cigarettes, même d’un quart découragerait les fumeurs de passer à ces produits sans tabac. Les hausses d’impôts sur ces produits devraient être rejetées et que cela devrait être la norme sur la fiscalité et la réglementation de ces produits. Les tentatives d’interdire, fiscaliser ou réglementer excessivement les cigarettes électroniques en dit long sur ceux qui y prennent part, qui pour Gleason sont plus soucieux de protéger le monopole de l’État sur les ventes de cigarettes que de la véritable santé publique.

Le récent rapport d’un cabinet spécialisé avait également annoncer plus tôt dans l’année que les taxes sur les cigarettes électroniques pourraient se généraliser un peu partout dans le monde.


*L’ATR est une organisation de plaidoyer (advocacy) et de recherche politique basée à Washington,  fondée par Grover Norquist en 1985 à la demande du président Ronald Reagan.

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