La “Vape du cœur” : équiper et assister les fumeurs les plus démunis

Né d’un projet d’entraide et d’échanges sur Facebook en France, le mouvement « la Vape du cœur » s’est mué en association pour structurer, crédibiliser et offrir des garanties de transparence. Elle recherche maintenant des bénévoles pour déployer ses projets.

D’une page Facebook à la création d’une association

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L’association est prête à accueillir des bénévoles

Au départ, la Vape du cœur (VDC) était un simple mouvement d’entraide sur Facebook, les vapoteurs offrant leur matériel à d’autres plus démunis. Face à l’afflux des demandes et des dons de professionnels, les initiateurs du projet ont décidé de se structurer en déposant leurs statuts d’association, en juillet 2015.

Espérance de vie
«Le tabagisme explique près de la moitié de l’écart d’espérance de vie entre les populations les plus et les moins favorisées, du fait d’un niveau de consommation plus élevé chez ces dernières».*

Rendre accessible la réduction des risques aux plus démunis

« La vape de qualité est difficile d’accès pour les plus défavorisés » constate Julien Le Vaillant, vice-président de la VDC. L’association s’est donnée pour mission de la rendre accessible aux fumeurs socialement défavorisés qui d’après une étude britannique présentent « des taux d’arrêt deux fois plus faibles, malgré un nombre de tentatives d’arrêt similaire à celui des fumeurs ayant un meilleur statut socio-économique. »*

Refroidies par les controverses autour du vaporisateur, certaines associations se sont montrées frileuses. Pourtant, les actions menées localement avec l’antenne lyonnaise de « Notre-Dame des Sans-Abris » ont révélé de réelles attentes, l’association Proses ou encore une antenne des « Petits frères des pauvres » à Paris, où des opérations de distribution pourraient avoir lieu tous les mois.

« La différence est venue des professionnels de santé notamment médecins, tabacologues, infirmiers » nous confie Julien Le vaillant.

Quatre partenariats stables ont été noués à ce jour, dont un avec la clinique La recouvrance, près de Montauban, et un autre avec une antenne CSAPA (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie), à Marseille. Ils ont permis d’équiper près de 200 fumeurs suivis régulièrement.

La Vape du Coeur a équipé plus de 500 fumeurs

À ce jour, environ 300 bénéficiaires ont été équipés directement par l’association et 200 indirectement, à travers les partenariats. D’après les premiers retours de terrain, au moins 75% des bénéficiaires ont réduit leur consommation de tabac et 50% des autres ont cessé de fumer.

Pour déployer ses projets l’association recherche des bénévoles

L’Hôpital Ambroise Paré de Paris a invité l’association à tenir une permanence dans ses locaux (pdf)  tous les mercredis matin pour sensibiliser et faire essayer la vape aux fumeurs, malades ou visiteurs.

A l’occasion du moi(s) sans tabac lancé par le ministère de santé, la vape du coeur va coopérer avec le Respadd pour “aider à sortir du tabac par le plaisir” 100 grands précaires en centre d’accueil ou foyer. Outre la fourniture de kits, les bénévoles assisteront et formeront les participants à l’utilisation de la cigarette électronique.

D’autres projets sont dans les cartons pour le mois sans tabac et au delà en attente des forces vives pour les déployer.

Écrire à la vape du coeur :
Bénévoles : benevoles-idf@lavapeducoeur.fr
Professionnels : contact-pro@lavapeducoeur.fr
Particuliers : contact@lavapeducoeur.fr

* La Santé en action, revue éditée par l’INPES numéro 427, mars 2014

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  • Titan

    Je plussoie à méga-donf grave sa mère.

    • Syssy

      C’est une infirmière addictologue qui s’est occupée de faire venir la Vape du cœur à l’hôpital, espérons que cela fasse avancer les choses!

      • Titan

        Excellente initiative, et c’est un euphémisme! Madame l’infirmière que je ne connais pas et dont le métier est un véritable sacerdoce, Chapeau Bas! Celles et ceux capables d’exercer de telles fonctions si peu reconnues (et aujourd’hui encore plus hier) méritent un respect évident, indéfectible et universel.
        Cela dit, il reste à espérer que MST, la “patronne” du service santé français ne menace pas les dirigeants d’Ambroise Paré de retombées radioactives en représailles … et par conséquent, cette infirmière “qui en a” …
        Sérieusement, ça fait plaisir. Faut en parler, le déclarer, le clamer, le hurler si besoin. Contrairement à l’aspirine et au Doliprane qui ont tué 278 personnes en 2014, la Vape n’a encore tué personne en 8 ans d’utilisation en France! Qu’un hôpital ménage une possibilité d’accueil et d’information concernant la Vape est un témoignage fort et crédible (un de plus!) à cette découverte révolutionnaire.
        Que cette infirmière en soit chaudement remerciée.

        • Syssy

          C’est elle qui a déniché l’association et elle a obtenu immédiatement l’accord du médecin responsable, sans cet accord rien n’aurait été possible…cela montre que dans la pratique les choses avancent! nous utilisons la cigarette électronique comme un outil pour l’arrêt définitif du tabac ou pour la réduction (c’est toujours mieux que rien faire). Pour certains patients elle représente LA seule solution, certains ayant un contexte psychologique défavorable : ne maladie psychiatrique, des difficultés psycho-sociales importants…Après, certains peuvent avoir du mal avec la manipulation
          .
          Le 24 juin 2016 17:55, “Disqus” a écrit :

        • Syssy

          Conseillant les patients je vais régulièrement sur le site pour me tenir au courant…évidemment! Je pense que de plus en plus de médecins sont convaincus cenpendant l’addiction n’est pas encore suffisamment marginalisée…
          Le 25 juin 2016 06:12, “Sylvie Darsouze” a écrit :

          • Titan

            ” … cependant l’addiction n’est pas encore suffisamment marginalisée…” Moi y’en a pas comprendre …
            En quoi le fait que l’addiction soit davantage marginalisée serait bénéfique?

          • Syssy

            Je parle de l’addiction à la cigarette fumée…
            Le 25 juin 2016 06:47, “Disqus” a écrit :

        • Syssy

          Cette infirmière a d’autant plus de mérite qu’elle s’est engagée, a approfondi la question. Pour les démunis le sevrage est onéreux et souvent ils renoncent…
          Le 25 juin 2016 06:18, “Sylvie Darsouze” a écrit :

        • Syssy

          Il faudrait pouvoir diffuser la vape, la dédramatiser, la montrer sous son vrai visage et dire qu’ainsi on marginalise les tueuses.
          Pas pour changer d’addiction quoique? Place, intérêt de garder la nicotine dans une société, pour ou contre? Par référendum?
          La vape : est-ce si contraignant, cela gêne t-il l’entourage, quid des enfants?
          Avec le VP on pourra peut-être bientôt absorber d’autres choses, pour le cannabis cela permettrait de faire avancer les choses, on est dans la m… là il y a big problème aussi avec le cannabis fumé ( comme en parle le professeur Dautzy)
          Le 25 juin 2016 06:29, “Sylvie Darsouze” a écrit :

          • Titan

            Marginaliser la tueuse au bénéfice de la Vape prendra du temps, surtout avec la mauvaise presse distillée par MST qui associe la Vape à la clope quand elle dit “Vapoter est mieux que fumer” et qu’elle met les deux termes dans la même phrase. C’est tout sauf un hasard et son service com connaît bien son boulot, il cible l’inconscient collectif et il atteint son but.
            Quant à prétendre “changer d’addiction”, je ne suis pas d’accord, c’est la même, on change simplement de mode d’administration, et cette nicotine qui fait tant débat est plus “saine” dans la Vape parce que pas boostée par de l’ammoniac.
            Le canabis … autre débat, même s’il y a un méchant lien avec la clope et … la Vape du coup!
            Mais y’aura un pb avec ça, le THC ne se libère pas à 60 ou 70 degrés, mais à des températures bien plus hautes. Ce qui sous-entend du matos adapté qui chauffe bcp plus que pour la Vape traditionnelle et … des risques accrus d’accidents. Je ne suis pas sûr que la Vape ait besoin de ça en ce moment … Je crois qu’il faut faire progressivement tout en laissant entendre que des applications autres et nombreuses sont possibles. J’ai entendu parler de modes d’administrations de certains médocs qui pourraient passer par le principe Vape, qui éliminerait certains effets secondaires liés aux modes d’administration traditionnels et qui accélérerait leur efficacité.

          • Syssy

            Tout à fait OK, vous connaissez d’autant mieux le sujet que vous le vivez, que vous pratiquez. J’ai déjà lu pas mal de vos anciens post. Pour ma part je suis une ancienne petite fumeuse (5 /jour), je me suis sevrée il y a quelques années à l’aide de pastilles nicotinées et maintenant je fais de la tabaco et je soutiens les gens dans leur sevrage, je ne vapote pas. On ne va pas se bagarrer sur l’association des mots vaper et fumer et les addictions : concrètement il faudrait bien distinguer les fumeurs et les vapoteurs, il y a un goufre entre la nocivité de la fumée et de la vapeur.
            Donc pour le cannabis il faut trouver un autre truc…

            Le 25 juin 2016 à 08:10, Disqus a écrit :

          • Titan

            Ah ouiiii … Alors comme ça, vous m’épiez, vous me lisez sans rien dire …! Mais lire mes bêtises n’est pas gratuit, c’est même hors de prix, ça va vous coûter une fortune!
            Haha …!
            Plus sérieusement, ne prenez pas au pied de la lettre certains de mes emportements (au sujet de MST notamment), je manque qque fois d’une certaine objectivité face à une mauvaise foi hurlante, et j’ai horreur qu’on pense à ma place.
            Pour le canabis, hormis le pb évoqué plus haut que représente une température nécessaire bcp plus élevée, il comporte un inconvénient de taille et me semble, a priori, difficile à mettre en parallèle avec la Vape, en tt cas pour le moment. Pour faire simple, si “Vaper traditionnel” n’est en gros dangereux pour personne partout et n’importe quand, “Vaper canabis” est plus discutable en matière de perception du monde extérieur et peut altérer dans des proportions très variables nos capacités à réagir correctement. Mais je suis loin d’être un expert, j’ai jamais testé la chose. Cela dit, techniquement et sans préjuger d’une manière ou d’une autre l’usage du canabis, le fait de rayer l’obligatoire “tabac fumé” de l’équation en passant par la Vape serait une solution envisageable. Mais prudence! Il y a une différence notable entre les 60 degrés habituels Vape, et les 270 minimum nécessaires au canabis …

          • Syssy

            Le cannabis c’est encore un autre pb! Quand à MST il serait souhaitable qu’elle suive l’avis des médecins avant tout

          • Syssy

            par ailleurs j’apprécie votre côté direct et humoristique, il m’arrive de montrer une de vos réponses à un patient, l’histoire du coût et des économies quand on passe de la cig à la vape…. Je les invite directement, très vite à aller sur le site pour réfléchir, se faire une opinion et renforcer leur motivation.
            La vape comme outils de sevrage à court, moyen ou long terme! L’idéal étant de vivre dans une zone où l’air est pur sans vape, sans cigarette, sans feu de cheminée, sans barbecue…
            Maintenant certains patients ne s’intéressent pas au site, tout le monde n’a pas les mêmes moyens…
            J’arrête ce bavardage pour aujourd’hui!
            Excellent wend!